INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Gray (n°1)

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Gray
Période d'activité :
1617 - 1792
Commune :
Gray
Département :
Haute Saône
Statuette de Notre Dame

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Gray
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Besançon (1617 - 1792)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne: Gray (1617 - 1792)

Site

Type de site :
Colline
Rive de cours d'eau
Altitude :
220 m
Compléments :
La ville de Gray est bâtie sur les rives de la Saône. Elle est constituée d'une ville basse et d'une ville haute, ancien bourg castral. Le couvent des Capucins était situé au sud de la colline sur laquelle étaient construits le château et l'église Notre-Dame.

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Faubourg
Type de proximités :
Axe de circulation
Château
Cours d'eau
Compléments :
La paroisse de Gray est mentionnée pour la première fois dans les textes en 951, dans la donation du comte Liétaud au chapitre cathédral de Besançon de l'église Saint-Maurice. Ce premier embryon constitua la paroisse de Gray-la-Ville. Au XIe siècle apparaît dans la documentation un château bâti sur un promontoire rocheux, qui attira un second noyau de population ; celui-ci nécessita, au XIIe siècle, la construction d'une seconde église, qui précéda l'actuelle basilique Notre-Dame. La localité se trouvait sur la route reliant Langres à Dijon et Besançon.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Gray (1617 - 1792)
Compléments :

Le pèlerinage à Notre-Dame de Gray a débuté avec l'arrivée d'une statuette de Notre Dame taillée dans le chêne de Montaigu en Brabant. Il n'a pas cessé mais a changé de lieu après la destruction, à la Révolution, de l'église des Capucins et la déposition de la statuette dans la basilique Notre-Dame (voir cette fiche).


Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame
Saints patrons :
Compléments :

La chapelle qui a d'abord abrité la statuette a été bâtie à l'initiative du père Gabriel d'Apremont, gardien du couvent des Capucins de Gray, dans l'église de ce couvent.


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
H : 14.5 cm ; l : 5 cm ; p : 3.5 cm
Emplacement :
Tout d'abord exposée dans la chapelle privée du gouverneur de Gray, la statue fut ensuite accueillie dans une chapelle construite en son honneur dans le couvent des Capucins, puis, après la destruction de celui-ci, dans la basilique Notre-Dame.
Datation de l'objet :
1613
Compléments :
Statuette de chêne représentant une Vierge à l'Enfant, reposant sur son bras gauche. La statuette est posée sur un socle orné de trois pierres semi-précieuses (hors socle, la statuette mesure 9,5 cm de hauteur).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

La statuette de Notre-Dame honorée à Gray aurait été taillée en 1613 dans un morceau du fameux chêne de Montaigu, dans le Brabant. Lors de l'abattage de ce chêne, auquel avait été suspendue une statuette miraculeuse de la Vierge, nombreux furent ceux qui cherchèrent à obtenir un morceau de ce bois. Parmi eux, une habitante de Salins-les-Bains, Jeanne Bonnet, parvint à se procurer une parcelle du chêne grâce à l'entremise d'un membre de la cour des Archiducs, à Bruxelles. De retour dans la Comté, après un premier épisode miraculeux (le morceau de bois, jeté dans le feu par les hôtes d'une auberge dans laquelle Jeanne Bonnet avait fait une halte sur le chemin du retour, ne fut pas altéré par les flammes), elle demanda au sculpteur Jean Brange (de Saint-Claude ou de Salins-les-Bains, selon les sources : un Claude Brange, imagier, est signalé à Saint-Claude en 1655) de tailler dans ce morceau de bois une réplique de la Vierge de Montaigu. La statuette fut bénie le 4 avril par l'archevêque de Besançon, Mgr Ferdinand de Rye, puis offerte à Rose de Beauffremont, épouse du gouverneur de Gray Jérôme d'Achey. Après avoir été exposée dans leur chapelle privée, la statuette fut donnée en 1616 au gardien du couvent des Capucins de Gray, Gabriel d'Apremont, qui fit alors construire une chapelle en son honneur (1617). Les premiers miracles survinrent en 1620.

Miracles :

Les premiers miracles ont eu lieu alors que la statuette était déposée à la chapelle des Capucins de Gray. Le premier miracle, survenu le 17 février 1620, concerne le fils d'un soldat en garnison à Gray, Mathieu Voisin, guéri devant la table de communion où était déposée la statuette. Un mois plus tard, Jeanne Girard retrouva la parole qu'elle avait perdue dans un accident. La veille de la Saint-Barthélemy 1622, la statuette, portée sur le lieu d'un incendie rue du pont de Saône à Gray, fit cesser le sinistre. En 1689, une religieuse Ursuline, soeur Pierrette Beatrix Hugon, aurait été guérie de manière spectaculaire, après contact avec la statuette. L'archevêque de Besançon dressa un procès verbal de ce miracle, institua une procession générale le 5 septembre suivant et fit apposer une plaque commémorant le miracle à l'entrée de la chapelle. En 1634, le témoignage d'un Jésuite, le R. P. Poiré, dans son ouvrage « La triple couronne de la Sainte-Vierge » rapporte qu'il y avait déjà plus de deux mille cinq cents miracles consignés (cf. Villerey, Essai historique...., p. 33). De nombreux miracles ont été enregistrés également pour le XVIIIe siècle. On conserve encore actuellement dans la basilique Notre-Dame de Gray six volumes reliés renfermant les procès-verbaux de plus de deux mille miracles enregistrés entre 1620 et 1789.

Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Grâce particulière
  • Epidémie
  • Biens de la terre
Jour(s) de fête :
  • Nativité Vierge Marie
  • Assomption
  • Annonciation
Type de fréquentation :
Régulier
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Toucher
  • Pèlerinage
Pratiques en présence du clergé :
  • Processions
  • Messe
  • Imposition des reliques
  • Neuvaines
Ex voto :
  • Tableau (XVIIe siècle)
    Peinture à l'huile représentant une jeune fille priant Notre Dame de Gray. 4e quart du XVIIe siècle.
Confrérie(s) :
  • Confrérie du Sacré Coeur de Marie (1720)
    En 1720, à l'occasion de la commémoration du centenaire du premier miracle de Notre-Dame de Gray, le magistrat municipal obtint du pape Clément XI deux brefs en faveur des membres de la confrérie du Coeur de Marie, en date du 6 mai 1720. Les statuts de cette confrérie sont édités par Villerey, Essai historique...., p. 97-101. Cette confrérie aurait perduré jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.
Indulgence(s) :
  • Partielle (1720)
    Lors de la fondation de la confrérie du Sacré Coeur de Marie en 1720, deux brefs, donnés le 6 mai, accordèrent des indulgences plénières et partielles pour 4 jours de l'année laissés au choix des confrères. Ils choisirent la Présentation de la Vierge, l'Annonciation, la Visitation et la fête du nom de Marie. Ces 4 jours, le pape accordait sept ans d'indulgence et autant de quarantaines.
Compléments sur le culte :

Après le premier miracle survenu en 1620, les habitants de Gray firent le voeu de se rendre chaque année en procession au couvent des Capucins. Cette procession, dite des « habillés de blanc », avait lieu le samedi précédant l'Annonciation. Elle fut déplacée par ordonnance du 14 mars 1666 au jour de la "dernière feste de Paques" (dimanche dans l'octave de Pâques ?). La procession s'est perpétuée jusqu'au début du XIXe siècle. En 1851, elle fut déplacée à nouveau au 4e jour de mai, pour commémorer le don, ce même jour, d'une statuette d'argent par l'archevêque de Besançon. La Vierge de Gray était particulièrement invoquée pour des guérisons, mais également à l'occasion d'incendies et d'épidémies.

L'ÉDIFICE

Description :
Le couvent des Capucins, construit à 1 km de la ville environ, a été fondé en 1589. L'église fut consacrée en 1601. Une chapelle de cet édifice reçut en 1617 la statuette de Notre-Dame. L'église a été reconstruite selon un plan allongé à partir de 1769. Elle a été détruite en 1789 ou 1792, selon les sources (plus probablement en 1792).
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
    • Chapelle (1617)
      La chapelle aurait été construite (ou aménagée ?) en 1617 (1615 selon certaines sources) pour recevoir la statuette de Notre-Dame de Montaigu. Elle a été reconstruite en 1690. Elle n'a pas, a priori, été modifiée lors de la reconstruction de l'église à partir de 1769. À la Révolution, l'église et la chapelle ont été détruites.

    HISTOIRE DU SANCTUAIRE

    Origines :
    Date de première mention : 1617
    Initiative de la fondation :
      Environnement institutionnel, politique et religieux :

      Les miracles liés à Notre Dame de Gray surviennent quelques années seulement après la manifestation miraculeuse des hosties de Faverney, dans le même département de la Haute-Saône (voir cette fiche), événement auquel les Capucins ont été associés, comme à Gray. Cet ordre a été très investi en Franche-Comté dans la défense de la catholicité, puis dans sa reconquête, mais également dans la lutte contre les épidémies de peste et la résistance aux invasions françaises.

      Phases d'évolution :

      La statuette a été vénérée au couvent des Capucins jusqu'à la destruction de son église.

      Evénements marquants :
      • Voeu collectif (1629)
        Voeu du magistrat de Salins de se rendre à Notre-Dame de Gray pour faire cesser l'épidémie de peste qui sévissait alors.
      • Voeu collectif (1636)
        La ville de Dole fit le voeu de se rendre à Notre-Dame de Gray pour faire cesser une épidémie de peste.
      • Commémoration (1720)
        On célébra en 1720 le centenaire du premier miracle. Le magistrat de Gray offrit un coeur en argent et obtint du pape Clément XI des indulgences pour les fidèles qui assisteraient à la cérémonie et un bref en faveur de la confrérie du Coeur de Marie.
      • Destruction (1792)
        En 1789 ou 1792 (les différents auteurs ne s'accordent pas sur la date), l'église des Capucins fut détruite. La statuette fut recueillie à l'Hôtel de Ville, puis dans la demeure d'un membre du district de Gray, où elle continua à être vénérée par les graylois.
      Rayonnement(s) :
      • Régional (1617 -> 1792)
        L'origine des miraculés montre que le pèlerinage avait une audience régionale et même extra-régionale : la majorité des miraculés provenait de la Comté et de Bourgogne, mais également d'Alsace, de Champagne ou de Lorraine.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      • Livres manuscrits (1765)
        Bibl. mun. de Besançon, ms. 827, Nouvelles histoires des hosties miraculeuses de Faverney et des miracles de Notre-Dame de Gray, par le capucin Ludovic de Faverney,
      • Archives (1614-1774)
        Arch. dép. de Haute-Saône : 279 E suppl. 797, extrait du registre des délibérations de Messieurs les magistrats et conseil de la ville de Gray, culte et chapelle Notre-Dame de Gray, 25 janvier 1720 ; B 1596, requête des officiers municipaux de Gray à propos de la propriété de la chapelle Notre-Dame de Gray, dans l'église du couvent des Capucins, 16 mars 1769 ; 279 E dépôt 797, pièces relatives au pèlerinage de Notre Dame de Gray et aux chapelles ayant abrité l'Image Miraculeuse, 1614-1774, procès verbaux, déclarations, reconnaissances d'événements miraculeux attribués à Notre Dame de Gray (1620-1769).
      • Archives (1631-1697)
        Arch. dép. du Doubs : G 98, information faite en 1697 devant le doyen de Gray a/s. de la guérison miraculeuse de la soeur Dard, Ursuline de la maison de Besançon, par l'intercession de Notre Dame de Gray, avec déclaration d'un précédent miracle arrivé dans la même chapelle, en la personne de soeur Hugon, religieuse ursuline à Gray ; G 205, 1645, on rend les voeux faits durant la guerre à Notre Dame de Gray et à Saint-Claude. 2 B 145, archives du parlement de Dole : Lettre des officiers de Salins pour demander à la cour la permission de faire une procession à Notre Dame de Gray en accomplissement d'un voeu fait par les habitants en temps de peste. Le parlement y consent, à condition que la ville soit bien gardée, août 1631.
      • Site internet
        Base Mérimée, dossier en ligne sur le couvent des Capucins http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR43/IA00076736/INDEX.HTM
      • Source publiée (1689)
        "Origine de l'image miraculeuse de Notre-Dame de Gray", J. C. Bogillot, Besançon, 1750 : Miracle arrivé en l'église des RR PP Capucins de la ville de Gray (guérison de soeur Pierrette Béatrix Hugon, religieuse ursuline du monastère de Gray).
      Bibliographie :
      • CLAERR-ROUSSEL, Christiane, Gray, Images du patrimoine, 1998.
      • VILLEREY, abbé, Notre-Dame de Gray. Étude sur la vie religieuse à Gray, Paris-Gray, Amat, 1904.
      • VILLEREY, abbé, Essai historique sur le pèlerinage de Notre Dame de Gray, Besançon, J. Jacquin, 1864.
      • Histoire abrégée et authentique de l'origine et de l'état présent de la dévotion à Notre Dame de Gray, des merveilles opérées dans la sainte chapelle avec diverses prières...., Gray, chez F. Jaeger, 1823.
      • CRESTIN, Jean-Baptiste-Joseph, Recherches historiques sur la ville de Gray..., Besançon, J. F. Couché, 1788.
      Etude(s) universitaire(s) :

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      • Statuette de Notre Dame - AURÉLIA BULLY - 2014
      • Statuette de Notre Dame - AURÉLIA BULLY - 2014
      Edifice :
      Autre :

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • BULLY Aurelia
      Rédacteur :
      • BULLY Aurelia
      Date de l'enquête :
      2014
      Date de rédaction de la fiche :
      2014
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheBULLY Aurelia, « Notre-Dame-de-Gray (n°1) », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/583/notre-dame-de-gray, version du 05/12/2014, consulté le 20/08/2017