INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Eugène-de-Deuil

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Eugène-de-Deuil
Période d'activité :
IXe siècle - XVIIIe siècle
Commune :
Deuil-la-Barre
Département :
Val d'Oise

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Deuil-la-Barre
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Pontoise
Ancien: Paris (IXe siècle - XVIIIe siècle)
Paroisse :
Actuelle: Notre-Dame de Deuil
Ancienne: Notre-Dame de Deuil (IXe siècle - XVIIIe siècle)

Site

Type de site :
Altitude :
50 m
Compléments :
Type de site : urbain

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Type de proximités :
Compléments :
Avant 1952, la commune s'appelle Deuil.

Habitat : oui

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Eugène-de-Deuil (IXe siècle - XVIIIe siècle)
Type de lieu de culte :
Prieuré
Nom du lieu de culte :
Saint-Eugène de Deuil
Saints patrons :
  • Eugène (IXe siècle - XVIIIe siècle)
Compléments :
Le prieuré dépend de Saint-Florent de Saumur.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Eugène
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
La châsse contenant les os du poignet était suspendue à la voûte du choeur.
Datation de l'objet :
IXe siècle
Compléments :
Le corps du saint fut d'abord déposé dans l'église de Deuil-la-Barre avant d'être transféré à l'abbaye de Saint-Denis entre 840 et 856 lors des invasions normandes. Les reliques furent ensuite confiées à Gérard de Brogne au Xe siècle, qui les emmena dans l'abbaye qu'il avait fondé dans le comté de Namur, en Belgique. L'église paroissiale Saint-Gérard possède encore aujourd'hui l'avant-bras du martyr, exposé sur l'autel latéral de Saint-Pierre.

En 1565, le roi d'Espagne Philippe II demande le corps de saint Eugène au roi Charles IX et à sa mère Catherine de Médicis. La régente ayant donné son consentement, un chanoine de Tolède est chargé par le chapitre d'aller chercher ce précieux trésor. La fête de la translation est grandiose, en présence du roi Philippe II, de son fils Don Carlos, et des deux archiducs d'Autriche, fils de l'empereur Maximilien II. Cependant, l'abbaye de Saint-Denis conserve toujours un des deux bras du saint.

Par la suite, les os du poignet du bras sont donnés par l'abbaye Saint-Denis à l'église Saint-Eugène de Deuil en 1761 et placés dans une châsse suspendue à la voûte du choeur. Celle-ci fut sauvée lors de la Révolution, puis restaurée et décorée (Tessier, 1886, p. 104-105).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Une "Passio" a été inventée à Saint-Denis au milieu du IXe siècle, qui fait d'Eugène un évêque de Tolède, disciple de saint Denis qui fut décapité à Deuil. En fait, il s'agit de deux saints distincts, et on sait peu de choses de saint Eugène de Deuil, si ce n'est, selon une légende du Xe siècle, qu'il aurait été décapité à Deuil au Ier siècle de notre ère par les Romains lors d'une prédication, puis que son corps fut précipité dans un étang voisin, appelé le lac Marchais, dans lequel il serait resté plusieurs siècles (Bourlet, 2000, p. 19).
Miracles :
Un recueil de miracles a été rédigé au milieu du IXe siècle, rapportant une dizaine de miracles accomplis sous les règnes de Pépin le Bref, Charlemagne et Louis le Pieux, et témoignant d'un culte en plein essor dès le milieu du VIIIe siècle dans les diocèses d'Évreux, Meaux, Reims, Tours et Lyon, ainsi qu'en Bourgogne (Roblin, 1952).
Type(s) de motivation :
    Recours :
      Jour(s) de fête :
      • Eugène
      Type de fréquentation :
      Compléments sur les fréquentations :
      Jours de fête : Saint-Eugène (15 novembre) sous l'Ancien Régime.
      À partir de la fin du XIXe siècle, trois fêtes coexistent : la fête patronale en mai (avec procession des reliques et fanfare), une procession à l'oratoire du lac Marchais en septembre, et la procession de la Saint-Eugène, le 15 novembre.
      Pratiques individuelles :
      • Incubation
      Pratiques en présence du clergé :
      • Processions
      • Office liturgique
      Ex voto :
      • Autre
        Offrandes mentionnées sans description précise.
      Confrérie(s) :
      • Confrérie de saint Eugène (1869)
        Il suffit d'invoquer saint Eugène et de se faire inscrire pour être membre de la confrérie, qui organise une procession dans l'église chaque dimanche du mois après les vêpres, bannière de la confrérie en tête, en chantant l'hymne, l'oraison et les cantiques du martyr, composés entre 1822 et 1830 (Tessier, 1886, p. 125 – le règlement de la confrérie se trouve aux p. 155-156).
      Indulgence(s) :
        Compléments sur le culte :
        La procession annuelle, interrompue à la Révolution, est relancée en 1882 ; elle rassemble les paroisses voisines en septembre autour du lac Marchais (Tessier, 1886, p. 115-117).

        L'ÉDIFICE

        Description :
        L'église prieurale a été érigée aux XIe-XIIe siècle, à l'emplacement d'un édifice antérieur, probablement d'époque mérovingienne, détruit par les Normands. D'importants travaux furent effectués au XIIIe siècle : l'église romane fut remaniée, et un choeur gothique en hémicycle avec déambulatoire fut bâti vers 1220 à l'emplacement du choeur roman. La voûte d'ogive fut remplacée au XVIIe siècle par une voûte en berceau. Au XIXe siècle, de fausses voûtes gothiques en brique et des peintures sur certains bas-reliefs sont ajoutées. L'église fut gravement endommagée en octobre 1944 par la chute d'un V2, puis restaurée entre 1949 et 1955. Aujourd'hui, l'église s'appelle Notre-Dame de Deuil.
        Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
        • Oratoire (XIXe siècle)
          Oratoire près du lac Marchais qui est le lieu d'une procession annuelle.
        Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
        • Mobilier (XIXe siècle)
          Tombeau de marbre près de l'autel probablement daté du XIXe siècle.

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 848
        Initiative de la fondation :
        • Laïc isolé
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        Date de première mention : 848 (martyrologe de Wandelbert) puis 860 (martyrologe d'Usuard). Initiative de la fondation : selon la "Passio Eugenii", un dénommé Ercold aurait retrouvé le corps d'Eugène dans le lac Marchais et fondé une "cellula" puis une "abbatiuncula" sur son domaine, autour du tombeau du martyr (VIIe-VIIIe siècle). Dès le VIIIe siècle, Deuil appartient à l'abbaye de Saint-Denis. L'église Saint-Eugène est cédée en 1066 à l'abbaye Saint-Florent de Saumur qui y établit un prieuré.
        Phases d'évolution :
        Evénements marquants :
        • Don (1761)
          Une partie des reliques de saint Eugène est accordée à Deuil en 1761 par l'abbaye de Saint-Denis.
        • Création d'une légende (IXe siècle)
          Création de la légende de saint Eugène par les moines de l'abbaye de Saint-Denis au milieu du IXe siècle.
        • Transfert (Xe siècle)
          Les reliques, à l'exception d'un bras, sont transférées à Saint-Denis puis à Brogne au début du Xe siècle.
        Rayonnement(s) :
        • Régional
          Le culte est régional jusqu'au début du Xe siècle, puis local (une procession est encore attestée le 15 novembre au XVIIIe siècle : cf. Lebeuf, 1883).

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        • Archives
          "BHL" 2685-2692.
        Bibliographie :
        • BOURLET, Michel, Les origines du village de Deuil. Les grandes heures de l'église Notre-Dame et du prieuré Saint-Eugène, Deuil, Cercle d'études historiques de Deuil-la-Barre (CEHD), 2000.
        • GAIFFIER, Baudoin (de), «Formation de la légende de saint Eugène de Deuil », in Analecta Bollandiana, t. 83, 1965, p. 329-349.
        • DUBOIS, Jacques, «Saint Eugène de Deuil, sa personnalité et son culte », in Revue bénédictine, t. 70, Maredsous, 1960, p. 83-100.
        • ROBLIN, Michel, «Saint Eugène et l'étang sacré de Deuil (Seine-et-Oise) », in Mémoires de la Fédération des Sociétés historiques et archéologies de Paris et de l'Ile-de-France, t. II, Paris, 1952, p. 7-19.
        • TESSIER, Eugène, Saint Eugène, le culte de ses reliques à travers les siècles, Paris, Letouzey et Ané éditeurs, 1886.
        • LEBEUF, Jean (Abbé), Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris par M. l'abbé Lebeuf, t.I, 1883, p. 598-602.
        Etude(s) universitaire(s) :

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        Edifice :
        Autre :

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • GILLON Pierre
        Rédacteur :
        • GILLON Pierre
        Date de l'enquête :
        2006
        Date de rédaction de la fiche :
        2013
        Etat de l'enquête :
        Complète
        Pour citer cette ficheGILLON Pierre, « Saint-Eugène-de-Deuil », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/442/saint-eugene-de-deuil, version du 02/03/2014, consulté le 20/08/2017