INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Mièges

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Mièges
Période d'activité :
1613 - 2017
Commune :
Mièges
Département :
Jura
Façade de l'ermitage

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Mièges
Hameau/Lieu-dit :
La Corvée
Diocèse :
Actuel: Saint-Claude (1823 - 2017)
Ancien: Besançon (1613 - 1823)
Paroisse :
Actuelle: Val de Mièges (? - 2017)
Ancienne: Mièges (1613 - ?)

Site

Type de site :
Plateau
Altitude :
743 m
Compléments :

Mièges se situe dans le Val de Mièges, sur le plateau de Nozeroy. Le village est construit dans un léger vallon au fond duquel coule le ruisseau de la Serpentine.


Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Château
Prieuré
Remparts
Source
Compléments :

Mièges est situé à moins de deux kilomètres au nord de Nozeroy, ville bâtie au sommet d'un mont, et seigneurie de la puissante famille des Chalon.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Mièges (1613 - 2017)
Compléments :
Si la vénération d'une Vierge « de Montaigu » (voir ci-dessous) à Mièges débuta en 1613, le sanctuaire était, a priori, déjà fréquenté en raison d'une dévotion à la Vierge, sous la forme d'une statuette d'argent.
Type de lieu de culte :
Ermitage
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame de Mièges
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1613 - 2017)
Compléments :
La dévotion à Notre-Dame de Montaigu est apparue dans une localité du Brabant (actuellement en Belgique) et a connu une assez large audience en Franche-Comté (rappelons que la Franche-Comté était gouvernée au XVIIe siècle par les souverains des Pays-Bas). La statue vénérée à Mièges avait été taillée, comme beaucoup d'autres, dans le tronc d'un chêne « miraculeux » associé à une Vierge dont le culte avait donné lieu à la construction d'un vaste oratoire à partir de 1609 à Montaigu-Scherpenheuvel. D'autres sanctuaires dédiés à une Vierge dite « de Montaigu » ont existé ou existent encore en Franche-Comté (Arbois, Montciel, Gray..).

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
?
Emplacement :
Sur l'autel de la Vierge, au fond du sanctuaire.
Datation de l'objet :
XVIIe siècle
Compléments :
La statue de Notre-Dame vénérée à Mièges aurait été taillée dans le chêne miraculeux de Montaigu (Belgique actuelle) au début du XVIIe siècle. Elle est toujours conservée dans la chapelle de l'ermitage. Auparavant était vénérée à Mièges une statuette de la Vierge en argent (qui aurait disparu à la Révolution).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Différentes traditions sont rapportées quant à l'origine de la dévotion mariale dans le lieu qui accueillit l'ermitage. Une version voudrait qu'un chevalier, qui se désaltérait au cours de la Serpentine, aperçût une statuette d'argent au fond de l'eau. Il fit alors construire un oratoire dédié à Marie. Selon une autre légende, c'est un petit pâtre qui aurait trouvé la statuette au pied d'un buisson, et l'aurait emportée à l'église paroissiale. Par trois fois, la statuette serait d'elle-même revenue auprès du buisson. À la suite de ce miracle, on aurait construit un oratoire pour l'abriter, auquel on joignit un ermitage. Ce qui semble plus assuré, c'est qu'un habitant de Nozeroy, Jean Masson, avait sollicité du chapitre collégial de Nozeroy la permission d'élever une chapelle (ou de restaurer une chapelle plus ancienne ?) au lieu-dit La Corvée, sous l'invocation de saint Roch et saint Sébastien. L'autorisation fut accordée en 1609. Il fit construire près de cette chapelle un ermitage. Les édifices furent consacrés en 1617. François Carlier, prêtre, prit possession de l'ermitage et fit construire une autre chapelle, attenante à la première, dédiée à Notre Dame. Là encore, les versions diffèrent. Était-il originaire du Hainaut, ce qui expliquerait qu'il ait amené avec lui une statue taillée dans le chêne de Montaigu (P. Lacroix, Le Jura, terre mariale, p. 112) ? Ou reçut-il cette statue des religieuses tiercelines de Salins (A. Rousset, Dictionnaire géographique, historique…., p. 175) ? Toujours est-il que les miracles se seraient alors multipliés, conduisant à une enquête canonique en 1628.
Miracles :
L'enquête canonique de 1628, perdue mais dont le souvenir est conservé dans un manuel de 1739, donna lieu à la reconnaissance de plusieurs miracles : guérison d'un enfant de trois ans, François Dumont, de Mme Pouhat, de Nozeroy, de Claudine Picard, de Poligny…Sur un tableau ex-voto de 1677 sont relatées les circonstances d'une guérison miraculeuse. Une lampe ardente fut offerte par une femme de Dijon qui avait fait un voeu à Notre-Dame de Mièges lors de son accouchement et une autre femme, originaire de Saint-Hippolyte, avait été sauvée par deux fois d'un péril de mort sur l'intercession de Notre-Dame. D'autres miracles sont signalés au XIXe siècle : guérison de l'épouse d'un avocat de Salins, d'un enfant épileptique, sauvegarde d'un jeune homme qui tomba du toit de la chapelle de Mièges en 1837, guérison d'enfants et de prêtres.
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Délivrance
  • Grâce particulière
  • Thérapie
Jour(s) de fête :
  • Lundi de Pentecôte
Type de fréquentation :
Régulier
Compléments sur les fréquentations :
Le pèlerinage à Notre-Dame de Mièges avait lieu les lundis de Pentecôte et les 8 septembre. Il a lieu actuellement le lundi de Pentecôte. Il est l'un des pèlerinages diocésains de Saint-Claude.
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Voeux
  • Offrir
  • Pèlerinage
Pratiques en présence du clergé :
  • Messe
Ex voto :
  • Tableau (XIXe siècle)
    Peintures à l'huile datées de 1677, 1695, 1723, 1742, 1815, deux sans date du XVIIe s., deux sans date du XVIIIe s., une sans date du XIXe s. L'un de ces tableaux, du XVIIe siècle, représente l'apparition de la Vierge et de l'Enfant à un malade.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
    • Partielle (1665)
      L'archevêque de Besançon Pierre-Antoine de Grammont accorda des indulgences aux fidèles qui visiteraient la chapelle le samedi et les jours de fêtes de la Vierge.
    • Partielle (1823)
      L'évêque de Saint-Claude Mgr de Chamon accorda 40 jours d'indulgences à ceux qui visiteraient l'ermitage Notre-Dame.
    Compléments sur le culte :
    P. Lacroix rapporte que lors de l'incendie du village, le 4 septembre1929, le curé présenta la statuette de Notre-Dame devant l'église de Mièges, après quoi le vent tourna et « le feu cessa de gagner » (P. Lacroix, Église jurassiennes romanes et gothiques, p. 171).

    L'ÉDIFICE

    Description :
    La chapelle actuelle a été reconstruite à partir de 1682. La guerre de Dix ans avait en effet ruiné les deux oratoires construits dans le premier quart du XVIIe siècle (Saint-Roch-Saint-Sébastien et Notre-Dame). Après que le clergé de Mièges se fut établi dans les ruines de l'ermitage, la reconstruction de la chapelle fut entreprise sur le plan de Notre-Dame de Fourvières. On éleva, au fond du sanctuaire, un autel de la Vierge, surmonté d'une sorte de tabernacle. À la Révolution, l'ermitage fut saccagé. Mis en vente en 1793 ou 1795, il fut racheté par les habitants, qui purent sauver la Vierge de Montaigu, mais pas la statuette en argent ; ils la placèrent dans un reliquaire, à droite du tabernacle. La chapelle se compose d'une grande et d'une petite nef, séparées par trois arcades reposant sur des piliers rectangulaires. Le choeur est de forme octogonale. La chapelle a été restaurée entre 2008 et 2010. Le frère François Carlier fit exécuter en 1627 un tableau représentant une Vierge à l'Enfant, qui orne encore la chapelle de l'ermitage.
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    • Ermitage (XVIIe siècle)
      L'ermitage, comme la chapelle, fut reconstruit entre 1682 et 1688. La chapelle est imbriquée dans ce qu'on appelle l'ermitage. Celui-ci, après avoir été occupé par François Carlier puis son successeur Jean Minguet (à partir de 1634), n'avait plus été occupé à partir de 1650.
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1613
      Initiative de la fondation :
      • Prêtre
      Environnement institutionnel, politique et religieux :
      Le village de Mièges abritait depuis le Moyen Âge un prieuré, possession de l'abbaye d'Agaune puis de Saint-Oyend, à l'époque carolingienne, passé dans la dépendance clunisienne avant 1083. Le prieuré fut uni au chapitre collégial Saint-Antoine de Nozeroy au XVe siècle. L'église, paroissiale, placée sous la titulature de Saint-Germain, fut reconstruite au XVe siècle sous l'impulsion de Louis de Chalon ; elle fut largement détruite au début du XVIIe siècle, puis reconstruite à nouveau. Au tout début du XVIIe s., Jean Masson, de Nozeroy, fit construire une chapelle sous le patronage des saints anti-pesteux Roch et Sébastien, ainsi qu'un bâtiment destiné à loger un ermite. C'est le premier ermite, Jean Carlier, qui fit construire une seconde chapelle attenante à la première, dédiée à Notre-Dame et Saint-Antoine. Après la mort du second ermite, Jean Minguet, en 1637, l'ermitage fut placé sous l'autorité de la collégiale Saint-Antoine, jusqu'en 1650, date à laquelle il fut annexé à la paroisse de Mièges. Afin d'encourager la renaissance du sanctuaire après l'invasion des troupes de Saxe-Weimar dans le village et l'investissement de l'ermitage par les familiers de retour à Mièges, l'archevêque de Besançon Antoine-Pierre de Grammont accorda des indulgences aux fidèles qui visiteraient le sanctuaire. À partir de 1682, un familier, M. Grappe, fit reconstruire à ses frais l'ermitage. En 1795, il fut vendu comme bien national et cédé aux habitants du val de Mièges.
      Phases d'évolution :
      La série d'ex-voto anciens conservés (la plus importante du Jura) semble bien indiquer une continuité dans la vénération de Notre-Dame de Mièges jusqu'à la Révolution. Après cette période, le pèlerinage reprit, encouragé en 1823 par de nouvelles indulgences de l'évêque de Saint-Claude Antoine-Jacques de Chamont. Les ex-voto plus récents, très nombreux, montrent également l'importance de la fréquentation du sanctuaire dans les deux derniers siècles. Le pèlerinage est encore actuellement fréquenté ; il est inscrit dans la liste des pèlerinages du diocèse de Saint-Claude
      Evénements marquants :
      • Arrivée de l'objet de dévotion (1613)
        La statuette de Notre-Dame aurait été apportée à Mièges par François Carlier, prêtre, ermite.
      • Mort du dernier ermite (1637)
        Mort de Jean Minguet, qui succédait à François Carlier.
      • Visite pastorale (1665)
        L'archevêque de Besançon Pierre-Antoine de Grammont visite le sanctuaire et lui accorde à cette occasion des indulgences.
      • Reconstruction (1682)
        À partir de 1682, M. Grappe, familier de Mièges, obtient l'autorisation de reconstruire, à ses frais, l'ermitage, détruit durant la Guerre de Dix ans, signe de l'intérêt porté par les fidèles laïcs à ce type d'établissement.
      • Vente (1795)
        L'ermitage est mis en vente.
      • Reprise du culte après la révolution (1823)
        Le pèlerinage reprend après la Révolution. L'évêque de Saint-Claude A.-J. de Chamont accorde des indulgences au sanctuaire.
      Rayonnement(s) :
      • Diocésain (1613 -> 2017)
        Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le sanctuaire attirait des pèlerins des environs plutôt proches (Poligny, Nozeroy, Mirebel..). Le pèlerinage à Notre-Dame de Mièges conserve aujourd'hui un rayonnement diocésain.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      • Archives (XVIIe siècle)
        Arch. dép. du Jura, 11 G sup. 8, chapelle et ermitage de Mièges, traité avec le sieur Masson, 1617 ; 11 G sup. 9, traité avec le chapitre et les ermites Carlier et Minguet, 1631 ; 11 G sup. 9, admission d'un ermite à l'ermitage de Mièges, 1636 ; 11 G sup. 9, avis sur la chapelle de l'ermitage, 1647 ; 11 G sup. 10, traité pour les oblations de l'ermitage de Mièges, 1696.
      • Livret de pèlerinage (XIXe siècle)
        Manuel du Pèlerin à Notre Dame de l'ermitage de Mièges, Besançon, 1852 et 1863.
      • Livret de pèlerinage (1937)
        Anonyme, Manuel-souvenir du couronnement de l'Ermitage de Mièges. Notice historique, imp. Gresset, Champagnole
      Bibliographie :
      • DELFOSSE, Annick, La « Protectrice du Païs Bas » : stratégies politiques et figures de la Vierge dans les Pays-Bas espagnols, Turnhout, Brepols, 2009.
      • LACROIX, Pierre, «Un centre jurassien de piété populaire : Notre-Dame de Mièges », in Actes du 99e congrès national des Sociétés Savantes, Besançon, 1974, section d'histoire moderne et contemporaine, t. 2, Paris, 1976, p. 215-235.
      • CHAMOUTON, E. (abbé), Notre-Dame de Mièges, notice historique et recueil de prières, impr. J. Mayet, 1885.
      • HAMON, A. J. M., Notre Dame de France ou histoire du culte de la Sainte Vierge en France…, t. VI, Paris, 1866, p. 495-498.
      • ROUSSET, Alphonse, Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes du département du Jura, t. IV, Lons-le-Saunier, 1856, p. 174-177.
      Etude(s) universitaire(s) :

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      • Statuette de Notre-Dame de Mièges - M. O. BULLY - 2016
      Edifice :
      • Façade de l'ermitage - M. O. BULLY - 2016
      Autre :

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • BULLY Aurelia
      Rédacteur :
      • BULLY Aurelia
      Date de l'enquête :
      2014
      Date de rédaction de la fiche :
      2014
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheBULLY Aurelia, « Notre-Dame-de-Mièges », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/581/notre-dame-de-mieges, version du 04/10/2016, consulté le 17/08/2017