INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

Retour à la liste des sanctuaires

Notre-Dame-de-l'Ermitage

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-l'Ermitage
Période d'activité :
1606 - 2017
Commune :
Arbois
Département :
Jura
Entrée latérale de la chapelle

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Arbois
Hameau/Lieu-dit :
Châtel-Boeuf
Diocèse :
Actuel: Saint-Claude (1822 - 2017)
Ancien: Besançon (1606 - 1822)
Paroisse :
Actuelle: Notre-Dame de l'Ermitage (? - 2017)
Ancienne: Saint-Just (1606 - 2017)

Site

Type de site :
Colline
Altitude :
410 m
Compléments :
La ville d'Arbois est située au pied du premier plateau du Jura. Elle est enserrée, au sud, au nord et à l'est par des collines. Sur l'une de ces collines, au sud de la ville, a été bâti l'ermitage, dont l'actuelle chapelle domine la ville. Au pied de cette colline appelée Châtel-Boeuf coule la rivière de la Cuisance, affluent de la Loue, qui traverse Arbois.

Paysage

Type de couvert végétal :
Bois
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Prieuré
Compléments :
Au XVIIIe siècle, l'ermitage était environné de vignes.
À Arbois existait depuis le XIe siècle un prieuré bénédictin, Saint-Just, confié à la fin de ce siècle à l'abbaye de Saint-Claude. L'église prieurale du XIe siècle avait également la fonction de paroissiale depuis le XIIIe siècle.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-l'Ermitage (1606 - 2017)
Compléments :

La chapelle Notre-Dame de l'Ermitage, destination de pèlerinage depuis le début du XVIIe siècle, aurait été bâtie à l'emplacement d'une chapelle élevée à la fin du XVe siècle à la suite de la victoire des troupes de Maximilien de Habsbourg sur les troupes de Charles VIII. Au début du XVIIe siècle, un ancien soldat rapporta une statuette taillée dans le bois du chêne de Montaigu (dans le Brabant), rétablit à cet emplacement un ermitage et y construisit une chapelle.


Type de lieu de culte :
Ermitage
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1606 - 2017)
Compléments :

La chapelle a connu trois dédicaces : Notre-Dame de Montserrat, Notre-Dame de Montaigu, puis Notre-Dame Libératrice.


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
6 cm
Emplacement :
La statuette a été conservée jusqu'en 1793 dans la chapelle de l'Ermitage, sur le maître-autel, dans un petit reliquaire d'argent.
Datation de l'objet :
XVIIe siècle
Compléments :

La statuette vénérée à l'ermitage aurait été taillée, comme beaucoup d'autres dans la région, dans un morceau de bois du chêne de Montaigu (Montaigu-Zichem, Brabant Flamand), où existait depuis le tout début du XVIIe siècle un important pèlerinage que les archiducs Albert et Isabelle d'Autriche contribuèrent à promouvoir. Il n'existe pas, dans le légendaire du pèlerinage à Notre-Dame de l'Ermitage, d'indications sur les circonstances dans lesquelles cette statuette aurait été rapportée du Brabant ou comment ou par qui elle aurait été taillée, comme dans les cas de Gray ou de Montciel par exemple (voir ces fiches). La statuette aurait disparu de l'ermitage en 1801 et reparu en 1856, date à laquelle elle a été replacée dans la chapelle.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

En souvenir d'une victoire de la maison de Habsbourg sur les troupes de Charles VIII à Dournon, près de Salins, en 1492, le magistrat de la ville d'Arbois aurait fait élever, sur une colline dominant la ville, une chapelle dédiée à Notre-Dame Libératrice. Un siècle plus tard environ, un ermite fut autorisé à installer une cellule sur le site afin de veiller sur le sanctuaire. Après la mort de ce premier ermite et la destruction de l'ermitage vers 1595, un ancien soldat originaire du village de Frontenay, situé à quelque distance d'Arbois, nommé Pierre Denys, demanda au magistrat de la ville l'autorisation de construire une cellule à cet emplacement ainsi qu'une chapelle pour abriter une statuette de la Vierge qu'il avait rapporté du Brabant. La première chapelle fut édifiée en 1606.

Miracles :

On ne connaît pas de récit de miracles liés à ce sanctuaire, mais les ex-voto dont la trace est conservée dans des inventaires dressés pour la chapelle au XVIIIe siècle, et ceux qui sont actuellement en place dans la chapelle, répondent sans doute à des voeux de pèlerins exaucés.

Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Voeu
  • Paix
  • Epidémie
Jour(s) de fête :
  • Visitation de la Vierge Marie
Type de fréquentation :
Annuel (= juste pour une fête)
Compléments sur les fréquentations :

On ignore si le lieu était fréquenté à d'autres périodes de l'année qu'au moment de la Neuvaine instituée en 1639, le 2 juillet, jour de la fête de la Visitation.


Pratiques individuelles :
    Pratiques en présence du clergé :
    • Processions
    • Messe
    • Neuvaines
    Ex voto :
    • Tableau (1783)
      Tableau offert par Mgr d'Achey, archevêque de Besançon.
    • Tableau (1786)
      Tableau offert par Vincent Bévalet, prêtre, représentant la Visitation.
    • Tableau (1854)
      Vierge en argent offerte lors de l'épidémie de choléra.
    Confrérie(s) :
      Indulgence(s) :
        Compléments sur le culte :

        On ignore quelles étaient les pratiques particulières liées à cette dévotion.

        L'ÉDIFICE

        Description :
        L'édifice actuel est une petite chapelle du XVIIe siècle, dont une partie fut reconstruite au XIXe siècle et qui fut très largement restaurée à la suite d'un important incendie survenu en 1982. Trois chapelles se sont succédé sur le site au XVIIe siècle. Une première chapelle fut édifiée en 1606 et dédiée à Notre-Dame-de-Montserrat. Celle-ci est devenue sacristie lors de la construction en 1611 d'une seconde chapelle, dédiée à Notre-Dame-de-Montaigu. La chapelle Notre-Dame-Libératrice a été édifiée en 1660. La chapelle se présente actuellement comme un petit édifice à nef unique, coiffé d'un clocheton. À l'intérieur, une petite chapelle latérale marquerait l'emplacement de la chapelle Notre-Dame-de-Montserrat, tandis que le sanctuaire indiquerait celui de la seconde chapelle dédiée à la Vierge de Montaigu. Un tableau représentant l'ermite Pierre Denys, l'archevêque Ferdinand de Rye, l'archiduchesse Isabelle et la Vierge dans le tronc du chêne de Montaigu orne un mur de la nef de la chapelle. Le site est une propriété privée.
        Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
        • Ermitage (?)
          Lors de son arrivée sur le site en 1606, Pierre Denys venait déjà remplacer un ancien ermite. Il construisit alors une nouvelle cellule en même temps qu'une chapelle. En 1707, un chanoine d'Arbois légua par testament 1000 livres destinées à l'agrandissement des bâtiments de l'ermitage. Nous ignorons la date de construction du bâtiment de l'ermitage qui subsiste, accolé à la chapelle.
        Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

          HISTOIRE DU SANCTUAIRE

          Origines :
          Date de première mention : 1606
          Initiative de la fondation :
          • Laïc isolé
          Environnement institutionnel, politique et religieux :
          Cette fondation est intervenue dans un contexte de renouveau du catholicisme dans le diocèse de Besançon, dans l'élan de la Contre-Réforme, soutenue par les archiducs Albert et Isabelle d'Autriche, gouverneurs des Pays-Bas et de la Comté pour la couronne d'Espagne, et peu après la publication des actes du concile de Trente dans le diocèse (1571). L'archevêque Ferdinand de Rye, dont l'épiscopat dura cinquante ans (1586-1636), eut un rôle également prépondérant en entreprenant de nombreuses réformes dans son diocèse. Ce renouveau se manifesta notamment par la vitalité de certaines dévotions, dont certaines naquirent dans les deux premières décennies de ce siècle (Faverney, Mièges, Montciel, Gray, voir ces fiches), mais également par l'installation de nouveaux ordres religieux (Capucins, Minimes, Jésuites, Ursulines, etc.) et par la vitalité des confréries. Le culte à Notre-Dame de Montaigu s'est particulièrement bien implanté dans la région, sans doute en raison du soutien et de l'intérêt des gouverneurs de la Comté pour cette dévotion.
          Phases d'évolution :
          D'après le légendaire de ce pèlerinage, la première dévotion observée à cet endroit serait celle vouée à la Vierge Libératrice, à la fin du XVe s. Néanmoins, il semble plus assuré que le lieu devint sanctuaire de pèlerinage avec l'arrivée de l'ermite Pierre Denys, qui dédia la première chapelle à Notre-Dame de Montserrat, qu'il fit construire sur la colline de Châtel-Boeuf. L'abbaye de Montserrat était un haut lieu de pèlerinage en Catalogne depuis le Moyen Âge. La Comté à cette époque-là était rattachée à la couronne d'Espagne et les archiducs eux-mêmes – Isabelle était la fille du roi d'Espagne – étaient allés en pèlerinage à Montserrat en 1599. Cinq ans après la construction de la première chapelle, Pierre Denys la fit agrandir et la plaça sous le patronage cette fois de Notre-Dame de Montaigu, dont il aurait ramené une statuette de ses campagnes militaires. Cette chronologie ne laisse pourtant pas de surprendre, car même s'il est possible que ce soldat ait ramené un morceau du chêne de Montaigu, abattu en 1604, et qu'il l'ait eue avec lui en 1606 lors de son installation, on peut s'étonner que sa première chapelle n'ait pas été placée sous ce patronage, sauf à considérer peut-être, que le bois n'était pas encore taillé en 1606 et qu'il l'était en 1611 lors de l'agrandissement du sanctuaire. En tout état de cause, la fondation qu'il y fit aussitôt pour faire célébrer six messes annuelles aurait amené rapidement un grand concours de peuple à l'ermitage. Le voeu collectif des habitants d'Arbois en 1639, qui instaura la neuvaine de la Visitation, les 2 juillet, et la dédicace, quelques années plus tard, du sanctuaire à Notre-Dame Libératrice, entérina l'attachement des arboisiens et des habitants des villages voisins, à ce lieu. En 1796, l'ermitage fut vendu au district de Poligny ; néanmoins, un ermite était autorisé à rester sur la colline pour prévenir les habitants d'un éventuel incendie, grâce à la cloche de la chapelle et à sa situation dominante par rapport à la ville. Malgré l'état d'abandon de l'ermitage et le départ du dernier ermite en 1801 avec la précieuse statuette et une partie du mobilier de l'église, les habitants se cotisèrent en 1813 pour racheter l'endroit. Entre temps, on avait placé dans la chapelle une statue de la Vierge noire, qui se trouvait auparavant au couvent des carmélites d'Arbois. Cette Vierge, toujours présente dans l'édifice, rappelle la dévotion à Notre-Dame de Montserrat. En 1856, on retrouva une statuette qui fut reconnue comme étant celle qui était auparavant conservée dans la chapelle. L'évêque de Saint-Claude, Mgr Mabile, ordonna que cette statuette soit officiellement replacée dans la chapelle pour y être exposée à la vénération des fidèles et que la translation aurait lieu le 2 juillet suivant. Cette cérémonie aurait rassemblé plus de deux mille fidèles. D'après une enquête de l'évêché datant de 1987, le pèlerinage à Notre-Dame de l'Ermitage était alors encore pratiqué le premier dimanche de juillet.
          Evénements marquants :
          • Dédicace (1606)
            La première chapelle construite par l'ermite et ancien soldat Pierre Denys est dédicacée à Notre-Dame de Montserrat le 29 décembre 1606.
          • Agrandissement (1611)
            Le 13 janvier 1611, l'archevêque Ferdinand de Rye autorise la consécration de la nouvelle chapelle à Notre-Dame de Montaigu.
          • Voeu collectif (1639)
            En 1638, la ville d'Arbois est prise et incendiée par les troupes françaises. L'année suivante, année de peste, de famine et de guerre, le magistrat municipal, les ordres religieux et le clergé de la ville font le voeu de se rendre chaque année en procession solennelle à l'ermitage et d'ériger une chapelle dédiée à Notre-Dame Libératrice (le voeu de la ville de Salins à Notre-Dame Libératrice date de la même année, voir cette fiche). Les Carmélites, qui désirent installer un couvent à Arbois, en reçoivent l'autorisation à condition de dédier leur église à Notre-Dame Libératrice, pour répondre au voeu de la ville. Ce n'est que quelques années plus tard qu'un médecin finance, à l'ermitage, la construction d'une chapelle Notre-Dame-Libératrice.
          • Déplacement de l'objet de dévotion (1643)
            En 1643, à la mort de l'ermite Pierre Denys, la statue de la Vierge de Montaigu est descendue à Arbois au couvent de Minimes, pour la mettre à l'abri. Elle est remontée à l'ermitage deux ans plus tard, en 1645.
          • Construction (1660)
            Un médecin des environs, le docteur Bergeret, fait construire à ses frais, et pour répondre au voeu de la ville prononcé en 1639, une chapelle dédiée à Notre-Dame libératrice.
          • Acte exceptionnel de dévotion (1661)
            Le docteur Bergeret, après avoir fait ériger la chapelle Notre-Dame-Libératrice à l'ermitage, fait une fondation, pour une procession qui devait avoir lieu chaque année, « de 18 gros pour douze pauvres qui feraient cette procession, de douze livres pour les familiers qui y assisteraient, plus une rétribution pour soixante messes qui devraient être célébrées chaque samedi et chaque fête de la Vierge ».
          • Disparition de l'objet de dévotion (1801)
            En 1801, le dernier ermite emporte avec lui la statuette de la Vierge et plusieurs objets qui étaient dans la chapelle. La statuette avait échappé de peu à la destruction après sa confiscation en 1793. Elle avait finalement été rendue à la chapelle, mais pas le reliquaire d'argent en forme de soleil qui la renfermait.
          • Translation (1856)
            Le 1er mai 1856 a lieu la translation de la statuette de Notre-Dame retrouvée peu auparavant, dans la chapelle de l'ermitage.
          Rayonnement(s) :
          • Local (1606 -> 2000)
            Cette dévotion à la Vierge de l'ermitage semble avoir été très populaire auprès des habitants d'Arbois et des villages environnants, mais ne semble pas avoir rayonné au-delà.

          RÉFÉRENCES

          Source(s) :
          • Livret de pèlerinage (1929)
            Neuvaine à Notre-Dame de l'Ermitage d'Arbois, impr. Catholique de l'Est, 1929.
          • Livres manuscrits (XXe siècle)
            Bibl. mun. de Besançon, ms 2794 : Georges Grand, « l'Ermitage d'Arbois », deux cahiers manuscrits, XXe siècle.
          • Plan (XIXe siècle)
            Bibl. mun. de Besançon, EST.FC.412 : Sur une estampe de la ville d'Arbois en 1595, publiée au XIXe siècle, figure, sur la colline dominant Arbois, l'ermitage. On y voit clairement une chapelle et un bâtiment pour l'ermite.
          Bibliographie :
          • LACROIX, P., Le Jura, terre mariale. Marie dans l'histoire et le patrimoine du Jura, Lons-le-Saunier, 1988, p. 30, 115.
          • HAMON, A. J. M., Notre-Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte Vierge en France, vol. 6, Paris, 1866, p. 491-495.
          • VANDEL, abbé, Notice sur l'hermitage d'Arbois et sur sa Vierge miraculeuse qui vient d'être heureusement retrouvée, approuvée par Monseigneur l'évêque de Saint-Claude, Arbois, 1856.
          Etude(s) universitaire(s) :

          PHOTOGRAPHIES LIÉES

          Objet de dévotion :
          Edifice :
          • Entrée latérale de la chapelle - Patrice Wahlen - 2015
          Autre :

          À PROPOS DE L'ENQUÊTE

          Enquêteur :
          • BULLY Aurelia
          Rédacteur :
          • BULLY Aurelia
          Date de l'enquête :
          2015
          Date de rédaction de la fiche :
          2015
          Etat de l'enquête :
          En cours
          Pour citer cette ficheBULLY Aurelia, « Notre-Dame-de-l'Ermitage », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
          url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/604/notre-dame-de-lermitage, version du 06/07/2015, consulté le 20/10/2017