INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

Retour à la liste des sanctuaires

Notre-Dame-d'Unterlinden

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-d'Unterlinden
Période d'activité :
1230 - 2017
Commune :
Colmar
Département :
Haut Rhin
1) Saint Luc peint l'image de la Vierge. Un peintre la copie pour un Dominicain debout derrière lui. 2) Ce dominicain apporte cette image aux Dominicaines d'Unterlinden. La soeur au bras paralysé est guérie (BMColmar Ms. 495, f°1r-v).

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Colmar
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Strasbourg (1801 - 2017)
Ancien: Bâle (1230 - 1789)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Martin-de-Colmar (1230 - 2017)
Ancienne: Saint-Martin-de-Colmar (1230 - 2017)

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
193 m
Compléments :

Colmar est situé en plaine, au confluent de l'Ill et de la Lauch, à proximité des collines sous-vosgiennes et du débouché de la vallée de la Fecht.


Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Compléments :

Dans le sens N-S, Colmar se trouve sur la route de l'Ill et à proximité de celle du piémont vosgien ; dans le sens E-O, la ville est sur un axe venant de Lorraine par le col du Bonhomme et gagnant le Brisgau par le pont de Brisach. C'est à partir de Colmar que l'Ill est navigable.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-d'Unterlinden (1230 - 2017)
Compléments :
Pèlerinage à la Vierge dans le couvent Saint-Jean des Dominicaines d'Unterlinden (aujourd'hui musée Unterlinden).
Type de lieu de culte :
Couvent
Nom du lieu de culte :
Unterlinden
Saints patrons :
  • Jean-Baptiste (1232 - 2017)

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Vierge
Nature de l'objet :
Peinture murale
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Sur un jubé qui n'existe plus, et qui s'allongeait au-dessus des deux premières travées occidentales de la nef.
Datation de l'objet :
Compléments :
D'après le Liber miraculorum, cette image avait été apportée à Unterlinden par « un provincial [dominicain] de Saxe » (ipsam ymaginem transmisit nobis quidam provincialis de Saxonia – das[heilige bilde] bracht gen Under Linden ein furnemiger man, do zu mal ein provincial von Sassenlant). Au XVe siècle, Elisabeth Kempf, prieure d'Unterlinden de 1469 à 1485, identifia le donateur au Saxon Hermann von Havelberg, qui fut deux fois prieur provincial de Teutonie, province à laquelle appartenait Unterlinden, de 1251 à 1254 et de 1260 à 1265. Il accompagnait sa nièce Gertrud lorsque celle-ci entra dans la communauté d'Unterlinden. L'image pourrait avoir fait partie de la dot de Gertrud, mais rien ne le prouve de façon certaine. Le Liber miraculorum précise encore que l'image miraculeuse d'Unterlinden a été réalisée d'après le modèle de l'image miraculeuse peinte par saint Luc (BMColmar Ms. 495, f°6r). Une fois ses pouvoirs miraculeux découverts, l'image fut placée sur une planche posée sur deux gros clous plantés dans le mur. Mais l'image n'était pas satisfaite de cet emplacement. Elle s'adressa à une soeur et lui demanda de préparer un autel avec l'aide d'une autre. Quand les deux soeurs arrivèrent près de l'image, les deux clous se brisèrent et l'image tenait toute seule à l'endroit où se trouve maintenant l'autel de la Vierge sur le jubé ("Ibid"., f° 7r-7v).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Miracles :
L'image rapportée par le provincial a été accrochée quelque part dans le couvent sans qu'on y prête vraiment attention. Un jour, une soeur paralysée du bras touche l'image et demande la guérison à la Vierge. A l'instant, son bras craque comme un morceau de bois, et elle fut entièrement guérie (BMColmar Ms. 495, f°6v – 7r). Le Liber miraculorum ajoute, que par la suite, ont eu lieu de nombreux miracles, mais il ne les rapporte pas. Les autres miracles consignés ont trait à l'image elle-même : elle désire qu'on lui prépare un autel, les deux clous auxquels elle était accrochée se brisent. Une soeur qui doute des vertus miraculeuses de l'image et se moque de cette dernière est punie : elle perd l'ouïe. Ce n'est qu'après avoir promis d'honorer l'image qu'elle retrouve la santé (« Ibid. », f°10r-v). La même mésaventure arriva à un homme, qui, lui, est frappé de paralysie (« Ibid. », f°11r-v). Par la suite, une autre soeur a des visions : elle voit à trois reprises la consécration et la bénédiction miraculeuses de l'autel faite par des prêtres (Ibid., f°14v-15v). Une autre fois, c'est saint Jean-Baptiste qui apparaît à une religieuse (« Ibid. », f°16r-v). Parmi de nombreux autres miracles (qui ne sont pas relatés dans le Liber miraculorum), la Vierge apparaît à trois religieuses et demande que la fête de la Dédicace [de l'autel sur lequel se trouve son image] sur le jubé soit célébré le jour de celle de la cathédrale de Bâle (« Ibid. », f°21r). Les religieuses souhaitaient avoir des indulgences pour cette fête. Il arriva que le jour de la Dédicace, une soeur eut une vision. Elle vit tout le couvent assemblé devant l'image et beaucoup de semences tomber du ciel. Une voix dit : de même qu'il est impossible de compter toutes ces graines, il est impossible de compter les grâces que Dieu le Père accordera à cet endroit à ceux qui honoreront Sa Mère ici. Pour cela, Il accorde 300 jours d'indulgences à la Dédicace, 200 pour les quatre grandes fêtes de la Vierge et 100 jours pour la fête de la Conception de la Vierge (" Ibid.", f°21r-22v). Une autre fois, une soeur eut une vision et vit une cruche d'huile descendre du Ciel sur l'autel. Elle demanda à Dieu ce que cela signifiait. Il lui répondit : l'huile signifie la grâce divine, qui sera accordée à tous ceux qui viennent ici ("Ibid.", f°24v-25r). Une fois, on avait enlevé toutes les statues ("ymagines, bilde") qui se trouvaient sur cet autel. Lorsqu'une soeur monta au jubé, elle entendit un grand murmure. Elle demanda : qu'est-ce que c'est ? On lui répondit : nous sommes les saints qui avons été enlevés de l'autel de Notre-Dame et nous demandons à y retourner ("Ibid.", f°25r-25v). Il arriva qu'une soeur se trouvait devant l'autel de Notre-Dame et qu'elle priait : si Dieu voulait que quelqu'un me donne quelque chose, je l'offrirai volontiers pour décorer cet autel. Elle entendit alors une voix qui lui dit : tous ceux qui M'honoreront ici et donneront quelque chose pour la décoration de l'autel, Je les honorerai et les décorerai au Ciel ("Ibid.", f°28v-29r). Il est également de notoriété publique que beaucoup de gens ont obtenu en cet endroit la rémission de leurs fautes ("Ibid.", f°29r). Le Liber miraculorum se termine en précisant que de nombreux autres miracles ont eu lieu en cet endroit, de nombreux malades ont été guéris ici ("Ibid.", f°29r). Malheureusement l'ouvrage ne précise pas de quelles maladies il s'agit.
Type(s) de motivation :
    Recours :
      Jour(s) de fête :
        Type de fréquentation :
        Compléments sur les fréquentations :
        Jours de fêtes : les quatre grandes fêtes de la Vierge (Nativité, Assomption, Présentation, Annonciation), la fête de la Conception et la Dédicace (voir aussi rubrique indulgences).
        Les miracles évoqués dans le Liber miraculorum sont également représentés sous forme de miniatures.
        Pratiques individuelles :
          Pratiques en présence du clergé :
            Ex voto :
              Confrérie(s) :
                Indulgence(s) :
                • Partielle (1348)
                  Une indulgence de 40 jours est accordée pour toutes les fêtes de la Vierge et pour l'octave de ces dernières. Elle est également accordée pour la fête de saint Michel, saint Erhard, saint Dominique et saint Thomas qui sont les co-patrons de l'autel de la Vierge et pour leur octave, pour Noël, Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, la Fête-Dieu, le Vendredi Saint, la Transfiguration, les jours des 12 apôtres, des évangélistes, de saint Jean-Baptiste, de sainte Marie-Madeleine, de sainte Anne et de saint Antoine, le jour de la Dédicace et les octaves de tous ces jours (BMColmar Ms. 495, f°41r-v).
                • Partielle (1348)
                  A chaque fois qu'on dira 5 Ave Maria en l'honneur de cet autel, on obtiendra 5 jours d'indulgences (BMColmar Ms. 495, f°42r).
                • Partielle (1519)
                  Le 14 mai 1519, douze cardinaux procurent aux Dominicaines d'Unterlinden une indulgence attachée à « une certaine image de la Vierge Marie qui, selon ce qu'on dit, est semblable aux images de la même Marie faites par saint Luc l'évangéliste, et qui est très constamment honorée par les dites soeurs » (HAMBURGER J.F., « Le Liber miraculorum d'Unterlinden : une icône dans l'écrin de son couvent », dans : Les Dominicaines d'Unterlinden, Paris, 2000, p. 205. L'auteur précise que cette indulgence est conservée à la Burke Library de l'Union Theological Seminary à New-York, Ms. 67, sans donner plus de précisions).
                Compléments sur le culte :
                L'image s'est transportée « miraculeusement » chez les Dominicains de Colmar « après peu d'années » ("quod post paucos annos hec Ymago se miraculose transferre debebit ad conventum fratrum ordinis predicatorum ": BMColmar Ms. 495, f°42v). f°42v).

                L'ÉDIFICE

                Description :
                L'église du couvent d'Unterlinden, consacrée par Albert le Grand en 1269, se compose d'une nef plafonnée de quatre travées, d'une longueur de 24,5 m et d'un choeur de sept travées voûtées d'ogives terminé par une abside à cinq pans d'octogone, d'une longueur de plus de 31 m sur une hauteur d'un peu moins de 13 m sous clé et d'une largeur d'environ 8,6 m. Ce type d'abside à croisée d'ogives retombant sur des colonnettes se retrouve dans les églises des Dominicains de Bâle (1261-1269) et de Colmar (1283-1291). Au Moyen Âge, la nef et le choeur étaient séparés par un jubé adossé à l'arc triomphal du côté de la nef (GATINEAU B., « L'architecture du couvent d'Unterlinden du 13e au 19e siècle », dans :" Les Dominicaines d'Unterlinden", Paris, 2000, p. 75-88, ici p. 78-82).
                Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
                  Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
                  • Autel
                    Autel de la Vierge. L'image miraculeuse était placée in "ambone sub testitudine chori ; uff dem gewelbe der bore kilchen" (BMColmar Ms. 495, f°5v). Généralement le mot borkilchen désigne la tribune. Ici il pourrait désigner le jubé, (qui d'habitude se dit lettner ), d'autant qu'"ambo" peut aussi avoir ce sens. L'existence du jubé est prouvée par d'autres sources. Le tableau était en relation avec un autel. On ignore comment l'accès des pèlerins et des fidèles qui affluaient pour prier devant le tableau pouvait être organisé sans que leur présence constitue une infraction à la règle de la clôture ; en outre, comme les moniales entendaient bien profiter elles aussi du pouvoir miraculeux de « leur » tableau, il nous faut supposer que le public était à certains moments exclu, l'accès étant alors réservé aux seules religieuses (JÄGGI C., « Architecture et disposition liturgique des couvents féminins dans le Rhin supérieur aux 13e et 14e siècles », dans : "Les Dominicaines d'Unterlinden", Paris, 2000, p. 89-107, ici p. 95-97).

                  HISTOIRE DU SANCTUAIRE

                  Origines :
                  Date de première mention : 1230
                  Initiative de la fondation :
                  • Laïc isolé
                  Environnement institutionnel, politique et religieux :
                  Initiative de la fondation : vers 1230, deux nobles dames, Agnes von Mittelnheim et Agnes von Hergheim, fondent un couvent à Colmar au lieu-dit Unterlinden ("sub tilia", sous le tilleul). En 1232, elles le transfèrent au lieu-dit Ufmülin, hors de la ville au nord-ouest, mais reviennent à Unterlinden (entre-temps intra-muros) en 1252. En 1245, elles sont intégrées à l'ordre dominicain (EICHENLAUB J.L., « Les grandes lignes de l'histoire du monastère d'Unterlinden », dans : "Les Dominicaines d'Unterlinden", Paris, 2000, p. 18- 23, ici p. 19). Colmar devient une ville dans le 1er tiers du XIIIe siècle. C'est bientôt, à égalité avec Haguenau, la plus grande ville d'Alsace après Strasbourg. Sa prospérité repose sur le commerce du vin. La seconde enceinte urbaine, commencée avant 1251 et achevée au XIVe siècle, englobe près de 60 ha. Sa population est estimée à près de 6 000 âmes en 1495. Ville impériale, elle jouit d'une large autonomie. Depuis le milieu du XIVe siècle, les représentants des 20 corporations (réduites à 10 en 1521) sont majoritaires au Conseil, où le rôle de la noblesse décroît encore au XVe siècle. Colmar a deux paroisses : Saint-Pierre, minuscule, siège d'un petit prieuré clunisien, et Saint-Martin, siège depuis 1234 d'un chapitre séculier, et qui englobe presque toute la ville. Les Franciscains y ont un couvent avant le milieu du XIIIe siècle, les Dominicains depuis 1278, les Ermites de saint Augustin depuis 1316. Après Unterlinden (milieu XIIIe s.), un second couvent de Dominicaines, Sainte-Catherine, est fondé en 1310.
                  Phases d'évolution :
                  Evénements marquants :
                  • Transfert (1252)
                    En 1252, les soeurs d'Unterlinden s'installent à l'intérieur des remparts de la ville de Colmar.
                  • Réforme (1418)
                    En 1418, la réforme est introduite à Unterlinden par des Dominicaines venues de Schoenensteinbach.
                  Rayonnement(s) :

                    RÉFÉRENCES

                    Source(s) :
                    • Recueil de miracles (XVe siècle)
                      Livre de miracles. Bibliothèque Municipale de Colmar, Ms. 495 Petit livret d'environ 12,5 cm sur 9, 42 folios, 12 illustrations.
                    Bibliographie :
                    • Les Dominicaines d'Unterlinden, II, Somogy, éditions d'Art, 2001.
                    • Les Dominicaines d'Unterlinden, I, Somogy, éditions d'Art, 2000.
                    • INGOLD A.M.P., «Le liber miraculorum d'Unterlinden », in Miscellanea Alsatica, III, 1897, p. 99-116, 283-285.
                    Etude(s) universitaire(s) :

                    PHOTOGRAPHIES LIÉES

                    Objet de dévotion :
                    • 1) Saint Luc peint l'image de la Vierge. Un peintre la copie pour un Dominicain debout derrière lui. 2) Ce dominicain apporte cette image aux Dominicaines d'Unterlinden. La soeur au bras paralysé est guérie (BMColmar Ms. 495, f°1r-v). - CLEMENTZ E. - 2001
                    Edifice :
                    Autre :

                    À PROPOS DE L'ENQUÊTE

                    Enquêteur :
                    • CLEMENTZ Elisabeth
                    Rédacteur :
                    • CLEMENTZ Elisabeth
                    Date de l'enquête :
                    2011
                    Date de rédaction de la fiche :
                    2011
                    Etat de l'enquête :
                    En cours
                    Pour citer cette ficheCLEMENTZ Elisabeth, « Notre-Dame-d'Unterlinden », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
                    url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/421/notre-dame-dunterlinden, version du 17/12/2012, consulté le 17/08/2017