INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Verdelais

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Verdelais
Période d'activité :
XVe siècle - 2017
Commune :
Verdelais
Département :
Gironde
Sanctuaire de Verdelais

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Verdelais
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Bordeaux (? - 2017)
Ancien: Bordeaux (XIIe siècle - XVIe siècle)
Paroisse :
Actuelle: Verdelais (XVIe siècle - 2017)
Ancienne:

Site

Type de site :
Coteau
Altitude :
103 m
Compléments :

Altitude comprise entre 2 et 103 mètres.


Paysage

Type de couvert végétal :
Bois
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Axe de circulation
Compléments :

À une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Bordeaux, dans l'Entre-deux-mers, Verdelais se situe non loin de la Garonne dans le canton de Saint-Macaire, à proximité de Langon. À l'arrivée des moines de l'abbaye de Grandmont en 1160 (Charte de donation à l'abbaye), le territoire de Verdelais, dénommé la forêt du Luc, fut aménagé et transformé par les religieux. Ils permirent, grâce aux nombreux travaux (défrichement, assainissement du terrain, construction des chemins et ponts), aux pèlerins de s'y rendre pour vénérer la Vierge Marie. D'un lieu isolé, le petit monastère et sa chapelle, construits au XIIe siècle, restaurés et agrandis au XIVe, au XVIIe et XIXe siècles, donnèrent naissance au sanctuaire de Notre-Dame de Verdelais et contribuèrent à la fondation du village.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Verdelais (XVe siècle - 2017)
Compléments :
L'histoire du nom de ce lieu de pèlerinage demeure floue. Les sources les plus anciennes n'ont pu être consultées. Mais le sanctuaire porte le nom de Notre-Dame-de-Verdelais dès le XVe siècle si l'on se réfère aux sources disponibles comme l'ouvrage du père Claude SALE, "Le Sacré désert de Verdelais", 1674. Selon la tradition, au XIIe siècle, le lieu portait le nom de "La forêt du Luc".
Type de lieu de culte :
Prieuré
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame-de-Verdelais
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1160 - 2017)
Compléments :
À la mort du chevalier ermite, fondateur de l'oratoire destiné au culte marial, les terres furent confiées à l'abbaye de Grandmont. Ainsi érigé par les moines de Grandmont, le sanctuaire devint l'un des prieurés de cette puissante abbaye, sous la protection des Plantagenêts à partir des années 1160, jusqu'en 1550. Ensuite le sanctuaire devient l'église paroissiale du village de Verdelais, dirigée et entretenue par des moines Célestins (1624-1779), des Pères Maristes (1836-1990), des moines Passionistes (1990-2007) et des Pères Marianistes (depuis 2007)

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre Dame de Verdelais
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
h : 89 ; L : 25 ; p : 45
Emplacement :
La statue mariale est exposée au centre du retable, situé derrière l'autel de la nef centrale de la basilique.
Datation de l'objet :
XIVe siècle
Compléments :
La statue de Notre-Dame de Verdelais est une Vierge à l'Enfant assise en majesté. Elle est classée à titre d'objet aux Monuments Historiques depuis 1908. L'Enfant, assis sur le genoux gauche de sa Mère, la contemple en tenant un oiseau entre ses mains. La sculpture de bois présente des restes importants de polychromie. La nature du bois reste à déterminer. La tradition précise que le bois serait du châtaigner. Après observation, il pourrait aussi être du noyer teinté ou de l'orme. Les sources mentionnent la présence d'une statue mariale autour des années 1390. Les analyses effectuées sur la statue, présente actuellement au sanctuaire, n'ont pu suffire à proposer une datation plus précise, ni à démontrer si l'objet de culte présent actuellement date de la fin du XIIIe siècle.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
La tradition veut que le culte marial soit né d'une promesse faite à la Vierge Marie par un chevalier lors de la première croisade en Terre Sainte en 1099. En effet, le chevalier Géraud de Graves aurait fait le souhait, s'il sortait vivant d'une embuscade, de consacrer sa vie à la Mère du Christ. A son retour, il se retira comme ermite dans la forêt du Luc, lieu de Verdelais. Comme il n'était pas rare au XIIe siècle, attiré par la foi et la piété du chevalier devenu ermite, un grand nombre de petites gens s'installa aux alentours afin de l'accompagner dans sa démarche spirituelle de retrait du monde et de consécration à Dieu. La renommée du lieu ne tarda pas à se répandre suite aux nombreuses grâces reçues. Une icône de la Vierge à l'Enfant y aurait été vénérée. En 1112, un premier oratoire est érigé. C'est à partir de la donation des terres de ce lieu en 1160 par le comte Guillaume Amadieu à l'abbaye de Grandmont que le pèlerinage apparaîtrait dans les sources. Le premier miracle serait la guérison en 1190 d'un aveugle-né. Sous la domination anglaise, en 1360, le prieuré du Luc subissait les ravages des troupes de la Guerre de Cent ans. Les frères de Grandmont, présents, cachèrent la précieuse image qui ne fut retrouvée que trente ans plus tard, d'une façon merveilleuse. En 1390, l'évènement du "Pas de la mule" fait naître le pèlerinage. La comtesse Isabelle de Foix, en visite sur ces terres, découvrit sous le sabot de sa mule, la statue miraculeuse. Elle fit remettre en état la chapelle et obtint que quelques moines grandmontains y reviennent. Pendant les guerres de religions, le sanctuaire est de nouveau pillé et incendié. La statue est mise à l'abri, puis égarée. Selon la tradition, elle fut retrouvée en 1605 grâce au mugissement d'un boeuf au pied de l'arbre dans lequel elle était dissimulée. En 1794, une troisième fois la statue est de nouveau mise en danger. Le maire de Verdelais voulut la brûler afin d'éradiquer la dévotion qui lui était rendue. Il tenta de descendre lui-même la statue du retable. Effrayé par une grande lumière, il tomba de l'échelle, n'osa plus s'approcher de l'objet de culte. Il se contenta de fermer l'église. La statue fut alors cachée et sauvée une troisième fois.
Miracles :
Les témoignages des plus anciens miracles offerts par Notre Dame de Verdelais sont recensés dans l'ouvrage du père Proust, "Le Guide des Pèlerins de Notre-Dame de Verdelais contenant les saintes dispositions avec lesquelles on doit y venir", édité cinq fois entre 1700 et 1725. Prêtre célestin, il fut présent à Verdelais entre 1670 et 1722, où il occupa les fonctions de confesseur et sacristain du sanctuaire. Il répertorie les miracles qui ont lieu depuis les origines du pèlerinage jusqu'à son époque (XVIIe siècle). "Des morts ressuscitez, et des malades désespérez qui ont été guéris par l'intercession de Notre Dame de Verdelays [...]Des paralytiques guéris [...]polmoniques [...]Etiques [...]Malades de pleuresies [...]Gouteux[...]Malades d'Apoplexies [...]Malades de colique [...]Femmes enceintes délivrées [...]Fous et frénétiques [...]Pestiférez [...]Ulcères, tumeurs et chancres [...]Possédez [...] Des personnes délivrées du naufrage et d'autres dangers". Les ex-votos conservés au sanctuaire actuellement, datant des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, expriment les demandes d'intercession et remerciements des fidèles pour des consécrations d'enfants, des guérisons de malades et des marins sauvés des naufrages. Lors d'une enquête de l'archevêque de Bordeaux en 1623, Meugine d'Espaigne, originaire de Cadillac, témoigna qu'en 1601, elle se recommanda à Notre-Dame de Verdelais lorsqu'elle n'eut plus, subitement, de lait pour nourrir son enfant. Lors de la même enquête, une femme de Saint-Macaire, Catherine Desquidaux, rapporta qu'en 1616, elle fut sauvée de la mort grâce à un voeu que sa mère avait fait à Notre-Dame. Les autres miracles consignés dans l'enquête de 1623 eurent lieu entre 1620 et 1623. Ils concernent exclusivement des femmes malades ou dont l'enfant n'était pas viable. Après l'enquête de l'évêque et la mise en place d'un règlement, les miracles s'intensifièrent et les miraculés venaient désormais d'horizons plus lointains et les maux guéris sur l'intercession de Notre Dame de Verdelais s'étaient diversifiés. La rumeur joua un rôle important dans la diffusion de la renommée du sanctuaire. Le premier recueil de miracles ne fut imprimé qu'en 1641.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Délivrance
  • Epidémie
  • Grâce particulière
  • Thérapie
  • Voeu
  • Conversion
  • Folie
Jour(s) de fête :
  • Pentecôte
  • Toussaint
Type de fréquentation :
Régulier
Compléments sur les fréquentations :
Jours de fête :
Anniversaire du couronnement de la statue du culte (2 juillet 1856) ; Fêtes mariales ; Grandes fêtes du calendrier liturgique.
Les pèlerinages se font en groupe ou de manière individuelle, à l'occasion des grandes fêtes liturgiques, des fêtes mariales, mais aussi lors de journées ordinaires. Chaque personne, désirant un temps de recueillement, peut demander une rencontre avec un prêtre du sanctuaire, suivre les offices religieux. Il est possible d'organiser une journée de pèlerinage individuel.
Les comptes de recette des troncs de messes pour les années 1623-1625 montrent que la fréquentation pèlerine était plus importante les mois d'été. Une estimation de la fréquentation, à partir de ces mêmes comptes, rend compte d'environ 15000 visiteurs pour la seule année 1624, estimation probablement en dessous de la réalité, mais qui témoigne tout de même d'une ampleur qui ne fut que régionale.
Pratiques individuelles :
  • Pénitence
  • Prières
  • Vêtements
  • Dons
Pratiques en présence du clergé :
  • Bénédictions
  • Communions
  • Confessions
  • Prières
  • Processions
  • Messe
  • Office liturgique
Ex voto :
  • Béquille (XVIIe siècle)
    Béquille.
  • Métal (XVIIIe siècle)
    Aux murs de la basilique, des ex-votos en métal en forme de coeur sont exposés.
  • Tableau (XIXe siècle)
    Les tableaux représentent des navires sauvés du naufrage, des personnes priants la Vierge Marie au pied de malades alités et des enfants en prière se consacrant à la statue du culte.
Confrérie(s) :
  • Confrérie de Notre-Dame de Verdelais (1608)
    La première confrérie de Notre-Dame-de-Verdelais fut reconnue en 1608 par le Cardinal-archevêque de Bordeaux, François de Sourdis, à l'occasion d'une visite pastorale à Verdelais. Organisée par les villageois, après la destruction du sanctuaire pendant les guerres de religions, elle eut pour mission l'entretient du culte de Notre-Dame de Verdelais et la reconstruction des bâtiments en ruines. Elle fut dissoute pendant la période révolutionnaire.
  • Archiconfrérie de Notre-Dame de Verdelais consolatrice des affligés (1846)
    La confrérie réapparut à partir des années 1850. Le Père Chavas, supérieur de la communauté des pères maristes du sanctuaire de Verdelais, rétablit l'Archiconfrérie de Notre-Dame consolatrice des Affligés entre 1846 et 1856.
Indulgence(s) :
    Compléments sur le culte :

    L'ÉDIFICE

    Description :
    Actuellement, le sanctuaire de Verdelais est composé d'une basilique, édifice principal dans lequel est exposée la statue de culte de Notre Dame de Verdelais, d'une hôtellerie, d'un musée et d'un chemin de croix. La construction de l'église a débuté au XIIe siècle, et s'est poursuivie au XIVe, XVIIe et XIXe siècle. Elle se compose d'une nef principale, de style gothique, et de deux collatéraux, ajoutés en 1864. Le choeur est revêtu d'un retable tridentin, derrière lequel une sacristie a été construite au XVIIe siècle, surélevée d'une chapelle de choeur. La nef centrale est flanquée d'un porche sur lequel est placé le portail. Les nefs latérales sont composées de trois travées. Le clocher, construit en 1854 et restauré en 1875, se situe dans la continuité du collatéral sud, à coté du portail occidental.
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    • Autre
      Selon la légende, des modifications sont apportées dès la fin du XIVe siècle au prieuré de Verdelais par les Grandmontains. Le sanctuaire était alors constitué de simples bâtiments d'habitation pour les moines et d'une chapelle à nef unique. Dès 1627, avec l'arrivée des frères Célestins, l'église subit de nombreux aménagements intérieurs (sacristie et retable). Au XIXe siècle, la façade de l'église est restaurée et modifiée avec l'installation du narthex (petit porche) et de quatre statues monumentales. En 1854 un clocher, à sommet de bois, est construit. À partir de 1855, 3 croix plantées sur le Mont Cussol, colline surplombant la basilique, amorcent le chemin de croix, inaugurée en 1864. Le 1er juillet 1869, l'église restaurée est consacrée. Mais en 1870, un feu d'artifice provoque accidentellement l'incendie du dôme du clocher, dont la restauration est terminée en 1875.
    • Statue (XIVe siècle)
      Avant de pénétrer au coeur du village de Verdelais, un premier lieu de recueillement annonce aux pèlerins les récits miraculeux de la statue de culte de la Vierge à l'Enfant. Une reconstitution de l'événement du Pas de la mule, faite de sculptures de taille humaine, matérialise le recouvrement de la statue de la Vierge par la comtesse de Foix sous le sabot de sa mule, à la fin du XIVe siècle.
    • Maisons de pèlerins (XVIIIe siècle)
      Rattachée à la basilique, l'hôtellerie est l'une des dernières parties de l'ancien couvent des Célestins encore dédiées aux pèlerins. Depuis la Révolution française, le cloître et le couvent ont été réaménagés par la municipalité et transformés en musée, école et mairie. Ces bâtiments ont été érigés dès le XVIIe siècle, avant de connaître de nombreuses modifications dues au contexte historique.
    • Croix (XIXe siècle)
      Le chemin de croix et le calvaire dominent la basilique et la commune de Verdelais depuis leur construction dans la seconde moitié du XIXe siècle.
    • Fontaines (XIXe siècle)
      Non-loin, une fontaine représente un tronc d'arbre dans lequel la statue d'une Vierge à l'Enfant est exposée. Cette sculpture évoque l'épisode où la statue de culte fut retrouvée après les guerres de religions. À la fin du XVIe siècle, grâce aux mugissements d'un boeuf, la statue, cachée, puis égarée, fut découverte au creux d'un tronc d'arbre. Cette étape monumentale, à quelques mètres de la basilique destinée au recueillement des pèlerins, fut érigée dans la seconde moitié du XIXe siècle.
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
    • Mobilier (XVIIe siècle)
      Retable tridentin dans lequel est exposée la statue de culte. Il est situé dans le choeur, derrière l'autel principal. Il est construit à l'initiative des Célestins à partir de 1627.

    HISTOIRE DU SANCTUAIRE

    Origines :
    Date de première mention : 1160
    Initiative de la fondation :
    • Seigneur laïc
    Environnement institutionnel, politique et religieux :
    Date de la première mention : Le lieu est attesté à partir de 1160, lors de la donation des terres à l'abbaye de Grandmont. Initiative de la fondation : selon la légende, un seigneur laïc, Géraud de Grave, s'est retiré, en 1112, en ermite à son retour de la première croisade. De nombreux pèlerins vinrent se recueillir à ses côtés et des miracles s'y produirent. Le lieu devient l'un des prieurés de l'abbaye de Grandmont en 1160, par la charte de donation du comte Guillaume Amadieu, seigneur de Saint-Macaire, à la grande abbaye. Environnement institutionnel, politique et religieux : La forêt du Luc, ancien nom du lieu, dépendait des terres du Seigneur de Saint-Macaire, sous autorité du diocèse de Bordeaux. Le sanctuaire fut l'un des prieurés de l'abbaye de Grandmont entre 1160 et 1550. Dès 1625, à la demande du Cardinal-archevêque François de Sourdis, une communauté de pères Célestins prend en charge l'entretien du lieu et l'accueil des pèlerins, jusqu'en 1779 à la suppression de leur ordre. Enfin, à partir de 1838, selon les voeux du Cardinal-archevêque de Bordeaux, Ferdinand-François Donnet, des pères Maristes s'occupent de la gestion du lieu. Ainsi, le sanctuaire demeure aux mains de cette congrégation jusqu'en 1990. Depuis François de Sourdis au XVIIe siècle, le sanctuaire de Verdelais est sous l'autorité des cardinaux archevêques de Bordeaux qui se sont succédé jusqu'à nos jours.
    Phases d'évolution :
    Le succès du pèlerinage de Verdelais débute probablement au XIIe siècle autour de l'aura du chevalier devenu ermite. Prieuré de Grandmont, le lieu aurait accueilli, selon la tradition, un grand nombre de pèlerins, attirés par les miracles opérés par le culte de la statue marial. Cette apogée s'interrompt pendant les débuts de la guerre de Cent Ans. Le sanctuaire est ravagé par les troupes. Les frères de Grandmont abandonnent le petit monastère. Le prieur de la communauté, le père Ithier, s'enfuit à la maison mère en Limousin et y aurait rédigé l'histoire de Verdelais. Le pèlerinage renait de ses cendres après la redécouverte de la statue de culte de Notre Dame par la comtesse de Foix. Elle mit tout en oeuvre pour reconstruire le petit sanctuaire dès la fin du XIVe siècle. La fréquentation du sanctuaire est à nouveau mise à mal lors des Guerres de religions (XVIe siècle). Les bâtiments sont dévastés et la statue mariale cachée pour la seconde fois après avoir été sauvée des flammes. Au tout début du XVIIe siècle, le Cardinal-archevêque François de Sourdis reprend en main le diocèse de Bordeaux et prend grand soin de rétablir les sanctuaires mariaux. Des prêtres de l'ordre des Célestins, à sa demande, reconstruisent et entretiennent les bâtiments. Ils sont aussi en charge de l'accueil des pèlerins. Le sanctuaire renait à nouveau. Les miracles des années 1620-1623 concernent exclusivement des femmes, très souvent des mères en difficulté avec leur enfant. Pour la troisième fois, Verdelais rencontre de grandes difficultés pendant la période révolutionnaire. Le maire de la commune veut éradiquer le culte marial, en supprimant la statue de la Vierge à l'Enfant. Il n'y parvient pas et elle est mise à l'abri. Mais les bâtiments subissent les ravages des révolutionnaires, tombent en ruines et sont vendus. Le Cardinal de Bordeaux, Ferdinand Donnet, parvient après 1850 à faire renaître le pèlerinage en y installant une communauté de prêtres maristes.
    Evénements marquants :
    • Destruction (1337-1453)
      Les campagnes sont ravagées, tour à tour, par les troupes anglaises et françaises, lors de la guerre de Cent Ans, entrainant le départ des Grandmontains et la ruine du couvent.
    • Destruction (1550-1605)
      Après le départ des Grandmontains (1550), la chapelle et le cloître, isolés, tombent rapidement en ruines. Vers 1558, pendant les guerres de religion, la chapelle est pillée ainsi que le monastère. Les ornements liturgiques et les livres sont brûlés. La statue mariale aurait été jetée au milieu des flammes sans être endommagée. Des villageois l'emportèrent pour la cacher. Elle fut retrouvée au creux d'un arbre, grâce aux mugissements d'un boeuf, quarante ans plus tard, en 1605.
    • Reprise du culte (1625-1779)
      Le Cardinal de Sourdis demande à l'ordre des Célestins qu'une communauté puisse s'installer à Verdelais pour prendre en charge le sanctuaire de Verdelais, procéder à sa restauration et à l'accueil des pèlerins. Le succès du pèlerinage de Notre Dame de Verdelais renait à nouveau jusqu'à la suppression de l'ordre en 1779.
    • Vente (1789-1794)
      Confiscation et vente des biens du sanctuaire. Tentative de destruction de la statue miraculeuse de Notre Dame de Verdelais. Durant la Révolution française, les édifices religieux sont mis à mal. Les biens mobiliers et immobiliers du sanctuaire sont vendus aux enchères. En 1794, le maire de Verdelais veut supprimer la statue de culte. Elle fut sauvée pour la troisième fois. Après la période révolutionnaire, la fréquentation du sanctuaire périclite. L'ensemble des bâtiments tombe progressivement en ruine.
    • Reprise du culte (1838-1925)
      L'archevêque de Bordeaux, Monseigneur d'Aviau, parvient à racheter le couvent et le cloître au début du XIXe siècle, sans pouvoir relancer la fréquentation du sanctuaire. Ensuite en 1838, le Cardinal-archevêque de Bordeaux, Ferdinand Donnet confie le pèlerinage et la paroisse de Verdelais aux Pères Maristes. Ils entretiennent les bâtiments et accueillent les pèlerins. Puis, en 1856, le pape Pie IX offre deux couronnes d'or pour la statue de la Vierge à l'Enfant. Son couronnement eut lieu le 2 juillet 1856 et permit de réunir plus de 30 000 pèlerins. En 1925, l'église est élevée au rang de basilique mineure, ce qui marque l'importance du lieu de pèlerinage.
    Rayonnement(s) :
    • Local (1112 -> 1300)
      Le chevalier Géraud de Grave se retire du monde en ermite, consacrant sa vie à la Vierge Marie. Son expérience de vie devient modèle et attire de nombreux pèlerins. Cette aura fut entretenue par les frères de l'abbaye de Grandmont à la mort de l'ermite. Le sanctuaire de Verdelais devint ainsi prieuré de la grande abbaye.
    • Régional (1625 -> 1779)
      Les Célestins ont repris en mains le sanctuaire. Ils s'occupèrent de l'entretient des bâtiments et surtout de l'accueil des pèlerins. Les miracles recensés y auraient été nombreux.
    • Régional (1838 -> ?)
      À partir de 1838, une communauté de Pères Maristes eut à gérer l'entretien des bâtiments et l'accueil des pèlerins.

    RÉFÉRENCES

    Source(s) :
    • Discours (1871)
      LAPRIE (Félix Chanoine) "Quelle heure est-il ? Discours prononcé à Verdelais le 2 juillet 1871, à l'occasion du XVe anniversaire du couronnement de N.-D"., Bordeaux, la Guienne, 1871, 47
    • Rapport (1856)
      Bilan des actions de l'archiconfrérie "Archiconfrérie de Notre-Dame consolatrice et immaculée établie à Verdelais", Bordeaux, Impr. de Th. Lafargue, 1856, 18 p.
    • Livre liturgique (1856)
      "Couronnement de Notre-Dame de Verdelais le 2 juillet 1856", Bordeaux, G. Gounouilhou, 1856, 52 p.
    • Instruction pastorale (1856)
      Instruction pastorale du Cardinal-archevêque de Bordeaux. DONNET (Ferdinand), "Instruction pastorale et mandement / de S. E. le Cardinal-archevêque de Bordeaux, à l'occasion du couronnement de la statue de Notre-Dame de Verdelais", 1856, 20 p.
    • Témoignages (1855)
      "Lettres sur N. D. de Verdelais, ou impressions d'un pèlerin", Bordeaux, Th. Lafargue, 1855, 226 p.
    • Archives (1851)
      Lettre pastorale du cardinal archevêque de Bordeaux. DONNET (Ferdinand), "Lettre pastorale de Monseigneur l'archevêque de Bordeaux aux zélateurs de l'oeuvre de Notre Dame de Verdelais, pour les exhorter à dorer le sanctuaire de Marie d'un clocher convenable", Bordeaux, Gounouilhou, 1851, 6 p.
    • Livrets de dévotion (1850)
      GERGERES (Jean-Baptiste), "Chants des pèlerins de Verdelais", Bordeaux, T. Lafargue, 1850, 31 p.
    • Rapport (1843)
      GIGNOUX (Abbé), "Deuxième rapport sur l'oeuvre de Verdelais fait aux dames patronnesses", dans la réunion du 17 août 1843, 14 p.
    • Archives (1839)
      Lettre du Cardinal-archevêque de Bordeaux. DONNET (Ferdinand)," Mandement de Mgr. l'Archevêque de Bordeaux, pour ordonner une quête générale, en faveur de l'Église et de la Maison de Verdelais", Bordeaux, H. Faye, 1839, 6 p.
    • Livrets de dévotion (XIXe siècle)
      Seconde moitié du XIXe siècle. "Petit guide-manuel de N.-D. de Verdelais, cantiques notés à l'usage de pèlerins de Verdelais, des paroisses et des missions", Bordeaux, Miocque-Balarac, 112 p.
    • Livrets de dévotion (1725)
      SALE (Claude), "Le Guide des pèlerins de Notre-Dame de Verdelays contenant les saintes dispositions avec lesquelles on doit y venir", 5° éd. revue, corrigée & augmentée, Bordeaux, N. & J. de la Court Père & Fils, 1725, 269 p.
    • Instructions morales (1703)
      PROUST (Claude), "Instructions morales touchant l'obligation ou sont tous les chrétiens de sanctifier les jours de dimanches & les fêtes. Adressées à une famille chrétienne", Bordeaux, Simon de La Court, 1703, 152 p. Avec approbations et privilège du roi daté du 28 janvier 1703.
    • Livre liturgique (1700-1725)
      PROUST (R. P. Claude), "Le Guide des Pèlerins de Notre-Dame de Verdelais contenant les saintes dispositions avec lesquelles on doit y venir.", revue, corrigée et augmentée, Bordeaux, S. de la court, 264 p.
    • Recueil de miracles (1674)
      SALE (Claude le P.), "Le Sacré désert de Verdelais, lieu fleurissant en miracles, que Dieu y fait par les puissantes intercessions de sa divine mère", Bourdeaux, G. de La Court, 1674, XII-264 p.
    • Archives (1357)
      Histoire de Verdelais intégrée à la Chronique de l'abbaye de Grandmont. À la fin du XIVe siècle, une histoire de Verdelais aurait été rédigée par le père Jean Ithier, prieur de Verdelais, et intégrée à la Chronique de l'abbaye de Grandmont. Cette source n'a pu être consultée. Cette dernière aurait disparu.
    • Archives (1190)
      La charte de protection (4 février 1190) de Richard Coeur-de-Lion sur Verdelais serait conservée dans les archives du royaume d'Angleterre. Elle aurait été offerte par le roi d'Angleterre après qu'il se fut recueilli au sanctuaire, lors de son départ pour la quatrième croisade en Terre Sainte.
    • Bulle papale (1182)
      Cette bulle du pape Lucius III datée du 27 août 1182, fut adressée au sixième prieur de Grandmont, Guillaume de Preignac. Elle référençait les possessions détenues par l'ordre de Grandmont, dont Notre Dame du Luc, anciennement Notre Dame de Verdelais.
    • Charte de donation (1160)
      Charte de donation des terres de la forêt du Luc à l'abbaye de Grandmont, par le comte Guillaume Amadieu. Cette source n'a pu jusqu'à présent être consultée. La charte de donation aurait disparu lors de l'incendie de la grande bibliothèque de l'abbaye de Grandmont à Limoges à la fin du XVe siècle.
    • Archives
      Arch. dép. de la Gironde : G 669, enquête sur les miracles, livre des miracles, comptes, XVIIe-XIXe-siècles ; G 615, correspondance, comptes, administration, XVIIe-XVIIIe siècles ; G 536, correspondance du cardinal de Sourdis, lettres relatives au Verdelais, XVIIe siècle.
    Bibliographie :
    • BALZAMO, Nicolas, «Renaissance d'un sanctuaire : Notre-Dame de Verdelais en Guyenne (1620-1624) », in Revue d'Histoire de l'Église de France, t. 97, Paris, Société d'Histoire Religieuse de la France, 2011, p. 81-101.
    • DELMOTTE-GOURIN, F., Notre Dame de Verdelais, étude d'une statue de culte, mémoire de master mené sous la direction de Philippe ARAGUAS, UFR Histoire de l'art, Université Bordeaux 3, BORDEAUX, 2008-2010.
    • DUCLOT, J.-F., Verdelais à travers les siècles, Mercuès, Éd de l'Entre-deux-Mers, 2006.
    • BERCEGOL, P., Notre Dame de Verdelais, Légendes et réalités, Bordeaux, Les Dossiers d'Aquitaine, 2004.
    • PEYROUS, B., La réforme catholique à Bordeaux (1600-1719). Le renouveau d'un diocèse, vol. 1, Bordeaux, 1995, p. 615-625.
    • ROUVRAY, R. P. de, Histoire du pèlerinage de Notre-Dame de Verdelais : fondé par un ancien croisé au XIIe siècle et restauré par Archambaud de Grailly et son épouse Isabelle, comtesse de Foix, vers 1390, préface de François Mauriac, Paris, Grasset, 1953.
    • GOBILLOT, P., Les grands pèlerinages de France. Notre-Dame de Verdelais, Paris, Letouzey Éditeur (rééd. Office d'Edition du livre d'histoire, 1994), 1926.
    • Musée d'Aquitaine, Notice sur Verdelais, Bordeaux, 1903.
    • CHARE, A., Le Trésor des pèlerins de Notre-Dame de Verdelais... par un père mariste, Bordeaux, T. Lafargue, 1855.
    • O'REILLY, P. J. (Abbé), Histoire de Verdelais, ou Voyage... à l'antique monastère du Luc, Bazas, J. Labarrière, 1844.
    Etude(s) universitaire(s) :

    PHOTOGRAPHIES LIÉES

    Objet de dévotion :
    • Retable, exposition de la statue de culte - Fanny DELMOTTE-GOURIN - 2009
    • Vierge à l'Enfant en majesté - Fanny DELMOTTE-GOURIN - 2009
    • Statue de culte revêtue d'un de ses manteaux - Fanny DELMOTTE-GOURIN - 2009
    Edifice :
    • Sanctuaire de Verdelais - Carte Postale
    • Village de Verdelais - Carte postale
    • Façade basilique de Verdelais - Fanny DELMOTTE-GOURIN - 2009
    Autre :

    À PROPOS DE L'ENQUÊTE

    Enquêteur :
    • DELMOTTE-GOURIN Fanny
    Rédacteur :
    • DELMOTTE-GOURIN Fanny
    Date de l'enquête :
    2010
    Date de rédaction de la fiche :
    2010
    Etat de l'enquête :
    En cours
    Pour citer cette ficheDELMOTTE-GOURIN Fanny, « Notre-Dame-de-Verdelais », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
    url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/353/notre-dame-de-verdelais, version du 24/10/2013, consulté le 22/10/2017