INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Adelphe

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Adelphe
Période d'activité :
1202 - 2017
Commune :
Kingersheim
Département :
Haut Rhin

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Kingersheim
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Strasbourg (1801 - 2017)
Ancien: Bâle (1196 - 1789)
Paroisse :
Actuelle: Kingersheim (1829 - 2017)
Ancienne: Wittenheim (1196 - 1829)

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
220 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Axe de circulation
Château
Cours d'eau
Prieuré
Compléments :

Le prieuré de Schoenensteinbach (Augustines depuis le XIIe siècle, Dominicaines depuis la fin du XIVe siècle) se trouve à 4 km au NW; au XVe siècle encore, il était situé dans la forêt (MEYER, p. 49 évoque "das wald closter", le couvent dans la forêt). Le château de Wittenheim (remontant probablement au XIIe siècle) se trouve à 2km au N., l'Ill coule à 1,5 km à l'E., et la route de Mulhouse à Colmar traverse aujourd'hui le village (son tracé médiéval n'est pas connu).


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Adelphe (1202 - 2017)
Compléments :
Entre 1196 et 1202, l'évêque de Strasbourg donne aux Augustines de Schoenensteinbach l'église paroissiale de Wittenheim et sa filiale de Kingersheim, donation confirmée par l'évêque de Bâle (charte sans date mal éd. par DIETLER, "Schoenensteinbach", p. 69-70, qui la date arbitrairement de 1200). Innocent III confirme cette donation en 1202 (WENTZCKE P., "Regesten der Bischöfe von Strassburg I", 1908, n°736).
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Saint-Adelphe
Saints patrons :
  • Adelphe (1446 - 2017)
Compléments :
Chapelle de Kingersheim, filiale de l'église paroissiale de Wittenheim.
On lit dans toute la bibliographie que la chapelle Saint-Adelphe de Kingersheim est attestée lors d'un litige sur les offrandes qui lui sont faites, entre le couvent de Schoenensteinbach et les nobles de "Swaztzenstelen" [famille inconnue, nom certainement déformé] en 1238 (d'après MEYER J., "Buch der Reformacio Predigerordens [XVe siècle], éd. REICHERT B.M., 1908-1909, p. 17), ou de Wasserstelzen [nom attesté, mais beaucoup plus tard] en 1235 (d'après DIETLER, "Schoenensteinbach", p. 98-100). En fait, le texte évoque un litige "sur les offrandes [à saint Adelphe] et la taille en grain à Kingersheim" ("von des oppffers wegen und des bankorns von Kungershaim wegen, plus loin "das oppffer sancte Adolff und das bankorn : MEYER , p. 17), mais rien ne prouve que ces offrandes, elles aussi, se fassent à Kingersheim. Il n'est pas impossible qu'à cette date, elles aient encore lieu à Schoenensteinbach (cf. infra), sinon, on comprendrait mal pourquoi c'est à l'église de Schoenensteinbach (et non de Kingersheim, comme on l'a écrit par erreur, cf.infra) que l'archevêque de Besançon octroie des indulgences en 1253 pour la fête de saint Adelphe (DIETLER, "Schoenensteinbach", p. 108-09). Lorsque les religieuses chassées de Schoenensteinbach par l'invasion des Armagnacs, y reviennent en 1446, elles s'arrêtent à la chapelle Saint-Adelphe de Kingersheim et chantent une messe en l'honneur de leur saint patron, saint Adelphe ("Also koment sy for, e sy in das closter furent, zu der capellen s. Adolfs des dorffes zu Küngershaim. Da sungen die selben swöstren ain mess von irem lieben hussherren und vatter s. Adolff : MEYER, p. 48-49). C'est la première mention du patronage de saint Adelphe à Kingersheim, qui n'est sans doute pas le vocable primitif, puisque tout indique qu'une relique de saint Adelphe n'est parvenue à Kingersheim que bien après 1200 (IV. 7 et V.13).

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
relique de saint Adelphe
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Datation de l'objet :
Compléments :
Au XVe siècle, MEYER, p. 16, écrit qu'au début du XIIIe siècle, la ferveur des soeurs de Schoenensteinbach était telle que les saints "souhaitaient habiter chez elles, comme on le lit en particulier du saint évêque Adelphe, qui était devenu leur patron, comme l'écrivent leurs anciens livres" ("der och ir patron ist worden, also in iren alten buchern geschriben stat von im"). Une supplique des religieuses en 1518 précise que les reliques de saint Adlephe leur seraient parvenues miraculeusement et ont donné lieu à un grand pèlerinage ("nun ist ein grose vart zu...sant Adolff, der...mit sinem heiligen lichnam begert hat zu ruwen Schoenensteinbach und sin heiliges heiltum wunderbarlich dar ist kumen, dovon vil zu schriben wer": [anonyme], "Les Dominicaines de Schoenensteinbach et les sires d'Andlau", in Curiosités d'Alsace 2, 1861-1862, p.248). Au XVIIIe siècle, DIETLER, "Schoenensteinbach", p. 80-84, prétend que c'est Friedrich, ancien chanoine de Marbach, devenu prévôt de Truttenhausen, qui en 1216 aurait obtenu de l'abbaye de Neuwiller (voir V.2) un doigt du saint pour Schoenensteinbach (ce couvent, comme celui de Truttenhausen, dépendait de Marbach). Ce prévôt Friedrich est effectivement attesté en 1214 (Ph. A. GRANDIDIER, "oeuvres historiques inédites, III 280 n°227). Il est indéniable qu'au départ, les reliques de saint Adelphe appartenaient à Schoenensteinbach. A la fin du XIVe siècle, lorsque ce couvent, après une période d'abandon, passe aux Dominicaines, celles-ci se plaignent que les chanoines de Marbach ne veulent pas leur rendre les reliques de saint Adelphe (MEYER, p. 38-39). Un fragment de cette relique a dû passer à Kingersheim, certainement avant 1430, puisque c'est à cette date qu'y est mentionnée pour la première fois une foire (déjà existante) qui n'a pu naître que du pèlerinage (VII.3).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
En Alsace, le saint est toujours appelé Adolf et non Adelphe. D'après une "Vita" rédigée au IXe siècle et que les "Acta Sanctorum" qualifient de légendaire, Adelphe aurait été le Xe évêque de Metz, dans l'Antiquité tardive. On le fête le 29 août. Au IXe siècle, son corps est transféré à l'abbaye de Neuwiller (Bas-Rhin), qui devient un lieu de pèlerinage fréquenté et qui cède à plusieurs reprises des fragments de reliques à des abbayes importantes comme Einsiedeln et Lucelle (G. WEILL, "le rayonnement d'un pèlerinage alsacien", Revue d'Alsace, 96, 1957, p. 133-140). Il faut admettre que c'est de la même façon qu'un autre fragment est parvenu à Schoenensteinbach.
Miracles :
Les miracles sont évoqués dans un texte de 1518 :..."[saint Adelphe], qui aujourd'hui encore est très honoré et visité par de nombreux chrétiens, et qui fait de grands miracles" ("der noch by disem huttigen tag groeslich geert und heimgesucht wirt von mengen frumen cristen menschen und grose zeichen thut") : [Anonyme], "Les Dominicaines de Schoenensteinbach et les sires d'Andlau", in "Curiosités d'Alsace", 2, 1861-1862, p. 248.
Type(s) de motivation :
    Recours :
      Jour(s) de fête :
      • Adelphe
      Type de fréquentation :
      Pratiques individuelles :
        Pratiques en présence du clergé :
        • Processions
        • Messe
        Ex voto :
          Confrérie(s) :
            Indulgence(s) :
              Compléments sur le culte :
              Pratiques en présence du clergé : Une trentaine de messes sont dites le jour de la saint Adelphe, avec prêche et processions ("wenn sin tag und fest ist, so begond wir in loblicht mit singen und mit lesen, das etwen XXX messen gesungen und gelesen werden, etwen me, und ouch mit dem götlichen wort, und mit procession, die do durch uns verordnet werden [Anonyme], "Les Dominicaines de Schoenensteinbach et les sires d'Andlau", in "Curiosités d'Alsace, 2, 1861-1862, p. 248). DIETLER, "Schoenensteinbach", p. 108, évoque une indulgence de vingt jours que l'archevêque Guillaume de Besançon aurait accordée en 1253 à l'église Saint-Adelphe de Kingersheim ; puis, p. 108-109, il publie sa charte, qui précise explicitement que l'indulgence est accordée à l'église de Schoenensteinbach pour le jour de sa dédicace, qui est celui de la Saint-Adelphe ("...nos omnibus vere penitentibus et confessis qui devotionis causa ad ecclesiam de Steinbach, Basiliensis Dioecesi,s in die dedicationis dictae ecclesiae, nimirum in festo sancti Adolphi, singulis annis accesserint viginti dies de iniuncta sibi poenitentia misericorditer relaxamus). Il semble donc peu probable que la mention des offrandes à saint Adelphe ("sant Adolfs opfer") en 1238 (ou 1235??) concerne l'église de Kingersheim.

              L'ÉDIFICE

              Description :
              La chapelle Saint-Adelphe a été démolie en 1857, et l'église actuelle bâtie entre 1859 et 1861.
              Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
                Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

                  HISTOIRE DU SANCTUAIRE

                  Origines :
                  Date de première mention :
                  Initiative de la fondation :
                  • Religieux
                  Environnement institutionnel, politique et religieux :
                  Il faut supposer que les soeurs de Schoenensteinbach ont déposé à Kingersheim leur relique de saint Adelphe, ou une partie de celle-ci. Kingersheim, qualifié en 1351 de "dorffeli" (petit village), a toujours appartenu aux mêmes seigneurs que Wittenheim, tout comme il fait partie de la paroisse de Wittenheim Depuis 1351 (et sans doute déjà auparavant), les deux villages sont tenus en fief des Habsburg par des lignages de petite noblesse : d'abord les Hus en 1351 (ADBR C 265/6) ; puis à l'extinction de deux branches des Hus vers 1418 et 1430, ils sont partagés entre plusieurs nobles, avant d'appartenir à ceux d'Andlau de 1460 à la Révolution.
                  Phases d'évolution :
                  Evénements marquants :
                  • Foire (1430)
                    En 1430, la foire de Kingersheim rapporte au Grand Bailli [des Habsburg en Alsace] un bénéfice net de 26 livres de Bâle ("Kùngersheim merckt a° [14]30 hat graf Wilhelm der Langtvogt ingenommen, facit 26 lb. ùber kost": ADHR 1C 6128 p. 107). En 1460, Kingersheim et sa foire, jadis engagés à Hans Volker von Sulzbach, sont vendus par ses héritiers à Lazarus v. Andlau (N. MENGUS, "Les sires d'Andlau (fin du XIIe-début du XVIe siècle", 2000, p. 187, n°504). Les Andlau les tiennent en fief autrichien en 1473 (ADHR 2E 6/1/2). 1469 : délits à la foire de la saint Adolf à K. : cf. MOSSMANN X., Cartulaire de Mulhouse III, 1885, p. 381-382, n°1405. Le texte évoque les pèlerins qui viennent à Kingersheim : "ouch etlich ir Gottes fert dahin ze tunde". La supplique des religieuses en 1518 précise que la foire est née du pèlerinage ([Sant Adolff]..."grose zeichen thuot und dornoch vil jor ist ein marckt dorus entsprungen": ("Curiosités d'Alsace", 2, 1861/62, p. 248). 2e m. XVIe.
                  Rayonnement(s) :

                    RÉFÉRENCES

                    Source(s) :
                      Bibliographie :
                      • Winnlen J.C., Schoenensteinbach. Une communauté religieuse féminine 1138-1792, Alsagraphic, 1993.
                      • Barth Medard, Handbuch der elsässischen Kirchen im Mittelalter, Strasbourg, Société d'histoire de l'Eglise d'Alsace, 1960-1963.
                      • Meyer J., «Buch der Reformacio Predigerordens », in Quellen und Forschungen zur Geschichte des Dominikanerordens in Deutschland, 2, Leipzig, Loë P. von, Reichter B.M., 1909.
                      • Dietler S., Chronik des Klosters Schönensteinbach, Guebwiller, J. Von Schlumberger, 1897.
                      • «Les Dominicaines de Schoenensteinbach et les sires d'Andlau », in Curiosités d'Alsace, 2, 1861-1862.
                      Etude(s) universitaire(s) :

                      PHOTOGRAPHIES LIÉES

                      Objet de dévotion :
                      Edifice :
                      Autre :

                      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

                      Enquêteur :
                      • CLEMENTZ Elisabeth
                      Rédacteur :
                      • CLEMENTZ Elisabeth
                      Date de l'enquête :
                      2009
                      Date de rédaction de la fiche :
                      2011
                      Etat de l'enquête :
                      En cours
                      Pour citer cette ficheCLEMENTZ Elisabeth, « Saint-Adelphe », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
                      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/420/saint-adelphe, version du 03/12/2012, consulté le 13/12/2017