INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Apollinaire

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Apollinaire
Période d'activité :
? - 2017
Commune :
Michelbach-le-Haut
Département :
Haut Rhin
Corps de logis de l'ancien prieuré (dernier vestige apparent du monastère)

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Michelbach-le-Haut
Hameau/Lieu-dit :
Saint-Apollinaire
Diocèse :
Actuel: Strasbourg (1801 - 2017)
Ancien: Bâle (? - 1789)
Paroisse :
Actuelle: Michelbach-le-Haut (? - 2017)
Ancienne:

Site

Type de site :
Coteau
Altitude :
450 m
Compléments :

Si l'on fait abstraction du Jura alsacien, les environs de Folgensbourg sont l'un des points les plus élevés du Sundgau. Le sanctuaire Saint-Apollinaire n'est pas tout-à-fait au sommet, mais sur le haut du versant nord d'une colline dominant Folgensbourg au nord. N'étaient les grands arbres du parc qui entourent aujourd'hui le domaine, ce dernier offrirait une vue très étendue, surtout vers le Nord et le Nord-Est (on voit la Forêt-Noire). À Saint-Apollinaire même se trouvait autrefois une source, aujourd'hui disparue ; mais avec deux fontaines et un étang, le domaine est toujours riche en eau.


Paysage

Type de couvert végétal :
Bois
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Axe de circulation
Château
Cours d'eau
Compléments :

La prévôté est au ban de Michelbach-le-Haut, mais à 100 m de la limite de celui de Folgensbourg – à 1,5 km du premier, mais à 600 m seulement du second de ces villages. Quatre ruisseaux prennent leur source dans un rayon de 2 km (Michelbach, Thalbach, Liesbach, Münchendorferbach), mais aucun à proximité immédiate. Une route ancienne de Bâle à Altkirch et Belfort (actuelle RD 419) passe à 4 km au Nord, une voie réputée romaine de Bâle à Ferrette à 2,5 km au Sud. Une léproserie de Saint-Apollinaire est citée au XVIe s. (StA Basel Siechenhaus St Jacob H 5), mais c'est certainement déjà à elle qu'il est allusion à propos d'un champ à Folgensbourg "iuxta domum leprosorum" en 1332 (ADHR 10H 149/7). À 2 km au Sud-Est de la prévôté se trouvaient le village et le château disparus de Münchendorf ; le premier est attesté depuis 1299 (ADHR 7J 19 f° 9v), le second depuis 1480 (AAEB B 237/38 Truchsess, Berain de 1480 cité dans celui de 1577, p. 4-5) ; mais à cette date sont mentionnés plusieurs de ses anciens possesseurs, et G. Munch y verrait volontiers une motte du XIIIe s. (Bulletin de Hegenheim 6, 2002, p. 100-02). Vers 1600, il ne restait de Münchendorf qu'une ferme (Basler Zeitschrift für Geschichte 49, 1950, p. 125 n° 67).


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Apollinaire (? - 2017)
Compléments :
Le sanctuaire est connu également sous les noms de Sankt Apollinaris et Bolleronis. L'église de Saint-Apollinaire à Michelbach et le couvent Saint-Apollinaire sont cités dans une charte de 1334 (ADHR 10H 42/7, éd. d'après copie par TROUILLAT J., Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, III, Porrentruy, 1858, p. 436 n° 268). L'église est démolie en 1847 (ARNOLD G., MARX J. C., SCHELCHER J. M., Bolleronis ou le Prieuré de Saint-Apollinaire (1140-1791), Huningue, 1986, p. 50), mais le domaine qui succède à l'ancien prieuré s'appelle encore Saint-Apollinaire.
Type de lieu de culte :
Prieuré
Nom du lieu de culte :
Saint-Apollinaire
Saints patrons :
  • Apollinaire (? - 1792)
Compléments :
Prieuré bénédictin, puis dépendance de l'abbaye cistercienne de Lucelle, prévôté. Le patronage de saint Apollinaire de Ravenne est au moins antérieur à 1334.
En 1144, le pape Lucius II prend sous sa protection le prieuré bénédictin d'hommes dédié à la Vierge et situé à Michelbach. Dans la première moitié du XIIIe siècle, ce même prieuré est occupé par des Bénédictines (BARTH, HEK, c. 994). En 1253, on écarte les soeurs sous prétexte qu'elles mèneraient une vie dissolue ; leur couvent est remis à l'abbaye cistercienne de Lucelle, qui avait des visées sur Michelbach depuis les années 1240, et qui en fait une dépendance de l'abbaye (WILSDORF C., Histoire des comtes de Ferrette, Riedisheim, 1991, p. 132-134). Entre 1276 (RUB I p. 110 n° 126) et 1549 (ADHR 10H 7/2 f° 69r), la maison est dirigée par un administrateur, un économe ou un maître. En 1581, Beat Papst est le premier prévôt cité (ADHR 10H150/1). La dédicace de l'église à Saint-Apollinaire n'apparaît qu'en 1334. Le culte de ce saint a probablement été introduit par Lucelle. En effet, l'abbaye cistercienne de Salem, fille de Lucelle, possède des reliques de ce saint depuis 1179 (GINTER H., "Zum Kult des hl. Apollinaris am Oberrhein", Freiburger Diözesan-Archiv 77, 1957, p. 327). En 1792, la statue de saint Apollinaire, qui se trouvait à la prévôté, est transportée dans l'église paroissiale de Michelbach-le-Haut, où le pèlerinage subsiste au moins jusque dans la première moitié du XXe siècle. En 1865, l'abbé Waelterle évoque le pèlerinage à Saint-Apollinaire en précisant que, le plus souvent, ce sont de pieux pèlerins des environs de Porrentruy et de Delémont, en Suisse, qui viennent à Michelbach-le-Haut. (ARNOLD, Bolleronis, p. 11). En 1926, Levy, d'après le curé du lieu, signale que le pèlerinage à saint Apollinaire a fortement diminué (LEVY J., Die Wallfahrten der Heiligen im Elsaß, Strasbourg, 1926, p. 180-181).

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Saint Apollinaire de Michelbach-le-Haut
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
H = 175 cm ; l = 80 cm ; P = 53 cm
Emplacement :
Actuellement dans l'église paroissiale de Michelbach-le-Haut.
Datation de l'objet :
XVIe siècle
Compléments :
La statue daterait des années 1530/15540. La polychromie et la dorure en ont été refaites. "Le décor de la chape (arcs et personnages) et l'attitude du saint incitent à y voir une oeuvre du gothique tardif. Les trièdres, quoique raides et volumineux, confirment cette proposition. Mais le modelé du visage, le geste spontané de bénédiction, la raideur du costume et la monumentalité de l'ensemble sont "incomparables", rendant une datation précise délicate" : FUCHS M., La sculpture en Haute-Alsace à la fin du Moyen Âge 1456-1521 (Société savante d'Alsace, coll. "Grande publications" 19), Colmar, 1987, p. 163.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
"Au Moyen Âge, un prélat de l'évêché de Bâle participait à une partie de chasse dans la forêt de Michelbach-le-Haut. Poursuivant un cerf, il l'atteignit avec une flèche. Foudroyé, l'animal s'écroula et roula au sol. Sa course s'arrêta dans un point d'eau, au milieu des hautes herbes. Aussitôt que le cerf fut au contact de l'eau de la source, un frisson parcourut son corps, il se releva indemne et disparut à grands bonds dans le fourré, laissant le prélat ébahi. Par la suite, celui-ci aurait consacré la source à saint Apollinaire et fait édifier une chapelle de pèlerinage" (ARNOLD, Bolleronis, p. 12-13).
Miracles :
En 1663, l'abbé de Lucelle, Bernardin Buchinger, évoque les miracles qui ont eu lieu par le passé à Saint-Apollinaire et ceux qui ont encore lieu. Il précise que les miracles concernent les personnes atteintes d'épilepsie et de paralysie (gichtbrüchig signifie paralysé et non goutteux comme on le trouve dans la littérature) (Cité par LEVY J., Die Wallfahrten der Heiligen im Elsass, Strasbourg, 1926, p. 180-181 et ARNOLD, Bolleronis, p. 11). Brant, en 1498, mentionne les guérisons d'enfants et des cas d'épilepsie (cf. infra).
Type(s) de motivation :
    Recours :
    • Thérapie
    Jour(s) de fête :
    • Apollinaire
    Type de fréquentation :
    Continu
    Compléments sur les fréquentations :
    Sebastian Brant, le célèbre humaniste, a écrit un poème en l'honneur de saint Apollinaire où il dit : "Tu peux m'être plus utile qu'une plante médicinale. La guérison de l'épilepsie, c'est ton don et ton oeuvre" (BRANT S., Varia Sebastiani Brant Carmina, Strasbourg, 1498, hii v°). Brant est venu en pèlerinage à Michelbach-le-Haut en 1498, avec son fils, Onuphre, qui était malade. En 1511, Lienhart Schnider, un épileptique de Sélestat, vient en pèlerinage à Saint-Apollinaire (AM Sélestat, Missiven 1509-1511, p. 124, 20 III 1511). En 1556, un Bâlois (protestant) est mis à l'amende, car sa femme avait envoyé un messager à Saint-Apollinaire, pour venir en aide à leur enfant (ARNOLD, Bolleronis, p. 11. La référence citée dans cet ouvrage est erronée). Sur un vitrail du prieuré de Saint-Apollinaire, daté de 1593 et conservé à Turin, deux enfants emmaillotés sont représentés aux pieds du saint. Certains auteurs font remonter le pèlerinage à 1144, date à laquelle le pape Lucius II, confirmant les biens du prieuré de Michelbach, fait allusion à des pèlerins. Mais il le fait dans un passage d'un style très inhabituel, que le diplomatiste P. F. KEHR (in : Nachrichten der königlichen Gesellschaft der Wissenschaftenzu Göttingen, Philologisch-historische Klasse, 104, 1904, p. 462) considère comme interpolé : "Per potestatem sanctorum apostolorum Petri et Pauli, Ego Lucius secundus papa concedo tibi Absalon tuis que successoribus in cella Michelenbachen si visitationes et sepulturas vobis in claustro vestro famulantium et peregrinorum et advenarum, et dono" (TROUILLAT J., Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, I, Porrentruy, 1852, p. 286-288, n° 188). La prudence s'impose donc d'autant plus que, à supposer même qu'il y ait eu des pèlerins dès le XIIe s., Michelbach n'était probablement pas leur destination – ils devaient être en route pour un lieu de pèlerinage majeur. En revanche, la mention d'une kermesse en 1426 pourrait plaider en faveur de l'existence alors du pèlerinage.
    Pratiques individuelles :
      Pratiques en présence du clergé :
        Ex voto :
          Confrérie(s) :
            Indulgence(s) :
              Compléments sur le culte :
              Le rôle de la source mentionnée dans la légende n'apparaît pas dans la documentation disponible. Le saint était réputé guérir particulièrement les cas d'épilepsie et de paralysie, ainsi que les enfants.

              L'ÉDIFICE

              Description :
              L'église de Saint-Apollinaire n'existe plus, mais elle est connue par une vue d'Emmanuel Büchel de 1756 (ARNOLD, Bolleronis, p. 13) et par un plan de 1780 (redessiné ibid. p. 50), qui montrent un choeur polygonal à contreforts, une nef légèrement plus large et un campanile à toit en bulbe. Le choeur semble donc avoir été gothique et voûté, de même peut-être que la nef.
              Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
                Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

                  HISTOIRE DU SANCTUAIRE

                  Origines :
                  Date de première mention : 1498
                  Initiative de la fondation :
                  • Religieux
                  Environnement institutionnel, politique et religieux :
                  La prévôté Saint-Apollinaire est citée la première fois en 1334, le pèlerinage en 1498. Celui-ci pourrait avoir été initié par les moines de Lucelle. L'avouerie du prieuré de Michelbach était aux comtes de Ferrette, ce qui donnerait à penser que le village était de leur seigneurie, mais on n'en a pas de preuve. Après l'extinction des Ferrette en 1324, Michelbach-le-Haut passe à leurs héritiers, les Habsbourg, de même que Folgensbourg. Le premier de ces villages est le siège d'une mairie du bailliage du Haut-Landser, qui comprend aussi Michelbach-le-Bas, Attenschwiller, Ranspach-le-Haut et -le-Bas. Les églises paroissiales Saint-Jacques de Michelbach-le-Haut (dès avant 1334) et Saint-Gall de Folgensbourg (avant 1513) sont toutes deux à la collation de l'abbaye de Lucelle.
                  Phases d'évolution :
                  Evénements marquants :
                  • Kermesse (1426)
                    La kermesse est mentionnée dans les comptes du bailliage de Landser (1426) pour la recette (modeste) de la taxe sur la vente du vin ce jour-là (ADHR 1C 6350, f? 2r : in genommen ze St Appollinaris von dem ungelt uff der kilwihe 8 ?).
                  Rayonnement(s) :

                    RÉFÉRENCES

                    Source(s) :
                    • Archives (1511)
                      Arch. mun. de Sélestat, Missives, 1509-1511, p. 124 : mention du pèlerinage d'un épileptique de Sélestat à Saint-Apollinaire.
                    • Archives (1334)
                      Arch. dép. du Haut-Rhin, 10 H 42/7: charte de 1334 citant l'église de Saint-Apollinaire et le couvent.
                    Bibliographie :
                    • WILSDORF, Christian, Histoire des comtes de Ferrette, Riedisheim, 1991.
                    • ARNOLD, Gabriel, MARX, Jean-Claude, SCHELCHER, Jean-Marie, Bolleronis ou le Prieuré de Saint-Apollinaire (1140-1790), Huningue, 1986.
                    • GINTER, H., «Zum Kult des Heiligen Apollinaris am Oberrhein », in Freiburger Diözesan-Archiv 77, Freiburg, 1957.
                    • LEVY, Joseph, Die Wallfahrten der Heiligen im Elsaß, Strasbourg, 1926.
                    Etude(s) universitaire(s) :

                    PHOTOGRAPHIES LIÉES

                    Objet de dévotion :
                    • Statue de saint Apollinaire - Elisabeth Clementz - 2012
                    • Statue de saint Apollinaire - Elisabeth Clementz - 2012
                    Edifice :
                    • Corps de logis de l'ancien prieuré (dernier vestige apparent du monastère) - Elisabeth Clementz - 2012
                    • Corps de logis de l'ancien prieuré (dernier vestige apparent du monastère) - Elisabeth Clementz - 2012
                    Autre :

                    À PROPOS DE L'ENQUÊTE

                    Enquêteur :
                    • CLEMENTZ Elisabeth
                    Rédacteur :
                    • CLEMENTZ Elisabeth
                    Date de l'enquête :
                    2014
                    Date de rédaction de la fiche :
                    2014
                    Etat de l'enquête :
                    Complète
                    Pour citer cette ficheCLEMENTZ Elisabeth, « Saint-Apollinaire », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
                    url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/579/saint-apollinaire, version du 24/06/2015, consulté le 14/12/2017