INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Thierenbach

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Thierenbach
Période d'activité :
1125-1150 - 2017
Commune :
Jungholtz
Département :
Haut Rhin

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Jungholtz
Hameau/Lieu-dit :
Thierenbach
Diocèse :
Actuel: Strasbourg (1801 - 2017)
Ancien: Bâle (1125-1150 - 1789)
Paroisse :
Actuelle: Jungholtz (1880 - 2017)
Ancienne: Soultz (1125-1150 - 1880)

Site

Type de site :
Altitude :
350 m
Compléments :

Actuellement en bordure de la forêt.


Paysage

Type de couvert végétal :
Forêt
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Prieuré
Compléments :

Couvert végétal : aujourd'hui à la lisière de prairies et de la forêt. Thierenbach se trouve à environ 500 mètres de la sortie du village de Jungholtz, qui s'est formé autour du château à partir de 1259. Le prieuré clunisien se trouvait à côté de l'église de pèlerinage jusqu'à la Révolution. Le château de Jungholtz, attesté depuis 1259 (1220?), se trouvait à environ 500 mètres de l'église et du prieuré. Un ruisseau, le Thierenbach, coule à proximité. Il n'est pas impossible qu'au départ Thierenbach se soit trouvé dans une clairière.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Thierenbach (1125-1150 - 2017)
Compléments :
La fondation du prieuré de Thierenbach semble, à première vue, bien attestée par cinq documents du 2e quart du XIIe siècle (St. Al. Würdtwein, Nova subsidia diplomatica VII, 1786, n°27, 35, 40, 43, 44). Le problème est qu'ils sont tous faux. Néanmoins, par comparaison avec les dates de fondation d'autres prieurés clunisiens dans le Sud de l'Alsace et par d'autres éléments que l'on peut déduire de ces chartes, le prieuré de Thierenbach a probablement été fondé dans le second quart du XIIe siècle (CLEMENTZ E., "Le prieuré et le pèlerinage de Thierenbach", texte de la conférence donnée à Soultz le 3 octobre 2004, "Société d'histoire " Les Amis de Soultz", 84, 2005, p. 3-14 ; Florian LAMKE, "Cluniacenser am Oberrhein: Konfliktlösungen und adlige Gruppenbildung in der Zeit des Investiturstreits" (Forschungen zur oberrheinischen Landesgeschichte 54), Freiburg München, 2009).
Type de lieu de culte :
Prieuré
Nom du lieu de culte :
Thierenbach
Saints patrons :
  • Notre Dame (1135 - 2017)
Compléments :
Date de fondation : 1135 (?) donation à Th. "ob reverentiam Dei genitricis Marie (Nova subs. dipl. VII 95 n°35, acte suspect). 1378 "prioratus s. Marie, Clunic. Ord. : Repertorium Germanicum" 1, 1916, p. 62.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Vierge
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
Hauteur= 110 cm, largeur= 46 cm. Le Christ a une largeur de 85 cm.
Emplacement :
La statue était placée sur le maître-autel de l'église, élevé en 1725. Au début du XXe siècle, cet autel a été déplacé au bout du bas-côté droit de l'église.
Datation de l'objet :
XIVe siècle
Compléments :
Le revers de la statue est évidé et fermé par une planche. Le Christ est sculpté indépendamment de la Vierge. La statue a été restaurée en 1919. Il existe à Thierenbach une deuxième Piéta datée du début du XVIe siècle, mais qui n'est pas l'objet de culte. On ne sait pas depuis quand cette deuxième statue est conservée à Thierenbach (Région Alsace/Service de l'Inventaire et du Patrimoine, dossier de Jungholtz 5 et 6).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Miracles :
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Epizootie
  • Répit
  • Folie
  • Fécondité
Jour(s) de fête :
    Type de fréquentation :
    Compléments sur les fréquentations :
    Jours de fête : fêtes de la Vierge.
    Les archives de Thierenbach ayant brûlé en 1525 et au XVIIe siècle, nous n'avons aucune information sur le culte au Moyen Âge. Les éléments cités dans la rubrique "contexte culte" concernent l'époque moderne et révolutionnaire.
    Pratiques individuelles :
      Pratiques en présence du clergé :
      • Processions
      Ex voto :
      • Tableau (1680)
        Le plus ancien ex-voto conservé est de 1680. L'ex-voto en forme de crapaud est antérieur au 2e quart du XVIIIe siècle, date de reconstruction de l'église. Le plus ancien ex-voto conservé représente la guérison miraculeuse de Georg Dieterle, ancien novice chez les Capucins de Soultz, qui était devenu fou.
      Confrérie(s) :
      • Saint-Jacques (1506)
        La confrérie a été fondée par quatre laïcs, dont le noble Jacob Waldner, en 1506, sur l'autel Sainte-Marguerite de l'église de Thierenbach. le règlement de la confrérie est conservé (ADHR 158J 351-352).
      Indulgence(s) :
      • Partielle 1506 j.
        L'évêque accorde 40 jours d'indulgences aux membres de la confrérie qui respectent les prescriptions de cette dernière.
      Compléments sur le culte :
      Pratiques en présence du clergé : processions. Selon de fausses chartes de 1138 et 1142, connues par une copie de la 1ere moitié du XVIe siècle, les [futures] villes de Soultz et de Rouffach font voeu d'une procession annuelle à Thierenbach. Celle de Rouffach est attestée par un compte de 1532. Un rapport d'inspection de 1625 fait état d'une vingtaine de localités de la Hardt ( à 15-25 km de Thierenbach) qui y viennent en procession. Le pèlerinage est sans doute né dans la 2e moitié du XIVe siècle ou au XVe siècle, car une campagne de fouilles a montré que l'église avait été fortement agrandie au XVe siècle. Le rapport de fouilles précise que la nef avait alors 35 m de long sur 10 à 15 m de large, ce qui en fait un bâtiment aux dimensions respectables. L'essor du pèlerinage date donc très probablement du XVe siècle, car sinon on ne comprendrait pas pourquoi il aurait fallu agrandir dans de telles proportions une église tenue par deux moines.

      L'ÉDIFICE

      Description :
      L'église actuelle a été érigée en 1723 par Peter Thumb, un maître d'oeuvre du Vorarlberg qui sera par la suite l'architecte d'Ebersmünster, de Sankt-Peter im Schwarzwald et de Birnau, au bord du lac de Constance. Le contrat et les plans conservés aux ADHR semblent indiquer que ces documents lui ont été remis par les moines de Thierenbach. Ici, Thumb n'a donc été qu'un exécutant : l'entrepreneur, mais non l'architecte. L'église qu'il érige à Thierenbach est une église-halle, c'est-à-dire que les collatéraux sont aussi élevés que la nef principale. L'église-halle est un parti que l'on ne rencontre que très rarement dans l'oeuvre des maîtres du Vorarlberg, et qui n'est guère en usage dans la région du Rhin supérieur, et tout depuis le XVIIe siècle. Or ce sont des clunisiens franc-comtois qui ont repris possession de Thierenbach en 1692, ce qui explique l'originalité du parti.
      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      • Autre (1680)
        Chaire extérieure. Sur l'ex-voto représentant la guérison miraculeuse de Georg Dieterle est figurée l'église gothique de Thierenbach, remplacée en 1723 par l'actuelle. C'en est l'unique représentation connue.
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
      • Autel (1723)
        Autel de la Vierge. Il existait probablement un autel de la Vierge dans l'église de l'époque gothique.

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1240
      Initiative de la fondation :
      • Seigneur laïc
      Environnement institutionnel, politique et religieux :
      Date de première mention : entre 1125-1150 dans les faux. Première mention sûre : vers 1240. Initiative de la fondation : soit le comte Ulrich von Egisheim, soit le landgrave Werner von Habsburg, selon la manière dont on interprète les faux du XIIe siècle. Le ban de Soultz, dont Thierenbach fait partie, appartenait à l'évêque de Strasbourg, mais les comtes d'Eguisheim y avaient une cour domaniale, et les Habsburg (avoués des biens de l'évêque en Haute-Alsace jusqu'en 1269) possédaient "le domaine de Thierenbach, sur lequel est bâtie une maison" ("allodium de Theirynbach, in quo aedificata est domus"), jusqu'à ce qu'ils le cèdent à l'évêque en 1201. Dans ce contexte, le terme de "domus" ne semble pas désigner le prieuré- mais peut être un château? On ne sait rien d'un château à Thierenbach, si ce n'est qu'une description du prieuré au début du XVIIIe siècle évoque un colombier, curieusement entouré de profonds fossés ; mais cet indice est par trop ténu. En revanche, à 500 m de Thierenbach, le château de Jungholtz est attesté depuis 1259, et probablement dès 1220 par la mention de chevaliers de Jungholtz. Ceux-ci n'apparaissent en rapport avec Thierenbach dans aucun texte connu, mais on voit mal comment ils auraient pu bâtir un château si près du prieuré sans l'aval de l'avoué. Cependant, les Jungholtz sont des ministériaux des Ferrette (héritiers d'Ulrich von Egisheim), non des Habsburg (propriétaires de la "domus" avant 1201), ni de l'évêque, de sorte que l'origine de leur château reste inexpliquée. Au XVe siècle, l'évêque est toujours seigneur de Soultz, mais on ignore encore à qui est l'avouerie de Thierenbach. Les Jungholtz se sont éteints, leur château (fief épiscopal depuis 1259) est passé à d'autres familles de petite noblesse, principalement les Rodersdorf jusqu'en 1447 et les Schauenburg depuis 1469. Ces nobles sont au service des Habsburg qui, par hostilité à l'évêque, les soutiennent lorsqu'ils mènent la vie dure aux habitants de Soultz. Thierenbach est donc en permanence à la limite de seigneuries dont la rivalité ne s'apaise pas avant le XVIe siècle.
      Phases d'évolution :
      Evénements marquants :
      • Destruction
        L'église a été endommagée au courant de la 1ere guerre mondiale, car elle se trouvait au pied du Vieil-Armand.
      • Pillage
        Le couvent a été incendié lors de la guerre des Paysans en 1525 et de la guerre de Trente ans en 1642. Après la guerre de Trente ans, le culte reprend à la suite de la guérison de Georg Dieterle (1680).
      • Voeu collectif (1797)
        En 1797, lors d'une épizootie, la paroisse de Wattwiller fait le voeu de venir en pèlerinage à Thierenbach pour obtenir la guérison du bétail.
      Rayonnement(s) :
      • Régional (XIVe siècle -> 2017)
        Actuellement, Thierenbach est le plus grand pèlerinage de Haute-Alsace. Son rayonnement est régional. Il semble l'avoir déjà été à l'époque moderne.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      • Archives
        ADHR 6H Date : essentiellement XVIIe-XVIIIe siècles. Fonds du prieuré de Thierenbach (4 cartons)
      Bibliographie :
      • Clementz Elisabeth, «Le prieuré clunisien de Thierenbach (12-18e siècles) et son pèlerinage », in Revue d'Alsace, n°138, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, 2012, p. 27-59.
      • Clementz Elisabeth, «Le prieuré et le pèlerinage de Thierenbach, Texte de la conférence donnée à Soultz le 3 octobre 2004 », in Société d'histoire "les Amis de Soultz, 84, 2005, p. 63-77.
      • Metz, Bernard, «Jungholtz au Moyen Age », in Société d'histoire "Les Amis de Soultz" 76/77, 2000.
      • Brunel Pierre et Leser Gérard, «Découverte d'ex-votos en fer en forme de crapaud à la basilique de Thierenbach », in Cahiers Alsaciens d'Archéologie, d'Art et d'Histoire, 1996, p. 81-87.
      • Schlund Bertrand, «L'ex-voto de 1797 et la procession votive de Wattwiller à Thierenbach », in Annuaire de la société d'Histoire des régions de Thann-Guebwiller, t.16, 1985-1987.
      • Brunel, Pierre, «Thierenbach: un pèlerinage millénaire à la lumière de l'archéologie », in Annuaire de la société d'Histoire des régions de Thann-Guebwiller, t.16, 1985-1986, p. 133-136.
      Etude(s) universitaire(s) :

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      Edifice :
      Autre :

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • CLEMENTZ Elisabeth
      Rédacteur :
      • CLEMENTZ Elisabeth
      Date de l'enquête :
      1989-1995
      Date de rédaction de la fiche :
      2011
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheCLEMENTZ Elisabeth, « Notre-Dame-de-Thierenbach », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/418/notre-dame-de-thierenbach, version du 18/12/2012, consulté le 22/10/2017