INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Dusenbach

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Dusenbach
Période d'activité :
1311 - 2017
Commune :
Ribeauville
Département :
Haut Rhin
Dusenbach

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Ribeauville
Hameau/Lieu-dit :
Dusenbach
Diocèse :
Actuel: Strasbourg (1801 - 2017)
Ancien: Bâle (1311 - 1789)
Paroisse :
Actuelle: Ribeauville (1311 - 2017)
Ancienne:

Site

Type de site :
Altitude :
400 m
Compléments :

au fond d'un vallon isolé, sur un rocher métamorphique dominant le petit torrent du Dusenbach


Paysage

Type de couvert végétal :
Forêt
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Compléments :

Le pèlerinage est à 1 km au pied W du château de Rappoltstein ("alias" Ribeaupierre, Saint-Ulrich ou Ulrichsburg, lui-même lieu de pèlerinage aux 15e/16e s.) et à 2 km à vol d'oiseau au NW de la ville de Ribeauvillé


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Dusenbach (1311 - 2017)
Compléments :
Les deux premières mentions de la chapelle et de l'ermitage de Dusenbach (1311) reposent sur les regestes de chartes dont les originaux sont perdus (RUB I 206 n° 287 et 288). La première mention absolument sûre date de 1312 : "bruder Wigerich, der zu Unsere Frowen gesezen ist in dem Tussenbach im walde" ("Ibid."p. 212 n° 295).
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Unsere Frow in dem Tussenbache / Notre-Dame de Dusenbach
Saints patrons :
  • Notre Dame (1311 - 2017)
Compléments :
Il y avait au moins trois, puis quatre sanctuaires à Dusenbach : les sources de la fin du 15e s. mentionnent l'église Notre-Dame, la chapelle Sainte-Catherine, qui semble avoir été construite entièrement entre 1483 et 1494, et la chapelle Saint-Wolfgang, qui n'apparaît dans les comptes qu'après 1488, sans que nous sachions si les opérations dont elle fait alors l'objet étaient des aménagements ou toute la construction (RAPP, p. 199). Les sources des 17e et 18e s. parlent de la « grande église » et des chapelles de la Vierge (moderne, à en juger par ses fenêtres sur la gravure d'Aubry en 1667), de la Dormition et du Saint-Sépulcre (médiévales d'après leurs fenêtres à remplages, "Ibid.").

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame de Dusenbach
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
53cm
Emplacement :
Datation de l'objet :
Compléments :
Datation de l'objet: époque moderne.
L'image de culte est une Pietà postmédiévale. Dans la chapelle du Saint-Sépulcre existe une autre statue de la Vierge, beaucoup plus ancienne (XIVeme siècle ?), dont on prétend sans preuve qu'elle serait celle du pèlerinage de Riquewihr.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
D'après la légende, Egenolf, seigneur de Rappoltstein/Ribeaupierre, aurait rapporté de croisade une statue miraculeuse de la Vierge et, pour l'y conserver, aurait fait construire la chapelle en contrebas de son château. Il est exact qu'Egenolf était outre-mer en 1219 – à la 5e croisade, suppose-t-on – mais il n'y a aucune preuve qu'il en soit revenu, qu'il en ait rapporté une statue, ni que Dusenbach remonte au XIIIeme siècle. On pourrait plutôt soupçonner que la biographie de Smassmann von Rappoltstein – qui, à la fin du XVeme siècle, est allé en pèlerinage à Jérusalem et en a ramené l'idée de faire de Dusenbach un « petit Jérusalem » - a inspiré la légende de la fondation du pèlerinage.
Miracles :
Type(s) de motivation :
    Recours :
      Jour(s) de fête :
      • Lundi de Pâques
      • Semaine sainte
      • Fêtes mariales
      Type de fréquentation :
      Continu
      Compléments sur les fréquentations :
      Fréquention en baisse en hiver, à cause du problème d'accessibilité.
      Pratiques individuelles :
        Pratiques en présence du clergé :
          Ex voto :
          • Cire (XVe siècle)
            Datation: fin XVe/début XVIe siècle Nombreux dons en cire. La cire était revendue sur place : pour la peser, il y avait une balance sur l'autel.
          • Autre (XVe siècle)
            Datation: fin XVe/début XVIe siècle. Type: armement, objets métalliques, pièces d'argent. Description: épées, éperons, cuirasse, arquebuses ("2 schwerter und 2 sporn, sint messen, mynem gnedigen herrn her Schmasman uberantwurt. 2 hant bockschen auch uberantwurt"), faucilles (ADHR E 2722). En 1492, le noble Gilg Kempf achète pour 4 florins une cuirasse ("ein panczer") offerte à Notre-Dame de Dusenbach (RUB V 438 n° 1133)
          • Autre (XVe siècle)
            Type: bijoux, chapelets, couronnes, objets de culte. Datation: fin XVe/début XVIe siècle. Description: de nombreuses bagues, certaines en argent, d'autres bagues dorées avec pierres précieuses, ciboire en argent avec la patène, chapelets (l'un avait un "agnus Dei" accroché), burettes, candélabres (ADHR E 2722).
          • Vêtement (XVe siècle)
            Datation: fin XVe/début XVIe siècle. Description: serviettes, un drap ? ou une couverture pour enfant ? ("ein kindes decklach"), une chemise d'enfant ("ein kindes hemptlin"), des vêtements d'enfants, une guimpe ("ein frawen gyppe"), une coiffe jaune ("ein gelw hube"), un couvre-chef ("ein baretlin"), voiles, ceintures, draps, chemises, robes, jupons, un voile ("sturzlin"), de l'étoupe ("werck"), une toile de lin ("ein linen duch") (ADHR E 2722).
          • Autre (XVe siècle)
            Type: linges liturgiques Datation: fin XVe/début XVIe siècle. Description: nappes d'autel, chasubles, devant d'autel en tapisserie, franges et glands (ADHR E 2722).
          • Anatomique (1491)
            des enfants en cire (Rapp, p. 197, évoque six poupées de cire représentant sans doute l'Enfant Jésus). L'un de ces enfants a été offert sur l'autel Saint-Wolfgang ("meister Andres hat geben ein weschin kint uff sant Wolffgang alter" : ADHR E 2722). Toutefois, l'enfant en cire offert par la femme du seigneur de Rappoltstein n'est peut-être pas de type « anatomique », car il a été offert la veille de Noël 1494, ce qui fait penser qu'il représentait l'Enfant Jésus. Il était accroché près de l'autel : "ein weschen kint, hangend by dem altar" (RUB V 469 n° 1257).
          • Anatomique (1497)
            un coeur doré accroché devant la Vierge et offert par la femme de Peter von Kolb ("ein herztlin, ist vergult, hat geben Peterß von Kolbß frawen bruder Lorentz, hengt vor Unßer Frowen": ADHR E 2722/11).
          • Anatomique (1497)
            deux pieds en argent donnés par Hans von Gengenbach et accrochés devant la Vierge ("2 silberin fuß, hat geben Hans von Gengenbach, hangent vor Unßer lieben Frawen" : ADHR E 2722/11).
          Confrérie(s) :
          • "Unserer lieben Frowen bruderschafft" (1470)
            Date de fondation: 1470 (ADHR E 2697, éd. RUB IV 472 n° 1026). La confrérie a été fondée par des habitants de Ribeauvillé. L'adhésion est gratuite, mais tout membre devra léguer au moins un ohm de vin (environ 50 l.) à Notre-Dame de Dusenbach. A sa mort, on dira pour lui à Dusenbach une messe des morts avec vigiles, à laquelle tous les membres de la confrérie devront assister (et par conséquent venir en pèlerinage à Dusenbach : dem abgegangnen ein fart in dem Tussenbach tunt), à peine d'une amende de 6 d. Chaque année à la Saint-André, les membres de la confrérie devront aller en pèlerinage à Dusenbach en mémoire d'un bienfaiteur, prier quinze "Pater" et autant d'"Ave", assister aux vigiles et à la messe des morts et donner une offrande.
          • confrérie de la Vierge (1493)
            Date de fondation: 1493 (RUB V 447 n° 1172). Les meuniers et boulangers de Ribeauvillé fondent une confrérie en l'honneur de la Vierge pour célébrer la mémoire de leurs morts ("ein ewige gedächtnis zu begonde)".
          • confrérie des musiciens de Ribeauvillé
            Cette confrérie rassemblait les musiciens entre Rhin et Vosges, depuis le Hauenstein (au SE de Bâle) jusqu'à la forêt de Haguenau, sous l'égide des sires de Rappoltstein au moins depuis le 15e siècle. Toute la bibliographie la dit localisée à Dusenbach. En réalité, elle avait son centre à Ribeauvillé, où se célébraient ses offices. Il est vrai que les amendes en cire payées par les confrères revenaient à Notre-Dame de Dusenbach, au moins depuis 1606 (BERNHARD, p. 349), mais c'est le seul lien vraiment attesté entre cette confrérie et le pèlerinage.
          Indulgence(s) :
          • Partielle
            A la fin du 15e siècle, la sacristie de Dusenbach contenait une boîte pleine de lettres d'indulgences – sans autre précision (RAPP, Le pèlerinage de Dusenbach, p. 199).
          Compléments sur le culte :
          Les comptes de la fin du XVe siècle mentionnent la fabrication d'insignes pour le pèlerinage de Dusenbach. Dans une liste de bijoux de 1497 apparaissent un insigne de pèlerinage de Sainte-Anne et un insigne en laiton de la Vierge (ADHR E 2722/11). En 1503, trois insignes provenant de Notre-Dame de Lorette sont accrochés à l'image miraculeuse ("drei zeichen hangen an Unser lieben Frowen, sind nit silbern, von Unßer Frowen zu Loret" : ADHR E 2722/9b). Smassmann von Rappoltstein (Maximin de Ribeaupierre), un cadet qui depuis 1483 administre le pèlerinage avec grand zèle, offre en 1494 une croix d'argent valant 40 florins, dans laquelle étaient enchâssées de nombreuses reliques, notamment des saints Jean-Baptiste, Nicodème, Ursule, Pétronille, des 11 000 Vierges et des Saints Innocents. Les « frères » faisant office de sacristains doivent procéder à l'ouverture des retables lors des quatre grandes fêtes mariales, le 25 mars, le 15 août, le 8 septembre et le 8 décembre, au jour anniversaire de la consécration de l'église et aux fêtes des douze apôtres. Ces dispositions comptent parmi les rares témoignages sur le maniement des retables à volets à la fin du Moyen Age dans l'aire culturelle germanique.

          L'ÉDIFICE

          Description :
          Après les destructions de 1632 et 1794, il est difficile de se faire une idée des édifices antérieurs. Les plus anciennes représentations du site sont les gravures d'Aubry (1667, www.bnu.fr/videodisque/25/NIM25707.jpg&MODE=HI; Bernhard, p. 302, et Büsemeyer, p. 66, ne reproduisent qu'une lithographie du 19e s. qui n'est pas entièrement fidèle à l'original) et de Fr. Walter (1785, dans ses Vues pittoresques de l'Alsace). Elles le figurent de façon assez différente, mais on voit mal si cela tient plus à la maladresse d'Aubry ou aux transformations de 1760. Toutes deux figurent trois lieux de culte. Chez Aubry, la chapelle de la Dormition, isolée, est de plan simplement rectangulaire, avec de grandes fenêtres en plein cintre ; on la supposera postérieure à 1632. Les chapelles de la Vierge et du Saint-Sépulcre forment un seul bâtiment, au plan en L, derrière lequel apparaissent le haut d'une tour indiquée comme « la prison du Christ » et la « grande église ». La chapelle de la Vierge a une fenêtre à remplage à mouchettes (fin 15e s.), celle du Saint-Sépulcre et la « grande église » des remplages de type Renaissance. La grande église et la chapelle de la Dormition ont chacune un campanile. Un peu à l'écart, la « maison neuve », à deux niveaux sur cave, doit être destinée aux desservants et à l'accueil des pèlerins. Le cadre naturel est si mal rendu (on ne voit rien du vallon étroit) qu'il est difficile de mettre ces bâtiments en rapport avec ceux d'aujourd'hui. En revanche, sur la vue de Walter, prise de l'aval, on reconnaît à peu près les bâtiments actuels et surtout ceux que figure la maquette de la ruine réalisée peu avant 1894 et aujourd'hui exposée dans la « grande église ». Ce sont, du S au N : l'actuelle chapelle de la Vierge, choeur au S, époque gothique tardive, voûtée d'ogives (les départs de nervures se voient sur la maquette) ; un bâtiment couvert d'un toit à demi-croupe (l'actuelle « chapelle des confessions »), à l'extrémité Nord de laquelle fait saillie le choeur, orienté, d'une troisième chapelle (auj. du Saint-Sépulcre ; ces deux chapelles sont ouvertes l'une sur l'autre) ; au fond, un bâtiment à toit à croupe, avec au RC de hautes fenêtres en plein cintre et à l'étage des fenêtres rectangulaires – sûrement destiné aux desservants ; il a aujourd'hui un étage de plus. Plus au N, la maquette figure les restes d'un autre bâtiment (masqué par le précédent sur la vue de Walter). A son emplacement s'élève aujourd'hui la « grande église », construite avec faste par l'architecte Ch. Winkler et achevée en 1903 : choeur au N, trois nefs voûtées d'ogives et séparées par des colonnes en granit poli. Si cette église est bien plus grande que celle à laquelle elle succède, la reconstruction des autres bâtiments en 1894 s'est manifestement voulue à l'identique ; les culots des nervures des voûtes, et le bas de ces dernières, sont d'ailleurs anciens, ce qui montre qu'on a construit sur les murs encore existants.
          Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
          • Autre (XVe siècle)
            Intitulé: Mont des Oliviers, Calvaire, cachot du Christ, Sépulcre. Datation: fin XVe/début XVIe siècle En plus de la chapelle dédiée à la Vierge, il y avait une chapelle Sainte-Catherine, une chapelle Saint-Wolfgang et une chapelle de la Dormition. Smassmann von Rappoltstein (Maximin de Ribeaupierre) a fait un pèlerinage en Terre Sainte en 1483-84. A son retour, la tradition veut qu'il ait souhaité reconstituer à Dusenbach le cadre dans lequel s'était déroulée la Passion du Christ, en s'inspirant des édifices qu'il avait vus à Jérusalem, et qu'à cet effet il ait fait construire un Mont des Oliviers (conservé en mauvais état à côté de l'église paroissiale de Ribeauvillé : Fuchs, p. 271-72) , un Calvaire, un cachot du Christ, un Saint-Sépulcre et une chapelle de la Dormition. On n'en retrouve pas trace dans la comptabilité – lacunaire – qui nous est parvenue. La chapelle Sainte-Catherine semble avoir été entièrement construite entre 1483 et 1494, la chapelle Saint-Wolfgang n'apparaît dans les comptes qu'après 1488, mais on ne sait pas s'il s'agit d'aménagements ou de toute la construction. En revanche, tous les édifices attribués à Smassmann se voient sur la gravure d'Aubry (1667).
          Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
          • Mobilier (XVe siècle)
            Intitulé: deux retables, un sur l'autel de sainte Catherine, un autre sur celui de saint Wolfgang, probablement réalisés par Hans von Rottenburg. Fin: XVeme siècle. Entre 1484 et 1494, Smassmann von Rappoltstein (Maximin de Ribeaupierre) a dépensé 196 florins pour les peintures et les sculptures. Il a consacré plus du tiers des dépenses engagées pour la construction et l'embellissement des chapelles à la décoration intérieure des édifices. Sur les murs de l'église Notre-Dame, une Vierge surmontée d'un double credo des apôtres et des prophètes était représentée.

          HISTOIRE DU SANCTUAIRE

          Origines :
          Date de première mention :
          Initiative de la fondation :
          • Confrérie
          Environnement institutionnel, politique et religieux :
          Initiative de la fondation : un membre de la famille de Ribeaupierre ? les Rappoltstein, famille baroniale attestée depuis le XIIeme siècle, sont à la tête de la plus importante seigneurie de la moitié N de la Haute-Alsace. Leur château se dresse au-dessus de Ribeauvillé, localité dont ils font une ville dans la 2e moitié du XIIIeme siècle. Vers le milieu du XVIeme siècle, les Rappoltstein passent à la Réforme, mais sont empêchés par les Habsburg de l'introduire dans leur seigneurie. Ils s'éteignent en 1673 ; leurs héritiers jusqu'à la Révolution sont les comtes palatins de Birkenfeld (plus tard ducs de Zweibrücken/Deux-Ponts), une branche catholique des Wittelsbach. Dès la fin du Moyen Age, les Rappoltstein résident principalement dans le château qu'ils ont dans la ville de Ribeauvillé ; celle-ci est aussi le siège de l'administration de leur seigneurie. Ribeauvillé est une paroisse ancienne (Saint-Grégoire) ; on y trouve depuis 1297 un couvent d'Ermites de Saint-Augustin et une prévôté clunisienne, dite le Petit-Saint-Morand (dépendant du prieuré Saint-Morand d'Altkirch), depuis 1352 un reclusoir, depuis 1342 un hôpital, avec une chapelle Sainte-Catherine. On y trouve aussi un grand nombre de chapellenies, une confrérie de la Vierge ("Reitbruderschaft"), attestée dès 1321 et jusqu'au XXeme siècle, et une confrérie Saint-Jacques, attestée en 1482 (M. Barth, Handbuch, c. 1090-94). Le château de Bilstein, où une image de la Vierge fait des miracles en 1337, se trouvait à 2 km au SW de Dusenbach et à 3 km des châteaux des Rappoltstein. Le comte de Würtemberg, propriétaire de Bilstein, avait offert l'image miraculeuse à la chapelle Notre-Dame de sa ville de Riquewihr (à 3,5 km au S de Ribeauvillé). La concurrence traditionnelle des seigneuries voisines de Rappoltstein et de Horburg-Würtemberg se manifeste aussi dans le fait que chacune a son pèlerinage.
          Phases d'évolution :
          De 1311 à 1313, « frère Wigerich, responsable de la chapelle N.-D. de Dusenbach », achète pour elle des rentes (RUB I, p. 212 n° 295 ; RUB I, p. 221 n° 308). Quand Notre-Dame de Dusenbach apparaît dans les sources, c'est un ermitage qui semble prospère, puisque l'ermite a de l'argent à placer. Il n'est pas impossible que cet argent provienne d'un pèlerinage, mais on n'en a pas la moindre preuve. En 1318, Johann von Rappoltstein rachète la rente de 10 ß que son frère feu Heinrich a donnée "an Unserre Frowen cappellen in dem Tussenbach", en mentionnant "der geistliche gute man bruder Wigerich, der vorgenanten cappellen phleger" (RUB I 254-55 n° 346). Puis, on n'a plus de mention de Dusenbach dans RUB jusqu'en 1378, date à laquelle Jeanne de Blâmont, dame de Hohrappoltstein, lègue entre autres "aux ermites de Tousambache 2 fl." (RUB IV 541 n° 1149). Puis les sources sont à nouveau silencieuses jusqu'en 1471, où sont mentionnées la confrérie et deux ventes de rente à Wilhelm von Rappoltstein « en tant qu'administrateur de l'ermitage N.-D. du Dusenbach » (RUB IV 486 & 505 n° 1054 & 1087). Les travaux et embellissements débutés par Smassmann von Rappoltstein à la fin du XVeme siècle donnent un nouvel élan au pèlerinage. A partir du 2e quart du XVIeme siècle, il décline, entre autres du fait de l'hostilité des Rappoltstein devenus protestants. Après les destructions de la Guerre de Trente Ans, les chapelles sont rebâties vers 1656-67, ainsi qu'une maison pour la desserte du pèlerinage, assurée par les Ermites de saint Augustin de Ribeauvillé. Par la suite, des paroisses comprises entre Lièpvre au N, Artzenheim à l'E et Colmar au S y vont en procession, des ex-votos sont apportés. En 1760, les chapelles sont rebâties ou restaurées. Les bâtiments sont détruits en 1794, mais la Pietà est mise à l'abri et exposée après la Révolution en l'église de Ribeauvillé. L'évêché de Strasbourg rebâtit les bâtiments en 1894 et, en 1904, confie le pèlerinage aux Capucins, qui l'ont desservi jusqu'en 2009.
          Evénements marquants :
          • Invasion (1632)
            Dévasté par les troupes suédoises en 1632 (GERARDIN D., Hospices et hôpitaux à Ribeauvillé des origines à l'annexion allemande (v. 1264-1871),Thèse de médecine, Strasbourg, 1995, p . 90 : les matériaux de la destruction de la léproserie en 1644/45 ont été en partie utilisés pour reconstruire Dusenbach).
          • Reconstruction (1684)
            Incendié en 1684 (Fuchs, p. 272, avec source), vendu comme bien national en 1792, démoli en 1794, reconstruit en 1894, confié aux Capucins en 1904.
          Rayonnement(s) :
          • Local
            Les comptes conservés pour la fin du XVeme siècle montrent que le rayonnement du pèlerinage ne dépassait qu'exceptionnellement une bonne vingtaine de kilomètres, soit une journée de marche ; mais ils prouvent aussi que dans cette aire limitée, son attraction était considérable.

          RÉFÉRENCES

          Source(s) :
          • Archives (XVe siècle)
            Archives Départementales du Haut-Rhin (citées ADHR) E 2722. Comptes. Fin XVe/début XVIe siècle.
          Bibliographie :
          • RAPP FRANCIS ET LORENTZ PHILIPPE, «"Un chantier de décoration picturale à la fin du Moyen Age. Le pèlerinage de Dusenbach (1489-1492)" », in Bibliothèque de l'Ecole des Chartes 162, 2004, p. 217-230.
          • BüSEMEYER HARTWIG, Das Königreich der Spielleute, Reichelsheim, Verlag der Spielleute, 2003.
          • RAPP FRANCIS, «"Le pèlerinage de Dusenbach et Maximin II de Ribeaupierre », in Revue d'Alsace 128, 2002, p. 193-213.
          • FUCHS MONIQUE, La sculpture en Haute Alsace à la fin du Moyen Age, Strasbourg, 1987.
          • LEVY JOSEPH, Die Wallfahrten der Mutter Gottes im Elsaß, Colmar, Alsatia, 1929, p. 120-137.
          • ALBRECHT KARL, Rappoltsteinisches Urkundenbuch (5 vol.) (cité : RUB), Colmar, 1891-1899.
          • BERNHARD BERNARD, Recherches sur l'histoire de la ville de Ribeauvillé, Ribeauvillé, 1888.
          • BARTH MEDARD, Handbuch der elsässischen Kirchen im Mittelalter, Strasbourg, Société d'histoire de l'Eglise d'Alsace, p. 310, 1090-1094.
          Etude(s) universitaire(s) :

          PHOTOGRAPHIES LIÉES

          Objet de dévotion :
          • Vierge de Dusenbach - CLEMENTZ ELISABETH
          • Vierge de Dusenbach - CLEMENTZ ELISABETH
          Edifice :
          • Dusenbach - CLEMENTZ ELISABETH
          Autre :

          À PROPOS DE L'ENQUÊTE

          Enquêteur :
          • CLEMENTZ Elisabeth
          Rédacteur :
          • CLEMENTZ Elisabeth
          Date de l'enquête :
          2009
          Date de rédaction de la fiche :
          2012
          Etat de l'enquête :
          Complète
          Pour citer cette ficheCLEMENTZ Elisabeth, « Notre-Dame-de-Dusenbach », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
          url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/424/notre-dame-de-dusenbach, version du 16/11/2012, consulté le 20/08/2017