INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Laumer-de-Blois (n°2)

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Laumer-de-Blois
Période d'activité :
? - ?
Commune :
Blois
Département :
Loir et Cher

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Blois
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Blois (1697 - 2017)
Ancien: Chartres (1138 - 1697)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Nicolas (1791 - 2017)
Ancienne:

Site

Type de site :
Coteau
Rive de cours d'eau
Altitude :
135 m
Compléments :

L'abbaye est située hors les murs, jusqu'à la deuxième moitié du XIVe siècle près de la Loire.


Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Faubourg
Ville
Type de proximités :
Abbaye
Château
Cours d'eau
Compléments :

Située sur la rive nord de la Loire, l'abbaye se trouve non loin de l'abbaye Notre-Dame de Bourgmoyen


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Laumer-de-Blois (? - ?)
Compléments :
Un culte est voué à sainte Marie l'Égyptienne à Blois de "temps immémorial". On ne sait pas à quelle époque, ni dans quelles circonstances, le chef de la sainte est arrivé à Blois. Ce culte semble se poursuivre jusqu'au XIXe siècle.
Type de lieu de culte :
Abbatiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Laumer
Saints patrons :
  • Laumer (1138 - 1791)
Compléments :
En 1791, Saint-Laumer prend le vocable de Saint-Nicolas et devient église paroissiale. Ainsi remplace-t-elle l'ancienne église paroissiale Saint-Nicolas du Foix.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Marie l'Egyptienne
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Relique placée dans une châsse sur un autel, dans l'église abbatiale.
Datation de l'objet :
Compléments :
On ne sait quand la relique est arrivée à Saint-Laumer. En 1215, la relique ainsi que la fête qui s'y rattache sont mentionnées lors de la venue de Thomas, comte du Perche, à Blois. Les mentions sont nombreuses, notamment au XVe siècle. La relique échappe aux différentes guerres et, dans les années 1850, est enchâssée à neuf. L'emplacement exact de la châsse dans l'église reste inconnu. Cependant, on sait qu'un autel Sainte-Marie l'Égyptienne existait dans l'église. Il est fort probable que ce soit sur celui-ci qu'ait été placée la châsse, la plupart du temps.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Marie l'Égyptienne est une sainte venue d'Orient. Son culte se serait répandu en Occident par l'intermédiaire de la péninsule ibérique, au VIIe siècle. Sa légende nous est rapportée par Hildebert, archevêque de Tours (mort en 1134). Née en Égypte de parents nobles, Marie l'Égyptienne se livre dès son plus jeune âge au libertinage.Parvenue à Jérusalem, après avoir réchappé d'un naufrage, elle tente de participer aux solennités de la Sainte Croix. Repoussée par une force invisible, la Vierge lui apparaît. Dès lors, elle s'applique au repentir. Elle passe le Jourdain et se retire au désert pendant 47 ans. Au cours de cette épreuve, elle rencontre Zozyme, moine de Palestine. Elle le conseille sur les réformes à mener dans son monastère. L'année suivante, Zozyme la trouve morte dans le sable, avec une inscription lui intimant de l'enterrer. Alors qu'il manque de force et d'outils pour creuser la tombe, un lion vient l'aider. Le moine enveloppe la jeune femme dans le manteau qu'il lui avait donné, avant de la mettre dans la fosse. Il s'en retourne dans son monastère, où il raconte son histoire.
Miracles :
Type(s) de motivation :
    Recours :
      Jour(s) de fête :
        Type de fréquentation :
        Annuel (= juste pour une fête)
        Compléments sur les fréquentations :
        Jours de fête : fête de la mort de la sainte (2 avril) et fête de la translation des reliques (4 août).
        Outre ces deux fêtes, spécifiquement dédiées à la sainte, il est possible qu'on lui rende hommage à d'autres occasions, notamment lors de la fête des reliques de l'abbaye. On peut aussi penser que les pèlerins venant visiter saint Laumer passaient également devant l'autel de sainte Marie l'Égyptienne.
        Pratiques individuelles :
          Pratiques en présence du clergé :
            Ex voto :
              Confrérie(s) :
              • Sainte-Marie-l'Egyptienne
                Cette confrérie est mentionnée dans un testament de 1453.
              Indulgence(s) :
                Compléments sur le culte :
                Les moines de Saint-Laumer jouissaient du produit d'une foire dite de Sainte-Marie-l'Égyptienne.

                L'ÉDIFICE

                Description :
                La construction de l'église abbatiale débute au XIIe siècle (pose de la première pierre en 1138). Elle se compose alors d'un choeur, d'un transept et de la dernière travée de la nef. Le choeur, de deux travées, se termine par une abside semi-circulaire. Il est flanqué de chaque côté de deux collatéraux, l'un se continuant par un déambulatoire à trois chapelles rayonnantes et l'autre par une absidiole. Sur toute cette partie, il y a trois niveaux d'élévation. La chapelle axiale est refaite au XIVe siècle et se voit adjoindre, au XVe siècle, une petite chapelle, dite du gouverneur. Les travaux se poursuivent au XIIIe siècle par la construction des quatre premières travées de la nef, ainsi que des bas-côtés correspondants qui sont directement inspirés (dans une moindre proportion) de la cathédrale de Chartres, mais avec le souci de rester en harmonie avec les constructions antérieures. La façade, sévère, est scandées par quatre contreforts massifs et inégaux. L'autel dédié à sainte Marie l'Égyptienne était situé dans un des collatéraux septentrionaux du choeur de l'abbatiale.
                Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
                  Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
                  • Mobilier (1447-1467)
                    Ce bas-relief de pierre, d'influence flamande, a été commandé par Jean de Prunelé, abbé de Saint-Laumer, grand dévot de la sainte. Il représente plusieurs scènes de la vie de celle-ci. Plusieurs fois restauré à l'époque moderne, il décorait l'autel dédié à Marie l'Égyptienne.

                  HISTOIRE DU SANCTUAIRE

                  Origines :
                  Date de première mention : 1215
                  Initiative de la fondation :
                    Environnement institutionnel, politique et religieux :
                    Date de la première mention : 1215. Date à laquelle le comte du Perche, Thomas, jure sur la relique, en la salle du chapitre, pour valider ses arrangements avec les religieux, quant à ce qui lui est octroyé. Initiative de la fondation : l'initiative de la fondation du culte de sainte Marie l'Égyptienne, en l'abbaye Saint Laumer, ne nous est pas connue. En effet, on ignore tout des origines de cette relique. L'hypothèse la plus répandue est qu'elle aurait été rapportée des Croisades, par un des comtes de Blois, et offerte aux moines. Environnement institutionnel, politique et religieux : dès leur arrivée à Blois, les moines de Corbion et leur précieuse relique (le corps de saint Laumer) attirent la bienveillance des comtes de Blois. La communauté fait l'objet de nombreuses offrandes et de libéralités de la part des puissants locaux. De plus, une fois les moines installés, tous les prieurés, les cures et les chapelles dépendants de Corbion sont réunis au monastère blésois. En 1224, le pape Honorius III lui-même, s'intéresse à l'abbaye et la place sous la protection directe du Saint-Siège. Par une bulle, il garantit de nouveau la possession de ses biens et de ses privilèges. Cette puissante abbaye souffre beaucoup des guerres de Cent ans et de religion. Au XVIIe siècle, les bénédictins réformés de la congrégation de Saint-Maur s'efforcent de réparer ces dégâts en même temps qu'ils entreprennent la reconstruction des bâtiments monastiques. Mais, en 1791 l'abbaye est supprimée.
                    Phases d'évolution :
                    Il semble que dès 1215, la relique attire les foules, puisque dans la visite du comte Thomas, la date est référencée comme jour et fête de sainte Marie l'Égyptienne, marquant ainsi son importance. Au XVe siècle, les témoignages se multiplient (mention de la foire, de la confrérie, retable). Cette période apparaît comme la plus prospère. Néanmoins, des mentions sporadiques se retrouvent jusqu'au XIXe siècle, période à laquelle la relique est placée de nouveau dans une châsse qui reprend fidèlement le modèle de "l'ancienne". Ce détail laisse envisager une continuité du culte, tout au moins de la tradition.
                    Evénements marquants :
                    • Restauration (1855)
                      Mutilé par les calvinistes, puis lors de la Révolution, le retable de Marie l'Égyptienne est restauré en 1855.
                    • Ré-enchâssement (1856-1857)
                      En 1856, les reliques sont remises à l'honneur. Elles sont placées dans une nouvelle châsse, qui reprend l'ancienne : buste de Marie l'Égyptienne pénitente, les cheveux épars et les larmes aux yeux. En 1857, un vitrail est ajouté au-dessus du bas-relief de l'ancienne chapelle.
                    Rayonnement(s) :

                      RÉFÉRENCES

                      Source(s) :
                      • Source publiée (1857)
                        Cet ouvrage de A. Dupré, intitulé "Poème sur la vie de sainte Marie l'Égyptienne par le vénérable Hildebert", reproduit la légende de sainte Marie l'Égyptienne par Hildebert et mentionne les documents de la collection Joursanvault dans l'analyse.
                      • Archives (1453)
                        Testament de Katerine la Gautière, dans lequel est mentionnée la confrérie de Sainte-Marie-l'Égyptienne. Bibliothèque municipale de Blois, collection Joursanvault, pièce 1408
                      • Archives (?)
                        Titre traitant de la foire dite de Sainte-Marie-l'Égyptienne. Bibliothèque municipale de Blois, collection Joursanvault, pièce 159.
                      • Acta sanctorum (?)
                        "Acta sanctorum, Apr. I, dies 2" Vie de sainte Marie l'Égyptienne, p. 83-90.
                      Bibliographie :
                      • Clerc, G., Sanctuaires et pèlerinages, dans le sud du diocèse de Chartres, XIIIe-début XVIe siècle (mémoire de master dirigé par C. Vincent), Université Paris X-Nanterre, 2009.
                      • Lesueur, F., «Saint-Lomer », in Congrès archéologique de France, LXXXVIIIe session, tenue à Blois en 1925, Paris, Société Générale d'imprimerie et d'édition, 1925, p. 93-124.
                      • Dupré, A., Documents sur la vie et le culte de saint Laumer, Blois, 1860, p. 62, 64-66.
                      Etude(s) universitaire(s) :

                      PHOTOGRAPHIES LIÉES

                      Objet de dévotion :
                      Edifice :
                      Autre :

                      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

                      Enquêteur :
                      • CLERC Gwenaëlle
                      Rédacteur :
                      • CLERC Gwenaëlle
                      Date de l'enquête :
                      2010
                      Date de rédaction de la fiche :
                      2010
                      Etat de l'enquête :
                      En cours
                      Pour citer cette ficheCLERC Gwenaëlle, « Saint-Laumer-de-Blois (n°2) », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
                      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/352/saint-laumer-de-blois, version du 13/12/2012, consulté le 11/12/2017