INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-la-Bénite-Fontaine

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-la-Bénite-Fontaine
Période d'activité :
1619 - 2017
Commune :
La-Roche-sur-Foron
Département :
Haute Savoie
Vue extérieure de la chapelle de la Bénite-Fontaine

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
La-Roche-sur-Foron
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Annecy (1822 - 2017)
Ancien: Genève (1619 - 1792)
Paroisse :
Actuelle: Sainte-Marie-en-Pays-Rochois (2004 - 2017)
Ancienne: Saint-Sixt (1619 - 1683)

Site

Type de site :
Vallée
Altitude :
560 m
Compléments :

Le sanctuaire se situe le long de la route qui relie le bourg de La Roche-sur-Foron et Saint-Sixt. La chapelle de 1863 se dresse sur le plateau, l'oratoire et la fontaine se situent dans le vallon en contrebas.


Paysage

Type de couvert végétal :
Forêt
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Source
Compléments :

Entre 1792 et 1801, le sanctuaire a appartenu à l'éphèmère diocèse du Mont Blanc, puis entre 1801 et 1822, au diocèse de Chambéry. Entre 1863 et 2004, le sanctuaire dépendait de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de La Roche-sur-Foron.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-la-Bénite-Fontaine (1619 - 2017)
Compléments :
Le sanctuaire se situe sur l'axe reliant Annecy à Genève, à 25 km au nord d'Annecy et à deux kilomètres au sud-est du bourg de La Roche-sur-Foron. Il comprend une chapelle, ainsi qu'un oratoire et une source, dont l'eau est réputée pour ses vertus thérapeutiques depuis au moins 1619, situés dans un vallon en contrebas.
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame-de-la-Bénite-Fontaine
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1620 - 2017)
Compléments :
François de Sales place le sanctuaire sous le patronage de la Vierge en 1620, la chapelle est sous le vocable de la Visitation de la Vierge Marie. La nouvelle chapelle, consacrée en 1863, est placée sous le vocable de l'Immaculée Conception.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Vierge de la Bénite-Fontaine
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
90 cm
Emplacement :
La statue se trouvait dans l'oratoire de la source (au moins jusqu'à la fin du XIXe siècle).
Datation de l'objet :
XVIIe siècle
Compléments :
Cette statue, en bois polychrome, est classée au titre des monuments historiques depuis 1984. Elle est datée du premier quart du XVIIe siècle.
Lors de l'aménagement du sanctuaire sous l'épiscopat de François de Sales, cette statue de la Vierge est placée dans l'oratoire au-dessus de la fontaine ; elle y était encore en 1891. Une copie de cette statue de la Vierge de la Bénite-Fontaine figure aujourd'hui dans le choeur de la chapelle du sanctuaire, l'original étant conservé à l'abri. Son image est reproduite sur des bougies mises à disposition dans l'église.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Antony Dessaix rapporte parmi ses "Légendes et traditions populaires de la Haute-Savoie" publiées en 1875 la légende suivante : de jeunes débauchés de la Roche rencontrent un jour une jeune fille, qu'ils poursuivent de leurs propos indélicats. Cette jeune fille, qui est la Vierge en personne, s'enfuit et sollicite saint Joseph. Celui-ci intervient en barrant la route d'un rocher. La Vierge se plonge dans la fontaine de la Roche, et la dote ainsi de ses vertus curatives et sanctifiantes. Les jeunes gens en arrivant voient la Vierge transfigurée et se repentent, touchés par la grâce. Ils se cotisent pour construire la chapelle. Depuis l'un d'entre eux garde la fontaine chaque nuit.
Miracles :
En mai-juillet 1619, quatorze guérisons inexpliquées ont lieu à la source, recueillies par le Révérend François de Saint-Sixt, archidiacre de l'église collégiale de La Roche. On compte parmi elles une jeune fille atteinte de la gale (guérie après s'être lavée dans la fontaine), le gardien du couvent des Capucins souffrant d'une rage de dents, plusieurs paralysés ou personnes aux membres déformés, plusieurs personnes atteintes de fièvre, de « maux d'entrailles » et coliques, d'impotence, un muet, plusieurs possédés (C.-A. Ducis, La Bénite-Fontaine près de la Roche.., p. 7). Le procureur fiscal du Genevois, Maurice Barfelly, laisse un écrit daté de 1635. D'après lui, la nièce du chanoine Jean Bastardin de La Roche, qui souffrait de la gale, guérit en 1623 (il mentionne ainsi une date différente) après s'être lavée avec l'eau de la fontaine. Le chanoine, atteint de la même maladie, se rend à la source et guérit également. D'après l'auteur, la réputation de la source appartenait déjà à la tradition avant ces guérisons, mais l'usage s'en était perdu. Le récit mentionne des guérisons de huguenots de Genève atteints de gravelle (calculs rénaux), de soldats souffrant de la vérole, etc. Un autre document, provenant des Archives de cour de Turin, que Roger Devos et Charles Joisten situent dans la première moitié du XVIIe siècle, relate les miracles survenus en 1619 à la source et nomme les premiers miraculés. Les différents documents montrent l'attribution à l'eau de la fontaine de la capacité à guérir les maladies de peau, puis de propriétés thérapeutiques polyvalentes (R. Devos et C. Joisten, Moeurs et coutumes, p. 60). Un contrôle juridique des cas de guérisons miraculeuses est consigné au greffe de la Cour de Savoie ; le document est porté avec ceux de la Chambre des comptes à Turin en 1772. Le chanoine Ducis, archiviste, évoque dans un livret de 1884 des témoignages de guérisons qu'il a consultés, guérisons survenues dans les années 1860-1880 sur des pèlerins originaires des environs de La Roche mais aussi de Genève, de Chambéry, de Marseille etc. (C.-A. Ducis, La Bénite-Fontaine..., p. 40).
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Délivrance
Jour(s) de fête :
  • Nativité Vierge Marie
  • Assomption
  • Immaculée Conception
  • Visitation de la Vierge Marie
Type de fréquentation :
Régulier
Compléments sur les fréquentations :
Dès les guérisons de 1619, des pèlerins se rendent en masse au sanctuaire. La Vierge est invoquée massivement contre les maladies infantiles, les maladies des yeux, de la peau, et la conversion des hérétiques.
Pratiques individuelles :
  • Se baigner
  • Boire
Pratiques en présence du clergé :
  • Confessions
  • Processions
  • Messe
  • Office liturgique
Ex voto :
  • Texte gravé (XXe siècle)
    Sur le sanctuaire, un mur extérieur est couvert de plaques gravées de remerciements, dont les dates s'échelonnent de 1895 à 2015. Le père Tissot, qui décrit en 1874 sa visite à la chapelle, mentionne de nombreux ex-voto suspendus aux murs du choeur
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
    • Plénière (XIXe siècle)
      Jean-Marie Chevalier mentionne que « deux indulgences plénières, aux conditions ordinaires de la Confession, de la Communion et de la prière pour le Pape, sont accordées par le Souverain Pontife, à tous les fidèles qui visitent la chapelle de la Bénite-Fontaine, aux deux fêtes de l'Immaculée Conception et de la Visitation de la Sainte Vierge, depuis les trois heures de la veille de ces solennités, jusqu'au coucher du soleil, le lendemain ».
    • Partielle (1861)
      D'après Jean-Marie Chevalier, Mgr Magnin accorde quarante jours d'indulgences à tous ceux qui diraient un Pater et un Ave devant l'oratoire de la Bénite-Fontaine.
    Compléments sur le culte :
    Dans l'année qui suit les premières guérisons, François de Sales, évêque de Genève, informé par l'archidiacre de la collégiale de La Roche, lui fait établir une chapelle sous le vocable de la Visitation. Les offrandes des pèlerins de plus en plus nombreux permettent de financer cette construction. Des processions sont organisées. D'après le témoignage écrit du procureur Barfelly (1635), l'affluence venue des bourgs environnants est telle que trois gardes sont placés pour réguler l'accès à la fontaine. La chapelle permet de confesser les pèlerins, de célébrer la messe et d'éviter toute superstition. Un ouvrage intitulé "Histoire de la Bonne-Fontaine auprès de la Roche" est publié par le curé des Allinges, Nicolas Grillet, docteur en théologie, en 1630. La fréquentation diminue cependant au bout de quelques années. Les médecins de l'époque attribuent les vertus de l'eau de la fontaine à l'alun et au souffre entrant d'après eux dans sa composition. Le récit de Maurice Barfelly ne mentionne aucune intervention surnaturelle, mais plutôt la redécouverte d'une source miraculeuse déjà connue de la tradition ; Roger Devos et Charles Joisten y voient un encadrement par le clergé, les capucins de La Roche et les chanoines de la collégiale de Saint-Jean-Baptiste, d'un culte populaire spontané. D'après ces auteurs, la renommée du sanctuaire se limite rapidement aux environs de La Roche. Sous l'Ancien Régime, le chapitre de La Roche préside la procession du 2 juillet, les fidèles des paroisses environnantes fréquentent régulièrement le sanctuaire. Des fondations ajoutent sainte Anne et saint Grat comme patrons secondaires. Des processions d'habitants de La Roche et des communes environnantes se dirigent vers le sanctuaire, notamment le 8 septembre jour de la Nativité de la Sainte-Vierge et le lendemain, jour de saint Grat (évêque d'Aoste), prié contre certaines maladies et pour la protection des récoltes. L'affluence de pèlerins est régulière les dimanches entre Pâques et la Toussaint. Habituellement, après la célébration d'une messe, les membres malades sont lavés et des flacons sont remplis avec l'eau de la fontaine pour poursuivre les frictions à domicile ; une neuvaine est dite si la guérison n'intervient pas immédiatement. Au XVIIIe siècle, le culte est célébré dans la chapelle, plusieurs processions annuelles attirent encore les fidèles de La Roche et des paroisses environnantes. Jean-Marie Chevalier évoque un revenu pour financer la messe basse célébrée le jour de la procession du 2 juillet, mentionné dans l'inventaire du chapitre collégial en 1793 . En 1845, Pierre-Marie Gindre, curé de la Roche, mentionne une « grande dévotion et pèlerinage à l'Oratoire de la bénite fontaine, située sur la paroisse de St Sixt à 20 minutes de La Roche ». D'après Roger Devos et Charles Joisten, il ne s'agit cependant que d'un petit pèlerinage fréquenté par les habitants de La Roche et de quelques paroisses voisines, telles Cornier et Etaux. Mais la promotion du pèlerinage est favorisée par la construction d'une nouvelle chapelle, remplaçant l'ancienne détruite pendant la Révolution, et bénie le 3 mai 1863 par Mgr Magnin, évêque d'Annecy. Le sanctuaire est particulièrement fréquenté les dimanches et jours de fêtes, et les jeudis, jours de marché. Les mères amènent leurs enfants au sanctuaire. Dans son ouvrage paru en 1874, le père Tissot précise que « les maladies, si fréquentes dans le premier âge, trouvent presque habituellement un prompt remède dans ces pèlerinages. Les mères y comptent avec une telle confiance qu'elles ne songent souvent pas à soigner autrement ces indispositions ». Les parents entendent la messe à La Roche ou à la chapelle de la Bénite-Fontaine, invoquent la Vierge Salut des infirmes, lavent les membres malades de l'enfant à la fontaine et remportent de l'eau chez eux ; certains ajoutent une neuvaine de prière. L'eau est toujours réputée pour les maladies de la peau et des yeux. L'auteur évoque d'autres bienfaits de la Consolatrice des affligés, notamment la révélation de vocations religieuses, au sanctuaire. La paroisse de La Roche effectue un pèlerinage annuel à la Bénite-Fontaine, un dimanche de mai, souvent celui de l'Ascension. À partir de 1874, un presbytère permet la résidence d'un prêtre au service des pèlerins, assurant la célébration d'une messe quotidienne. Organisé sur l'initiative de Mgr Magnin, le pèlerinage diocésain du 17 août 1874 aurait rassemblé 40 000 personnes. Des livrets dédiés au sanctuaire de la Bénite-Fontaine sont édités ou réédités en 1874, 1884, 1891, 1895, 1925. Le pèlerinage diocésain s'organise à la veille de la Seconde Guerre mondiale, celui de 1959 donne lieu à la publication d'une brochure qui présente les ordres religieux en activité dans le diocèse. Dans les années 1980, le pèlerinage du 15 août attire plus d'un millier de pèlerins . De nos jours, le sanctuaire est fréquenté par des fidèles qui collectent toujours l'eau de la fontaine. La messe est dite quotidiennement dans la chapelle du sanctuaire. Chaque année, le pèlerinage diocésain, début septembre, rassemble environ 300 à 400 personnes.

    L'ÉDIFICE

    Description :
    Une chapelle néogothique consacrée en 1863 se dresse sur le plateau au-dessus de l'oratoire et de la source.
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    • Fontaines (?)
      Un chemin de croix en lacets descend de la chapelle à la fontaine. Celle-ci est située sous un oratoire qui abrite une statue de la Vierge consolatrice des affligés et quelques ex-voto gravés. À proximité, un autre oratoire abrite une statue de saint François de Sales, un panneau signale l'emplacement des vestiges de l'ancienne chapelle de 1620. Un mur est couvert d'ex-voto gravés récents (XXe siècle). Un troisième oratoire, plus bas dans le vallon, abrite une autre statue de la Vierge. Le vallon est aménagé pour l'accueil des pèlerins : esplanade, tables et bancs, maison du pèlerin, ainsi qu'une série de robinets pour prendre de l'eau de la source. Enfin, sur la route qui mène de La Roche au sanctuaire, une statue de Joseph a été placée dans les années 1860, ornée de la mention "Ite ad Mariam", « Allez à Marie ».
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
    • Mobilier (?)
      Le père Tissot décrit les ornements de la chapelle en 1874, notamment deux statues entourant l'autel, une de l'ange de l'Incarnation, une de l'ange gardien de la Vierge. « Au milieu, un élégant baldaquin abrite la statue de l'Immaculée terrassant le dragon infernal ». De nos jours, une copie de la statue de la Vierge de la Bénite-Fontaine est placée au centre du choeur de la chapelle, en hauteur. Des bougies sont proposées à la vente, un cahier mis à disposition laisse voir des prières et des remerciements rédigés par les pèlerins.

    HISTOIRE DU SANCTUAIRE

    Origines :
    Date de première mention : 1620
    Initiative de la fondation :
    • Evêque
    Environnement institutionnel, politique et religieux :
    Dès le XIe siècle, le château du bourg de La Roche constitue l'une des résidences des comtes de Genève. Durant le bas Moyen Âge, le bourg bénéficie de franchises, un marché hebdomadaire et deux foires annuelles favorisent son essor. Il souffre cependant des rivalités entre princes locaux (Comte de Genevois, Comte de Savoie etc). En 1617, un couvent de Capucins y est fondé. Des désastres climatiques se succèdent en 1618 : inondations, froid extrême. À la suite d'une série de guérisons, en 1619, des pèlerins se rendent en nombre auprès de la fontaine. La source est par la suite prénommée la Bonne-Fontaine, la Bénite-Fontaine ou Bénite-Eau. Le révérend François de Saint-Sixt, archidiacre de la collégiale de La Roche, recueille les témoignages des guérisons et sollicite François de Sales, évêque de Genève. D'après J.-M. Chevalier, un professeur de physique et de chimie du collège d'Annecy, Redento Baranzano, est chargé de l'analyse de l'eau ; le Conseil judiciaire du Genevois mène une enquête juridique sur les miracles. François de Sales envisage, grâce aux dons des pèlerins, la construction d'une chapelle.
    Phases d'évolution :
    Il est à noter que François de Sales a fait une partie de ses études à La Roche, et deux siècles plus tard Mgr Magnin a étudié au petit séminaire de La Roche : le sanctuaire est favorisé par deux évêques familiers de cette ville. Le sanctuaire se trouve sur le territoire de la paroisse de Saint-Sixt, qui a été unie à la collégiale de La Roche. La chapelle de la Bénite-Fontaine est également unie au chapitre par un décret de François de Sales du 24 octobre 1620, les chanoines sont chargés du service et de l'entretien du sanctuaire, et de la célébration d'une messe basse par mois.
    Evénements marquants :
    • Construction (1620)
      Le révérend François de Saint-Sixt, archidiacre de la collégiale, fait construire la chapelle, érigée à côté de la source et placée sous le vocable la Visitation.
    • Visite exceptionnelle (XVIIIe siècle)
      Un ermite, André de Foraz ou André Foras, s'installe près du sanctuaire et en assure le service ; il ferait lui-même partie des miraculés. On date sa présence à la fin du XVIIe siècle ou au XVIIIe siècle.
    • Destruction (1792-1793)
      La chapelle et l'oratoire sont détruits pendant la Révolution. L'autel et la statue de la Vierge sont récupérés et replacés ultérieurement dans le sanctuaire. Le sanctuaire tombe en ruine durant la première partie du XIXe siècle. Cependant, d'après J.M. Chevalier, des fidèles fréquentent toujours l'oratoire.
    • Construction (1861)
      Les livrets publiés à la fin du XIXe siècle mentionnent un habitant, François Thabuis, qui dans les années 1840-1850 réaménage les sentiers du sanctuaire, favorisant un retour des pèlerins. Grâce aux dons, le révérend Pierre-Marie Gindre, curé de La Roche, et ses vicaires, l'abbé André Poncet et surtout l'abbé Georges Revillard, font construire la chapelle néogothique sur le plateau surplombant l'oratoire, chapelle toujours en usage aujourd'hui. La première pierre est posée lors d'une cérémonie en 1861. Les habitants des paroisses environnantes participent à la construction de la nouvelle chapelle, par la fourniture de matériaux et la participation aux travaux et à une souscription pour financer ceux-ci ; certaines familles ou groupes de fidèles ou de religieux offrent un élément de la chapelle (vitraux, porte…). En 1862, une procession comprenant « le clergé de quinze paroisses et plus de huit mille personnes » part du village en fête et accompagne une statue de bronze doré de la Vierge, qui est placée en haut du clocher. La fontaine est aménagée et dotée d'un réservoir.
    • Acte exceptionnel de dévotion (1863)
      La chapelle, placée sous le vocable de l'Immaculée Conception, est bénie par Mgr Magnin, évêque d'Annecy, le 3 mai 1863, lors d'une cérémonie, « au milieu d'un grand concours de prêtres et de fidèles ». La cloche est bénie le 8 septembre 1863.
    • Construction (1864)
      L'oratoire près de la source est reconstruit en 1864. L'érection du chemin de croix, la bénédiction de la cloche de la chapelle, la reconstruction de l'oratoire donnent lieu à de nouvelles fêtes. L'ancienne statue est replacée dans l'oratoire. Deux petits bassins de pierre reçoivent l'eau de la source. Un presbytère est construit de 1868 à 1874 pour permettre la résidence d'un prêtre au service des pèlerins.
    • Acte exceptionnel de dévotion (1874)
      Un pèlerinage diocésain organisé et présidé par Mgr Magnin, évêque d'Annecy, se rend depuis La Roche en procession à la Bénite Fontaine, le 17 août 1874. C.-A. Ducis décrit « les longues colonnes de pèlerins, avec bannières, confréries, oriflammes, venues des extrémités du diocèse » et évoque le nombre de 50 000 pèlerins, et des guérisons au cours de ce pèlerinage. Jean-Marie Chevalier dresse la liste des nombreuses paroisses du diocèse participant à cette journée. En 1874 sont notamment édités les livrets du père Tissot et de Vaullet (le premier approuvé par Mgr Magnin le 7 août 1874, dix jours avant le grand pèlerinage du 17 août), ainsi qu'un « Choix de cantiques pour le pèlerinage de la Bénite-Fontaine ». Enfin, des statues ornant la chapelle sont placées en 1879.
    • Construction (1938)
      L'abri du pèlerin est inauguré, maison dans le sanctuaire pouvant accueillir aujourd'hui 400 personnes.
    Rayonnement(s) :
    • Régional (1619 -> ?)
      Après la découverte de la source, les guérisons miraculeuses attirent des pèlerins de la Savoie. L'évolution du rayonnement du sanctuaire est difficile à évaluer par la suite. Dans les années 1870, des pèlerins sont mentionnés venant de Savoie et du canton de Genève.
    • Diocésain (XXe siècle -> 2017)
      De nos jours, un pèlerinage diocésain annuel est organisé début septembre, qui attire plusieurs centaines de personnes.

    RÉFÉRENCES

    Source(s) :
    • Sources orales (2015)
      Monsieur Denis Laissus a permis de préciser différents points concernant le sanctuaire.
    • Livret de pèlerinage (1959)
      « Vous serez mes témoins... » Pèlerinage diocésain à la Bénite-Fontaine, 13 septembre 1959, Imprimerie Chevallier.
    Bibliographie :
    • DESSAIX, Antony, Légendes et traditions populaires de la Haute-Savoie, Cressé, Ed. des Régionalismes, 2012, p. 36-37.
    • HERMETZ-DE POULPIQUET DE BRESCANVEL, Anne, Sanctuaires et lieux de pèlerinage dans le diocèse de Genève, XIVe-XVIIe siècles, Permanences et évolutions, Mémoire de 1e année de Master, sous la direction de Catherine Vincent, Université Paris X - Nanterre, Paris, 2007.
    • JOND, Gilbert, «Reconstitution du bourg de la Roche à la fin des XIIe et XIVe siècles », in Le patrimoine savoyard, Actes du XXXVe Congrès des Sociétés Savantes de Savoie, La-Roche-sur-Foron, 3 et 4 septembre 1994, Mémoires et documents publiés par l'Académie du Faucigny, Nouvelle série, n° 2, La Roche-sur-Foron, Académie du Faucigny, 1995, p. 205-214.
    • DEVOS, Roger, JOISTEN, Charles, Moeurs et coutumes de la Savoie du Nord au XIXe siècle : l'enquête de Mgr Rendu, Annecy-Grenoble, Annecy, Académie salésienne ; Grenoble, Centre alpin et rhodanien d'ethnologie, 1978.
    • CHEVALIER, Jean-Marie (chanoine), La Bénite-Fontaine près de la Roche, diocèse d'Annecy (Haute-Savoie), Annecy, Imp. J. Niérat, 1895.
    • DUCIS, Claude-Antoine (chanoine), La Bénite-Fontaine près de la Roche, Annecy, Imprimerie de François Abry, 1884.
    • VAULLET, Histoire de la ville de la Roche en Faucigny, Annecy, F. Abry, 1874.
    • TISSOT (père), La Bénite-Fontaine de la Roche en Faucigny, Annecy, Imprimerie Ch. Burdet, 1874.
    Etude(s) universitaire(s) :

    PHOTOGRAPHIES LIÉES

    Objet de dévotion :
    • Copie de la statue de la Vierge de la Bénite-Fontaine, dans le choeur - Claire Pibarot - 2015
    • Mur d'ex-voto à la Vierge de la Bénite-Fontaine - Claire Pibarot - 2015
    Edifice :
    • Vue extérieure de la chapelle de la Bénite-Fontaine - Claire Pibarot - 2015
    • Vue intérieure de la chapelle de la Bénite-Fontaine - Claire Pibarot - 2015
    • Statue de saint François de Sales à l'emplacement de l'ancienne chapelle de 1620 - Claire Pibarot - 2015
    • Fontaine et oratoire de la Bénite-Fontaine - Claire Pibarot - 2015
    Autre :

    À PROPOS DE L'ENQUÊTE

    Enquêteur :
    • PIBAROT Claire
    Rédacteur :
    • PIBAROT Claire
    Date de l'enquête :
    2015
    Date de rédaction de la fiche :
    2015
    Etat de l'enquête :
    En cours
    Pour citer cette fichePIBAROT Claire, « Notre-Dame-de-la-Bénite-Fontaine », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
    url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/611/notre-dame-de-la-benite-fontaine, version du 14/10/2015, consulté le 12/12/2017