INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Jean-Michel

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Jean-Michel
Période d'activité :
XVe siècle - 2017
Commune :
Angers
Département :
Maine et Loire

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Angers
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Angers (1802 - 2017)
Ancien: Angers (XVe siècle - 1789)
Paroisse :
Actuelle: Cathédrale Saint-Maurice – Notre-Dame (? - 2017)
Ancienne: Cathédrale Saint-Maurice – Notre-Dame (XVe siècle - ?)

Site

Type de site :
Altitude :
64 m
Compléments :

Type de site : urbain Angers s'est développée à partir d'un promontoire rocheux qui domine les basses vallées angevines : le château d'Angers, la cité historique et la cathédrale se trouvent sur ce promontoire.


Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Axe de circulation
Château
Cours d'eau
Compléments :

Proximités : Château d'Angers, cité historique, la Maine.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Jean-Michel (XVe siècle - 2017)
Type de lieu de culte :
Cathédrale
Nom du lieu de culte :
Saint-Maurice
Saints patrons :
  • Maurice (VIIIe siècle - 2017)

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Jean Michel, évêque d'Angers
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Le tombeau est situé dans le bras nord du transept de la cathédrale. Appelé tout d'abord la « chapelle des évêques », le lieu prend très rapidement le nom de « chapelle de maistre Jehan Michel ».
Datation de l'objet :
1447
Compléments :
Les premières tentatives de canonisation de Jean Michel (dont le chapitre Saint-Maurice semble avoir été l'initiateur) remontent à l'année 1453 ; par la suite, « le chapitre d'Angers écrivit […] au chapitre de Bayeux (dont Jean Michel avait été chanoine) en 1480, afin de l'engager auprès du pape Sixte IV pour avancer cette affaire » (L. Moreri, p. 532) et le 24 septembre 1491, « il fut ordonné par conclusion du chapitre qu'on écrirait au cardinal d'Angers Jean Balue, pour lors aussi evesque d'Angers, affin de solliciter auprès du pape la canonisation de leur evesque » (B.M.A., ms. 695, p. 145). Le 2 avril 1472, on peut également lire dans les délibérations du chapitre cathédral d'Angers au sujet de la canonisation de son évêque que « Louis XI et René duc d'Anjou la sollicitèrent vivement. René, le bon roi de Sicile et de Jérusalem, vint au chapitre et l'engagea à s'unir à lui pour solliciter au prochain concile sa canonisation, offrant d'en faire toute la dépense » -B.M.A., ms. 726, p. 821). Malgré la répétition de ces démarches, le chapitre échoua.

Il existe quatre autels dans le transept nord (refaits en 1451 et consacrés par l'évêque d'Orange le 31 mars 1451) : l'autel Saint-Nicolas, l'autel Saint-Remi, de la Croix et Sainte-Véronique, l'autel Saint-Julien (Saint-Sébastien à partir de 1463) et l'autel Saint-Eustache et Marie-Madeleine. A moins qu'il n'y ait eu un cinquième autel dans le transept (ce qui parait peu probable), l'un de ces autels est dit « de maistre Jean Michel » en 1502 dans le testament du chapelain Guillaume Bellanger. La tombe de l'évêque étant située entre les autels Saint-Remi et Saint-Julien, peut-être s'agit-il de l'un d'eux ?

LE CULTE

Statut du culte :
Combattu
Légendaire :
« Né probablement vers 1387 à Beauvais, Jean Michel n'apparaît dans les sources conservées que trente ans plus tard en tant que secrétaire et conseiller du comte de Provence et duc d'Anjou Louis II et de sa femme la reine Yolande d'Aragon. Entre 1417 et 1439, tout à la fois serviteur d'une maison princière et clerc largement bénéficié, Jean Michel poursuit une carrière pour le moins commune en un temps où les États recrutaient leurs hommes dans l'Église et où les bénéfices ecclésiastiques servaient souvent à rétribuer des services d'ordre temporel ou politique. Son élection sur le siège angevin le 20 février 1439, à l'âge de 52 ans, conçue peut-être par la Maison d'Anjou comme un témoignage de gratitude en faveur d'un loyal serviteur, marque un tournant dans son existence. Obstiné à se maintenir sur le siège épiscopal d'Angers contre un candidat nommé par le pape Eugène IV, Jean Michel, l'évêque élu, est excommunié. Il n'en dirige pas moins le diocèse entre 1439 et le 11 septembre 1447, date de sa mort » (Jean-Michel Matz, p. III).
Miracles :
Les "Gesta et Miracula reverendissimi Johannis Michaelis, Andegavorum episcopi" relatent 526 miracles ayant eu lieu sur le tombeau de l'évêque, depuis sa mort jusqu'au milieu du XVIe siècle.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Voeu
Recours :
  • Sécheresse
  • Thérapie
  • Libération des prisonniers
  • Fécondité
Jour(s) de fête :
  • 12 septembre
Type de fréquentation :
Compléments sur les fréquentations :
Le culte existe dans l'Ouest de la France entre le XVe et le XVIe siècle. D'après le livre des miracles, Jean-Michel Matz distingue deux phases : la naissance du pèlerinage entre 1447 (date de la mort de l'évêque) et 1452, puis la renaissance de celui-ci à partir de 1490 et jusqu'à sa disparition en 1545.
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Toucher
  • Incubation
  • Dons
  • Offrir
Pratiques en présence du clergé :
  • Prières
  • Processions
Ex voto :
  • Anatomique (XVIe siècle)
    Une « image de cire » déposée en 1545 par Jean Rousseau, ex-voto anthropomorphiques représentant la partie du corps affligée ou un corps entier.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :
      Le culte n'était pas autorisé par 'Église romaine, qui n'a jamais voulu élever l'évêque Jean Michel sur les autels, mais il bénéficie d'une réputation locale de sainteté. On avait recours au saint dans toutes les maladies (« douleurs à la poitrine et aux intestins », peste…). Mais si Jean Michel est avant tout un « saint » thaumaturge (plus de 90% des miracles accomplis à son tombeau sont liés à la maladie selon J.-M. Matz), on compte également des cas de stérilité vaincue, d'accouchements facilités, d'objets perdus retrouvés, d'incendies éteints, de libération de prisonniers… Jours de fête : 12 septembre (anniversaire fondé par Jean Michel à la veille de sa mort). Selon J.-M. Matz, cet anniversaire se célébrait avec grande solennité dans la cathédrale. Pratiques individuelles : prières, ex-votos, toucher du tombeau, agenouillement devant le tombeau, incubation, offrande (quantité de cire déterminée parfois en fonction du poids ou de la taille du miraculé, cierges, argent…).

      L'ÉDIFICE

      Description :
      La cathédrale est le siège de l'évêque d'Angers sans doute depuis le IVe siècle (sa première mention remonte à 470 lors de son incendie par les Francs). On ne connait rien de ses reconstructions successives jusqu'à celle qui fut opérée « depuis ses fondations » par l'évêque Hubert de Vendôme au début du XIe siècle et donna naissance à un édifice de type roman à nef unique. Après l'incendie de 1032, l'édifice fut rétabli au milieu du XIe siècle. Au XIIe siècle furent ajoutées des colonnes et des voûtes d'ogives : c'est la naissance du gothique angevin. La nef romane s'ouvre alors sur un choeur et un transept gothiques.
      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
        Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
        • Mobilier (1451-1453)
          Intitulé de l'aménagement intérieur lié au culte : Verrière au-dessus du tombeau de Jean Michel, représentant l'évêque, agenouillé en oraison, présenté à la Vierge par son saint patron, sous une Crucifixion. Après l'incendie de la cathédrale en 1451, le chapitre doit faire refaire les verrières du transept : l'une d'elle, exécutée par le maître-verrier André Robin et placée au dessus du tombeau de Jean Michel, représente le saint évêque.

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1447
        Initiative de la fondation :
        • Seigneur laïc
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        Les ducs de la seconde Maison d'Anjou (René d'Anjou) et le chapitre cathédral d'Angers sont à l'initiative de la fondation du pèlerinage. Volonté de s'affirmer de la part de la seconde maison d'Anjou, en quête de sainteté (développement de cultes à la fois politiques et dynastiques) ; mais également « crise de la sainteté épiscopale ».
        Phases d'évolution :
        Evénements marquants :
        • Enregistrement des miracles (1447)
          Le 17 décembre 1447 : le clergé de la cathédrale d'Angers décide d'enregistrer les miracles accomplis sur le tombeau du saint pour en conserver la mémoire. Le chapitre en confie le soin au chanoine Jean Mouchet le 4 juillet 1449 (B.M.A., ms. 695, p. 144).
        • Miracle (1448)
          Le culte de Jean Michel atteint les points extrêmes de sa diffusion dès le début de l'année 1448 : le 23 janvier, un habitant d'Antrain, au diocèse d'Avranches, se présente au tombeau et raconte le miracle par lequel son fils a retrouvé la parole ; le 3 mars, Guillaume Forestier du diocèse de Saint-Brieuc est à Angers pour rapporter son miracle et le lendemain, l'épouse d'Isambard Boquet d'Orléans en fait autant, avant qu'un habitant de Poitiers ne fasse de même le 11 mars.
        • Pèlerinage (1451)
          Les comptes du roi René enregistrent plusieurs dépenses visant à promouvoir la dévotion publique dont Jean Michel était l'objet.
        • Procession (1455)
          Procession en l'honneur de Jean Michel.
        • Procession (1456)
          Procession en l'honneur de Jean Michel : « On voit que le 15 juin 1456, neuf ans après le décès du bienheureux, le chapitre ordonna une procession générale qui se fit ce jour-là avec beaucoup de solennité. Tous les corps de la ville y assistèrent, et l'on prononça ensuite le panégyrique du saint » (L. MORERI, "Le grand dictionnaire historique", t. 7 (1759), p. 532).
        • Procession (1496)
          Procession en l'honneur de l'évêque. Un miracle du 10 septembre 1497 garde le souvenir de cette dernière procession ; les collèges de la ville, convoqués à la cathédrale, se rendirent accompagnés d'une foule nombreuse en la collégiale Saint-Pierre ; là, après une messe solennelle, un sermon rappela la figure de ce pontife et ses miracles alors que la peste sévissait dans la cité. L'effet fut d'ailleurs instantané. Un certain Thomas de Troie, paroissien de Saint-Pierre d'Angers, se trouvant attaqué par une fièvre violente le soir même de la procession, s'adressa au saint évêque et se rétablit aussitôt.
        Rayonnement(s) :
        • Régional (XVe siècle -> ?)
          Rayonnement régional (Ouest de la France : Bretagne, Poitou, Pays de la Loire), puis centré autour du seul diocèse d'Angers pendant la première moitié du XVIe siècle.

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        • Recueil de miracles
          Les "Gesta" et" Miracula reverendissimi Johannis Michaelis, Andegavorum episcopi", conservés dans un manuscrit unique, le ms. 701 (631) de la Bibliothèque Municipale d'Angers.
        Bibliographie :
        • Comte, François et Matz, Jean-Michel, «Le diocèse d'Angers », in Fasti ecclesiae gallicanae 7, in Fasti ecclesiae gallicanae, 7, Turnhout, Brepols, 2003, p. 179-1881.
        • Matz, Jean-Michel, Les miracles de l'évêque Jean Michel, et le culte des saints dans le diocèse d'Angers (v. 1370-1560), Université Paris X-Nanterre, thèse sous la direction d'A. Vauchez (vol.1), Nanterre, 1993.
        • Rangeard, Jacques, «Jean Michel, évêque d'Angers (1387-1447) », in Andegaviana,, 1907, p. 359-361.
        Etude(s) universitaire(s) :

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        Edifice :
        Autre :

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • MATZ Jean-Michel
        Rédacteur :
        • KERBASTARD Nolwenn
        Date de l'enquête :
        2013
        Date de rédaction de la fiche :
        2013
        Etat de l'enquête :
        Complète
        Pour citer cette ficheKERBASTARD Nolwenn, « Jean-Michel », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/503/jean-michel, version du 07/04/2014, consulté le 13/12/2017