INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Maximin-de-Foucherans

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Maximin-de-Foucherans
Période d'activité :
? - 2017
Commune :
Foucherans
Département :
Doubs

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Foucherans
Hameau/Lieu-dit :
Bois Saint-Maximin
Diocèse :
Actuel: Besançon (? - 2017)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle: Quatre Monts-Epeugney (? - 2017)
Ancienne: Foucherans (XVIIe siècle - ?)

Site

Type de site :
Plateau
Altitude :
540 m
Compléments :
Foucherans est situé sur l'axe Besançon-Ornans. Un ancien chemin reliait Ornans à Besançon, en passant à la chapelle et à la fontaine Saint-Maximin (Bulletin arch. du Comité des Travaux historiques et scientifiques 1946-49, Paris, 1953, p. 743). Au moins au XIe siècle, Foucherans était une "villa" dans la dépendance de l'archevêque. La chapelle ancienne de Foucherans pourrait avoir marqué une limite ancienne de la circonscription suburbaine de Besançon, le long d'un grand chemin conduisant de Besançon à Pontarlier (Y. Jeannin, p. 108).

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Axe de circulation
Compléments :
La chapelle s'élève à l'écart du village de Foucherans. À proximité de la chapelle se trouve un mégalithe, dit « pierre de Maximin ».
Avant d'être érigé en paroisse, Foucherans dépendait de la paroisse de Trépot.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Maximin-de-Foucherans (? - 2017)
Compléments :
S'il semble que la chapelle qui précéda l'édifice actuel était assez ancienne, on ignore quand exactement a débuté le pèlerinage à Foucherans, déjà décrit en 1618 comme attirant un "grand concours de peuple". Le pèlerinage a été très récemment réactivé (2012).
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Saint-Maximin
Saints patrons :
  • Maximin (? - 2017)
Compléments :
Une chapelle est élevée en l'honneur de saint Maximin, évêque de Besançon, à l'écart du village actuel de Foucherans, à une date indéterminée (le plan de la chapelle qui précéda l'édifice actuel semble indiquer un édifice ancien, dont on ne peut toutefois affirmer qu'il était déjà sous le patronage de Maximin). Elle est consacrée à nouveau en 1759, mais en l'honneur de saint Maximin de Trèves, l'identification du patron de la chapelle à l'évêque de Besançon, dont l'existence est mise en doute, notamment par les Bollandistes, étant contestée. Détruite sur ordre de l'autorité diocésaine en 1777, la chapelle a été reconstruite et consacrée en 1865.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Maximin
Nature de l'objet :
Corps saint (= en entier)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Si l'on en croit la relation des fouilles qui eurent lieu au XVIIIe siècle dans la chapelle, le corps saint se serait trouvé sous l'autel. Il aurait ensuite été déplacé en l'église paroissiale en 1777, puis ramené dans la chapelle au XIXe siècle.
Datation de l'objet :
?
Compléments :
Maximin aurait été un évêque de Besançon du IIIe siècle mais il est mal attesté. On n'en trouve a priori pas trace avant le XIe siècle, époque de rédaction des plus anciens catalogues épiscopaux du diocèse. La plus ancienne de ces listes est portée en marge du sacramentaire d'Hugues de Salins (BnF, ms. lat. 10500, f. 38/37). Dans la notice consacrée à Maximin au sein d'une liste épiscopale contenue dans un manuscrit du XVe siècle, il est indiqué que son corps reposait à six milles de Besançon ("S. Maximus. Iste sexto ab urbe milliario, vitam eremitica duxit, ubi et requiescit", éditée dans MGH, Scriptorum, t. XIII, Hanovre, 1881, p. 372). Cette notice témoigne-t-elle d'une dévotion antérieure à sa rédaction ou celle-ci est-elle à l'origine du développement d'un pèlerinage à cet emplacement ?

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Saint Maximin aurait été un évêque de Besançon du IIIe siècle et se serait retiré à Foucherans pour y finir sa vie en ermite. Doté de pouvoirs thaumaturgiques, il serait mort à Foucherans un 29 mai, peut-être en 290. On aurait alors élevé une chapelle sur le site, qui aurait dès lors attiré de nombreux pèlerins.
Miracles :
Type(s) de motivation :
    Recours :
    • Thérapie
    Jour(s) de fête :
    • Maximin
    Type de fréquentation :
    Annuel (= juste pour une fête)
    Compléments sur les fréquentations :
    Saint Maximin de Besançon était commémoré le 29 mai, comme saint Maximin de Trèves. La fête de saint Maximin à cette date a été introduite dans le bréviaire de Besançon dans la seconde moitié du XVe siècle (Bibl. mun. de Besançon, ms. 69), mais s'agissait-il de Maximin de Trèves ou de l'évêque de Besançon ?
    Pratiques individuelles :
    • Pèlerinage
    Pratiques en présence du clergé :
      Ex voto :
        Confrérie(s) :
          Indulgence(s) :
          • Partielle (1707)
            La chapelle aurait été pourvue d'indulgences en 1707 (Y. Jeannin, p. 107).
          Compléments sur le culte :
          On peut raisonnablement supposer que le culte à saint Maximin en ce lieu remonte au haut Moyen Âge, au vu du plan et des dimensions de l'église qui précéda la chapelle, de la découverte du corps déposé sous l'autel, sans mobilier, des sépultures "ad sanctos" et de la tradition de miracles entourant Maximin. Néanmoins, les attestations formelles d'une dévotion des pèlerins à cette chapelle remontent au XVIIe siècle seulement. Dans son "Vesontio" publié en 1618, J. J. Chifflet écrivait que la sépulture de saint Maximin attirait une foule nombreuse, et en particulier des malades de la goutte. L'archevêque de Besançon combattit toutefois cette dévotion et fit démolir, au XVIIIe siècle, la chapelle. Après cette démolition, des pèlerins continuèrent à se rendre sur ses ruines. Le pèlerinage redémarra officiellement avec la reconstruction, au milieu du XIXe siècle, d'une chapelle.

          L'ÉDIFICE

          Description :
          L'édifice actuel a été construit entre 1865 et 1867 par l'architecte bisontin Édouard Vieille. Il comporte un seul vaisseau voûté en berceau. La chapelle est coiffée d'un clocheton. En 1759, des fouilles ordonnées par le cardinal de Choiseul, archevêque de Besançon, permirent de mettre au jour, dans la chapelle, des sépultures en pleine terre, dont une sous l'autel et trois autres en position privilégiée, et du mobilier, difficiles à dater. D'après cette enquête, l'édifice mesurait 24 m de long pour 8 m de large. Le vaisseau rectangulaire se terminait par une abside semi-elliptique ou semi-circulaire. Lors de la reconstruction de la chapelle en 1865, on redécouvrit les corps et le mobilier qui avaient été reconnus au milieu du XVIIIe siècle. Le plan de l'édifice, doté d'une travée droite et d'une abside outrepassée, levé à cette occasion, semble témoigner de l'ancienneté de la chapelle (Haut Moyen Âge ?).
          Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
            Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

              HISTOIRE DU SANCTUAIRE

              Origines :
              Date de première mention : 1618
              Initiative de la fondation :
                Environnement institutionnel, politique et religieux :
                Phases d'évolution :
                Si l'on peut supposer que l'existence du pèlerinage à saint Maximin est au moins aussi ancienne que la reconnaissance des reliques de Maximin par l'évêque suffragant de Besançon en 1410 ou 1510 (voir rubrique suivante), la première attestation que nous en avons trouvé se lit dans le "Vesontio" de J. J. Chifflet, paru en 1618. Vers le milieu du XVIIIe siècle, le pèlerinage à Foucherans fut, comme d'autres dévotions populaires dans le diocèse, pointé du doigt par l'archevêque de Besançon, Antoine Pierre II de Grammont, pour les excès qui accompagnaient les manifestations pèlerines. Son successeur, le cardinal de Choiseul-Beaupré, ordonna des fouilles dans la chapelle afin de reconnaitre les reliques et la chapelle fut à nouveau consacrée, mais cette fois-ci placée sous le patronage de Maximin de Trèves. Malgré les mesures prises pour remédier aux abus constatés en marge de ce pèlerinage, décision fut prise en 1777 de transférer les reliques du saint en la paroissiale et de démolir la chapelle. Néanmoins, les réunions autour des ruines de l'ancien sanctuaire se poursuivirent. À l'occasion du concordat, en 1802, 3000 personnes se seraient réunies à l'emplacement de la chapelle pour célébrer l'événement. Quelques décennies plus tard, sur l'initiative du président (de la cour d'appel de Besançon ?) Bourgon et du chanoine Suchet, supérieur du séminaire d'Ornans, la construction d'une nouvelle chapelle fut entreprise, qui fut achevée en 1867. Dès 1866, 6000 pèlerins assistaient à la reconnaissance des reliques de Maximin, à nouveau attribuées à l'évêque de Besançon, redécouvertes dans la paroissiale de Foucherans, mettant ainsi un terme à la controverse qui animait les milieux érudits franc-comtois depuis plus d'un siècle. Le pèlerinage semble ensuite avoir perduré jusqu'au milieu du XXe siècle ; la chapelle, laissée à l'abandon, se délabra. La municipalité de Foucherans, aidée par une association de sauvegarde, réhabilita la chapelle à partir de 1993. En 1995, les travaux étaient terminés.
                Evénements marquants :
                • Reconnaissance de reliques (1510)
                  Le 10 avril 1410, l'évêque suffragant de Besançon Jean, évêque de Nazareth, aurait relevé les reliques du saint inhumé dans la chapelle de Foucherans, en aurait placé les restes dans une ampoule de verre et les aurait déposés avec une authentique sous un nouvel autel. (Besson, L., L'année des pèlerinages..., p. 363). Toutefois, un Jean Favel, évêque de Nazareth, suffragant, est connu au début du XVIe siècle. Il pourrait donc y avoir eu erreur de lecture de l'authentique, qui porterait peut-être plutôt la date de 1510.
                • Déplacement des reliques (1777)
                  Devant les abus constatés en marge du pèlerinage, l'archevêque fait transférer les reliques en l'église paroissiale et démolir la chapelle (selon l'abbé Suchet) en 1777. Dans le discours qui a suivi la reconnaissance des reliques de saint Maximin le 29 mai 1866, il est rapporté que, durant les troubles de la période révolutionnaire, des paroissiens avaient dissimulé le corps saint sous le marchepied de l'autel de l'église paroissiale.
                • Construction (1865)
                  En 1865 débute la reconstruction de la chapelle Saint-Maximin, achevée deux ans plus tard. Elle est inaugurée le 4 juin 1867 en présence de 80 prêtres et de 6000 fidèles.
                • Reconnaissance de reliques (1866)
                  Le 29 mai 1866, un discours est prononcé à l'occasion du premier pèlerinage qui suit la reconnaissance des reliques de saint Maximin.
                Rayonnement(s) :
                • Local (? -> 2017)
                  Ce pèlerinage semble avoir eu un rayonnement local, drainant des populations de la région d'Ornans essentiellement. Il ne semble concerner actuellement qu'une population très locale.

                RÉFÉRENCES

                Source(s) :
                • Site internet
                  Fiche « Chapelle Saint-Maximin de Foucherans » sur la base Mérimée : http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR43/IA00014513/INDEX.HTM
                • Site internet
                  Sur le site « Saint Jacques et Compostelle », notice sur le pèlerinage à Saint-Maximin de Foucherans : http://www.saint-jacques.info/Foucherans_st_Maximin.htm
                • Archives (1672-1811)
                  Arch. dép. du Doubs : G 2273, fondation en l'église de Saint-Maximin par Gabriel d'Orival, chanoine de Sainte-Madeleine de Besançon, 1672 ; arrêt du parlement contre les ermites de Saint-Jean Baptiste qui voulaient bâtir près de la chapelle de Saint-Maximin, 1743 ; 336 S 12, contestations à propos de la chapelle Saint-Maximin de Foucherans, 1733 ; 341 S 16, fondations de messes à l'église de Foucherans et à la chapelle Saint-Maximin, 1754-1811 ; 1 C 2481, arrêt du parlement interdisant les danses et débits de boisson près de la chapelle Saint-Maximin, 1774 ; L 69, rassemblement projeté dans la forêt de Foucherans, sur les ruines d'une chapelle, 1795.
                Bibliographie :
                • DUVAL, Noël, Les premiers monuments chrétiens de la Gaule, t. 3, Paris, Picard, 1998, p. 122.
                • JEANNIN, Yves, «Les morts célèbres (et célébrés) : saints comtois d'avant l'an mil », in La mort à travers l'archéologie franc-comtoise, Besançon, 1988, p. 99-122.
                • BESSON, Louis, L'année des pèlerinages 1872-1873, sermons prêchés par M. l'abbé Besson, Besançon, impr. Tubergue, 1874, p. 363-374.
                • CLERC, «Edouard », in Essai sur l'histoire de la Franche-Comté, t. I, Besançon, 1870, p. 545-548.
                • Annales franc-comtoises, 4e année, t. VII, Besançon, 1867, p. 476.
                • SUCHET, chanoine Jean-Marie, Saint-Maximin, évêque de Besançon, protecteur de Foucherans, Besançon, impr. Tubergue, 1865.
                Etude(s) universitaire(s) :

                PHOTOGRAPHIES LIÉES

                Objet de dévotion :
                Edifice :
                Autre :

                À PROPOS DE L'ENQUÊTE

                Enquêteur :
                • BULLY Aurelia
                Rédacteur :
                • BULLY Aurelia
                Date de l'enquête :
                2014
                Date de rédaction de la fiche :
                2014
                Etat de l'enquête :
                En cours
                Pour citer cette ficheBULLY Aurelia, « Saint-Maximin-de-Foucherans », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
                url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/584/saint-maximin-de-foucherans, version du 25/09/2015, consulté le 19/08/2017