INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Claude et Saint-Oyend

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Claude et Saint-Oyend
Période d'activité :
VIe siècle - 2017
Commune :
Saint-Claude
Département :
Jura
Vue de la cathédrale de Saint-Claude, ancienne abbatiale des Trois-Apôtres, et emplacement de l\'ancienne église Saint-Oyend, démolie en 1754

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Saint-Claude
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Saint-Claude (1742 - 2017)
Ancien: Lyon (VIe siècle - 1742)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Claude (? - 2017)
Ancienne:

Site

Type de site :
Plateau
Vallée
Altitude :
440 m
Compléments :
Les ermites qui sont à l'origine de Saint-Claude se sont établis sur un replat (435 m) dominant une vallée, à la confluence de deux rivières, la Bienne et le Tacon. Cette particularité topographique a donné son nom au premier établissement : "Condadisco" (confluence). Le site est environné de trois monts : le mont Chabot, le mont Bayard, et la montagne d'Avignon.

Paysage

Type de couvert végétal :
Forêt
Type de l'habitat :
Bourg
Type de proximités :
Axe de circulation
Château
Cours d'eau
Frontière
Remparts
Source
Compléments :
Le monastère, devenu sanctuaire de saint Oyend puis de saint Claude, s'est d'abord établi dans un lieu isolé, près d'une source et à la confluence de deux cours d'eau. Cet établissement a ensuite attiré des colons, à l'origine du bourg, puis de la ville de Saint-Claude. Un château a été construit à quelques mètres de l'enceinte de l'abbaye, sans doute au XIIIe siècle. L'abbaye était située à l'extrémité nord du diocèse de Lyon, à proximité des limites des diocèses de Besançon et de Genève. Le bourg a été doté de remparts et de portes, à une époque mal définie. De l'abbaye partaient des chemins menant en pays de Savoie, vers Lyon et vers Genève. Le monastère était donc, au Moyen Âge, au contact direct du bourg, l'agglomération s'étant développée autour des bâtiments monastiques.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Claude et Saint-Oyend (VIe siècle - 2017)
Compléments :
L'abbaye de Condat, fondée au Ve siècle, a sans doute été dès le siècle suivant la destination d'un pèlerinage. Oyend était en effet déjà réputé de son vivant pour ses qualités de thaumaturge. Bien que les premiers témoignages d'une dévotion à saint Oyend ne se rencontrent qu'au IXe siècle, il est raisonnable de penser qu'un culte lui a été rendu dès sa mort, et plus encore à partir de la construction, sur son tombeau, d'une basilique, peut-être dès le VIe siècle. Le monastère, dont le nom était primitivement "Condadisco", prit d'ailleurs l'appellation de Saint-Oyend(-de-Joux) dès le VIIIe siècle. Le pèlerinage à saint Oyend fut néanmoins peu à peu supplanté par celui à saint Claude, sans le faire disparaître totalement. L'église qui abritait les reliques des deux saints fut démolie en 1754, et leurs châsses se trouvent désormais en la cathédrale de Saint-Claude, ancienne abbatiale des Trois-Apôtres. C'est à partir du XIIe siècle que le culte de saint Claude fut associé à celui de saint Oyend. Ce n'est qu'à l'époque moderne que le nom de cet abbé mérovingien a progressivement remplacé le nom de Saint-Oyend-de-Joux, pour finir par le supplanter.
Type de lieu de culte :
Basilique
Nom du lieu de culte :
Basilique Saint-Oyend devenue église Saint-Oyend-et-Saint-Claude, autel Saint-Claude
Saints patrons :
  • Oyend et Claude (? - 1754)
Compléments :
Il est probable que la basilique qui avait été reconstruite sur le tombeau d'Oyend avait été placée sous sa titulature dès sa construction, que l'on situe au VIe siècle (d'après des sources tardives). L'adjonction de la titulature Saint-Claude se rencontre au moins à compter du XIVe siècle (absence de sources décrivant cette église avant cette période). Les reliques des saints Oyend et Claude ont été transférées, lors de la destruction en 1754 de l'église Saint-Oyend-Saint-Claude, dans l'ancienne abbatiale Saint-Pierre-Saint-Paul-Saint-André devenue cathédrale depuis l'érection du diocèse de Saint-Claude en 1742. Le culte de saint Claude s'est perpétué jusqu'à nos jours, en dépit de la destruction du corps du saint en 1794. Un reliquaire du XIXe siècle contient une effigie de cire du saint. La châsse de saint Oyend, également exposée en la cathédrale, a été exécutée en 1874.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
saint Claude, saint Oyend
Nature de l'objet :
Corps saint (= en entier)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Crypte-Chapelle
Datation de l'objet :
VIIIe siècle
Compléments :
Saint Oyend vécut à la fin du Ve-début du VIe siècle, saint Claude vécut au VIIe siècle. Dans un premier temps, les reliques de l'abbé Oyend étaient vénérées dans une châsse, peut être dans la crypte de l'église Saint-Oyend-Saint-Claude. Sa châsse a ensuite été placée derrière le maître-autel dans le choeur de l'édifice. Le corps entier de l'abbé Claude, sans doute découvert au XIIe siècle, était également conservé dans une châsse placée derrière le maître-autel de l'église, au moins depuis la fin du Moyen Âge. Elle était déplacée dans une chapelle de cette même église au moment de sa fête, pour permettre la vénération des pèlerins. Le corps de saint Claude fut détruit par les révolutionnaires en 1794. Un habitant de la ville, François Joseph Jacquet, récupéra l'index et l'avant-bras gauche du saint. À la place de la maison du sieur Jacquet, "miraculeusement épargnée" lors du grand incendie de Saint-Claude en 1799, fut construite en 1869 une chapelle expiatoire. Ce qui reste du corps du saint est conservé aujourd'hui dans un reliquaire d'argent et de cristal, dans la cathédrale. La châsse actuelle de saint Claude, surmontée d'une statue du saint, contient une effigie de cire. Elle a été fabriquée dans le deuxième quart du XIXe siècle. Les reliques d'Oyend sont conservées également à la cathédrale, dans une châsse du XIXe siècle.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Saint Oyend fut le 4e abbé du monastère de Condat. Entré enfant au monastère, il succéda à Minause. On lui doit l'instauration à Condat d'une vie conventuelle, à la faveur d'un incendie qui nécessita une réorganisation des bâtiments du monastère. Sa vie est la troisième du triptyque (la "Vita Patrum Jurensium") composé par un auteur anonyme au début du VIe siècle, peu après sa mort que l'on situe vers 512-514, et qui rapporte également les vies de Romain et Lupicin, les premiers pères du Jura. D'après ce récit, Oyend fut inhumé dans son monastère de Condat, probablement à l'emplacement de la future basilique Saint-Oyend. La vie de saint Claude, abbé du monastère de Saint-Oyend autour des années 648/657 et 703/712, repose sur des vies beaucoup plus tardives (XIIIe siècle), l'"inventio" de son corps "sans corruption" eu lieu à une époque mal définie, sans doute au XIIe siècle. Les premiers miracles qu'on lui prête survinrent vers 1160.
Miracles :
La "Vie des Pères du Jura", récit du début du VIeme, rapporte que les qualités de thaumaturge d'Oyend attiraient déjà de son vivant les foules venues chercher la guérison auprès de l'abbé. À l'extrême fin du Ve siècle, une noble dame lyonnaise, Syagria, souffrant d'une maladie incurable, fut guérie après avoir introduit dans sa bouche une lettre du Bienheureux Oyend (VPJ, 145-146). Il intervint également à distance pour guérir une jeune fille de Condes, possédée par le démon (VPJ, 141-145), par l'intermédiaire d'une lettre d' « exorcisme ». Le récit indique que l'on venait depuis des provinces éloignées chercher la guérison auprès du saint, qui dispensait ses bienfaits à distance par l'intermédiaire d'huile sainte ou de "billets" sur lesquels étaient écrites des injonctions "contre les démons et les maux" (VPJ, 147-148). Henri Boguet, grand juge de la Terre de Saint-Claude au début du XVIIe et auteur d'un traité contre les sorciers, rapporte dans son ouvrage (Discours exécrable des sorciers…) que la ceinture de saint Oyend était conservée dans l'église Saint-Oyend-et-Saint-Claude, et qu'elle était utilisée pour soulager les femmes lors de l'accouchement. De très nombreux miracles sont attribués à saint Claude depuis le XIIe siècle, dont certains ont été consignés dans des livres de miracles. En 1480, on parlait des "magna volumina stupenda admiratione conscripta", que les pèlerins pouvaient feuilleter à l'abbaye.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Sauvetage des naufragés
  • Répit
  • Libération des prisonniers
  • Grâce particulière
  • Folie
  • Délivrance
  • Voeu
Jour(s) de fête :
  • Oyend
  • Claude
  • Oyend (translation)
Type de fréquentation :
Régulier
Compléments sur les fréquentations :
La résurrection fait partie des miracles attribués à saint Claude depuis l'origine de son culte. À partir du XVe siècle, on a vu se multiplier les cas de résurrections d'enfants mort-nés (répits). Les guérisons de paralytiques, muets, sourds et aveugles sont parmi les miracles les plus fréquemment mentionnés concernant saint-Claude. À la fin du Moyen Âge, les miracles liés aux captifs ou naufragés ont été de plus en plus nombreux.
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Embrasser
  • Pénitence
  • Prières
  • Vêtements
  • Incubation
  • Dons
  • Voeux
  • Offrir
  • Pèlerinage
Pratiques en présence du clergé :
  • Prières
  • Processions
  • Messe
  • Fondation de messes et d'offices
  • Office liturgique
  • Offrandes
  • Neuvaines
  • Ostension
  • Entretien de lampes
Ex voto :
  • Chaines
    Présence de chaînes de captifs dans le procès verbal préalable à la démolition de l'église Saint-Oyend-Saint-Claude en 1754.
  • Anatomique
    Mention, dans des inventaires de la sacristie de 1463 et 1468, de plusieurs ex-votos tels qu'une oreille et une mamelle en argent.
  • Vêtement
    Mention, dans des inventaires de la sacristie de 1463 et 1468, de plusieurs ex-votos tels que des vêtements ou objets liturgiques aux armes du donateur.
  • Autre
    Mention, dans des inventaires de la sacristie de 1463 et 1468, de plusieurs ex-votos tels qu'un fer de prisonnier en argent, de nombreuses statues, statuettes ou autres objets, souvent en argent.
  • Tableau
    Plusieurs tableaux mentionnés dans le procès verbal préalable à la démolition de l'église Saint-Oyend-Saint-Claude en 1754 ; mention également d'un tableau offert en 1571, représentant le miracle dont bénéficia un pèlerin.
Confrérie(s) :
  • Confrérie Saint-Claude de la collégiale Notre-Dame de Dole
    Première mention : 1432.
  • Confrérie Saint-Claude de l'hôpital Saint-Jacques à Paris
    La confrérie de l'église de l'hôpital Saint-Jacques à Paris sous le patronage de saint Claude possédait un recueil des miracles de saint Claude datant du XVe siècle (aujourd'hui BnF, ms lat.915).
Indulgence(s) :
  • Partielle (1245)
    Bulle d'Innocent IV de 1245 accordant 20 jours d'indulgence à ceux qui se rendraient à la fête de saint-Claude.
  • Partielle (1249)
    Bulle d'Innocent IV de 1249 accordant un an d'indulgence à ceux qui assisteraient à la translation de saint Oyend dans une nouvelle châsse, plus de 40 jours supplémentaires à ceux qui assisteraient à la fête de cette translation.
  • Partielle (1338)
    Bulle de l'archevêque de Lyon de 1338, accordant 40 jours d'indulgence à ceux qui visiteraient l'église saint-Oyend-saint-Claude aux jours de certaines fêtes de l'année. L'indulgence de l'archevêque de Lyon en 1338 concerne: le jour de la Nativité, la Circoncision, l'Epiphanie et l'Ascension, la Pentecôte, la fête Dieu, toutes les fêtes de la Vierge, de Saint-Jean Baptiste, Simon et Jude, Toussaint, Saint-Etienne, Saint-Claude (6 juin) et Saint-Oyend (1er juillet), ainsi que les vigiles et octaves de ces fêtes.
  • Partielle (1367)
    Bulle d'Urbain V accordant un an et quarante jours d'indulgence pour la visite de l'église des Bienheureux Oyend et Claude. Apparemment, les jours ne sont pas précisés.
  • Partielle (1419)
    Bulle de Martin V et de 1419 accordant sept ans et 7 quarantaines pour la visite aux tombeaux des deux saints Oyend et Claude: Pâques, Pentecôte, 6 jours consécutifs à la Pentecôte, la saint Claude, octave de la saint Claude.
  • Plénière (1480)
    Bulle de Sixte IV accordant l'indulgence plénière aux pauvres de l'hospice à l'article de la mort.
  • Partielle (1480)
    Bulle de Sixte IV accordant 20 ans et 20 quarantaines à ceux qui visiteraient l'hospice du monastère: jeudi saint, vendredi saint, Pâques, Pentecôte, et jours suivants, Nativité de la Vierge, fêtes de saint Pierre et Saint Claude, des premières aux secondes vêpres.
Compléments sur le culte :
Nous possédons un récit assez circonstancié des cérémonies entourant la fête de saint Claude, le 6 juin. On sait que les corps saints étaient gardés tout au long de l'année par un marguillier et que des religieux étaient chargés de dormir dans l'église. La vigilance redoublait lors de la Saint-Claude. La veille du jour de la fête du saint, le 6 juin, était mis en place une sorte de "service d'ordre" pour réguler l'afflux de pèlerins et prévenir les violences ou les sinistres. Lors de la translation de la châsse du choeur vers la chapelle Saint-Claude, on portait devant elle un bâton de justice, une palme et un cierge. Le marguillier recueillait les offrandes et était chargé de la confection des enseignes de pèlerinage. L'imagerie relative à saint Claude est très abondante. Elle s'est développée à partir de la fin du Moyen Âge.

L'ÉDIFICE

Description :
La basilique Saint-Oyend-Saint-Claude aurait été édifiée au VIe siècle. Elle a été reconstruite fin Xe, début XIe s. et sa dédicace eut lieu en 1039. Elle a ensuite bénéficié d'importants travaux aux XVe-XVIe siècles, puis a subit quelques transformations à l'époque Moderne. Elle a été démolie en 1754. La documentation, moderne pour l'essentiel, décrit un vaste édifice à trois vaisseaux d'environ 62 mètres de long pour 21 de large. Un large transept précédait une profonde travée droite de choeur et une abside en hémicycle. Sous le choeur s'étendait une crypte-halle à laquelle on accédait par deux escaliers de part et d'autre du choeur, mais également par le « grand cloître », longue galerie qui reliait les deux églises principales du monastère. C'est très probablement dans cette crypte qu'étaient conservées les châsses d'Oyend et Claude avant leur élévation dans le choeur.
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
  • Hospices (XIIIe siècle)
    C'est l'aumônier de l'abbaye, aidé d'un convers qui était traditionnellement chargé de l'accueil des malades, souvent des pèlerins venus chercher la guérison. En 1480, devant l'afflux toujours plus important de pèlerins, Sixte IV accorda à ceux qui contribueraient aux réparations et à l'entretien de l'hospice et qui viendraient au secours des pauvres ou malades une indulgence plénière.
Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
  • Crypte (?)
    Le vocable de la crypte (Saint-Martin) est attesté tardivement (1437). Cette crypte est documentée par des documents d'époque moderne. Elle date probablement de la reconstruction de l'église, fin Xe siècle-XIe siècle. On ne sait pas à quelle époque la ou les châsses des saints ont été élevées dans le choeur de l'église.
  • Chapelle (?)
    Pour la Saint-Claude et l'octave de cette fête, la châsse de saint Claude était translatée dans une chapelle sous son patronage, située dans le collatéral sud de l'église. La châsse de saint Oyend devait, à priori, demeurer dans le choeur.
  • Autel (?)
    On sait que les reliques d'Oyend et de Claude étaient, au moins depuis la fin du Moyen Âge, déposées derrière l'autel majeur de l'église Saint-Oyend-Saint-Claude, puis sur le maître-autel.

HISTOIRE DU SANCTUAIRE

Origines :
Date de première mention :
Initiative de la fondation :
  • Chapitre
Environnement institutionnel, politique et religieux :
Date de la première mention: -Vers 512/514, pour saint Oyend. -Vers 1160, pour saint Claude. Le culte de saint Oyend et l'attrait pour le personnage, puis pour son tombeau, sont décelables à travers des mentions de la "Vie des Pères du Jura", le vocable de l'église bâtie sur son tombeau et le changement de nom du monastère qui s'opère aux environs du VIIIe siècle. Le culte de saint Claude se révèle tardivement, au XIIe siècle. Il vient donner un nouvel élan au pèlerinage à destination des reliques d'Oyend.
Phases d'évolution :
La vénération pour saint Claude est restée latente jusqu'au XIVe siècle, malgré le succès d'une pérégrination organisée à l'initiative des moines dans les diocèses de Lyon et de Besançon, entre 1178 et 1183. Mais la popularité du pèlerinage à Saint-Claude, à la fin du Moyen Âge et à l'époque Moderne, supplanta celui de Saint-Oyend. Néanmoins, Oyend fut toujours considéré par la communauté monastique comme le saint "légitime" du monastère, tandis que saint Claude représentait une figure attractive, qui a de fait contribué au renouvellement du rayonnement de cette abbaye pluriséculaire à la fin du Moyen Âge.
Evénements marquants :
  • Visite exceptionnelle
    Visites exceptionnelles : 976, Adélaïde de Bourgogne; 1001-1100, Odilon; 1340, Aymon de Savoie; v.1380, Amédée VI de Savoie; 1384, Amédée VII de Savoie; 1471, Amédée IX de Savoie; 1376 et 1387, Philippe le Hardi; 1385, Marguerite de Flandres et Marguerite de Bavière; 1422, Philippe le Bon et Isabelle du Portugal; 1443, Philippe le Bon et Louis de Savoie; 1461, 1474 et 1476, Charles le Téméraire; 1503, Philippe le Beau; 1456 et 1482, Louis XI; 1499, Anne de Bretagne; 1602, 1604, 1609, saint-François de Sales; 1626, sainte Jeanne de Chantal. Le pèlerinage de Saint-Claude a reçu de nombreux princes, nobles et rois en particulier à partir du XIVe siècle. Louis XI a profité de ses visites pour faire bénéficier l'abbaye de plusieurs donations en argent.
  • Acte exceptionnel de dévotion
    Actes exceptionnels de dévotion: 1243, confection de deux nouvelles châsses pour les reliques d'Oyend et Claude; 1484, livraison d'une nouvelle châsse pour les reliques de Claude. En 1243, l'abbé Humbert de Buenc a fait réaliser deux châsses recouvertes d'argent pour accueillir les reliques d'Oyend et de Claude. Ces deux châsses sont décrites dans les inventaires de la sacristie en 1463 et 1468. Elles ont été remplacées au XVIIIe siècle. En 1482, Louis XI commanda l'exécution d'une nouvelle châsse pour le corps de Saint-Claude. Elle fut livrée un an après sa mort, en 1484. Les moines ne procédèrent jamais au transfert du corps et le reliquaire offert par le roi fut démantelé et vendu dès la fin du XVe siècle.
  • Translation
    -En 1245 eut lieu la translation des reliques d'Oyend dans la nouvelle châsse offerte par l'abbé Humbert de Buenc. le transfert du corps de Claude eut certainement lieu dans les mêmes années. -En 1754, peu avant la démolition de l'église Saint-Oyend-Saint-Claude, les reliques des deux abbés furent translatées en l'église Saint-Pierre-Saint-Paul-Saint-André, ancienne abbatiale, érigée en cathédrale en 1742.
  • Reconstruction (1039)
    L'église Saint-Oyend a été reconstruite à la fin du Xème siècle, début du XIème siècle. Sa dédicace a eu lieu sous l'abbatiat de Gauceran, en 1039.
  • Acte exceptionnel de dévotion (1455)
    Fondation par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, d'une lampe de deux marcs d'or, devant brûler nuit et jour, à perpétuité "devant le corps de monsieur saint Claude".
  • Destruction (1754)
    En 1754, peu avant la démolition de l'église Saint-Oyend-Saint-Claude, les reliques des deux abbés furent translatées en l'église Saint-Pierre-Saint-Paul-Saint-André, ancienne abbatiale, érigée en cathédrale en 1742.
  • Pillage (1794)
    En 1794, les révolutionnaires pillèrent le trésor de la cathédrale et emportèrent le corps de saint-Claude pour le brûler. Seul un bras et un os de la main furent récupérés par un habitant de Saint-Claude.
Rayonnement(s) :
  • Diocésain (1801 -> 2017)
    Le rayonnement du pèlerinage de Saint-Oyend n'est pas connu. Celui du pèlerinage Saint-Claude au Moyen Âge et à l'époque moderne s'étendait aux diocèses voisins de celui de Lyon, mais aussi à des villes ou régions beaucoup plus éloignées (Douai, Metz, Paris, La Rochelle, Nice, Aquitaine, Champagne, Orléanais, etc.). On relève également des miraculés originaires de la Norvège, de la Sicile et de Gênes. Depuis 3 siècles environ, plusieurs pèlerins de Pissnavache, commune de Bians-les-Usiers dans le haut Doubs, effectuent chaque année le pèlerinage à Saint-Claude à l'occasion de la fête du saint. Les habitants de ce hameau auraient à l'origine invoqué le saint, patron de leur église, pour protéger leur communauté de la grêle. En remerciement de la protection du saint, ils promirent d'effectuer chaque année le pèlerinage à Saint-Claude, voeu respecté jusqu'à ce jour. Depuis 2007, le diocèse organise à nouveau le pèlerinage à Saint-Claude, avec procession des reliques depuis la place des Carmes jusqu'à la cathédrale et messe en la cathédrale. Les articles parus dans la presse locale font état d'un millier de pèlerins environ.
  • International (501 -> 1701-1801)
    Le rayonnement du pèlerinage de Saint-Oyend n'est pas connu. Celui du pèlerinage Saint-Claude au Moyen Age et à l'époque moderne s'étendait aux diocèses voisins de celui de Lyon, mais aussi à des villes ou régions beaucoup plus éloignées (Douai, Metz, Paris, La Rochelle, Nice, Aquitaine, Champagne, Orléanais, etc.). On relève également des miraculés originaires de la Norvège, de la Sicile et de Gênes.

RÉFÉRENCES

Source(s) :
  • Miracles publiés (1694)
    "Acta Sanctorum, jun.1." Anvers, 1695. Sont publiées : les "Vie brève" et "Vie longue" de saint Claude, les deux livres des miracles.
  • Livre liturgique (XIIIe siècle)
    Lectionnaire, ms.11 des archives départementales du Jura. Contient l'office de saint Claude, la "Vita brevior" de saint Claude, la série ancienne des "Miracula".
  • Site internet
    Description architecturale et archéologique de l'église Saint-Oyend-Saint-Claude : http://care.tge-adonis.fr/care/index.php?title=SAINT-CLAUDE,_%C3%A9glise_Saint-Oyend
Bibliographie :
  • BULLY, A., «L'abbaye de Saint-Claude à la fin du Moyen Âge : enjeux et enseignements d'un grand chantier », in Revue d'Histoire de l'Eglise de France, t. 97, janvier-juin 2011, Paris, 2001, p. 5-33.
  • MARTINE, F., Vie des Pères du Jura, Paris, 1968.
  • DUHEM, G., Saint Claude.Vie et présence, Lons-le-Saunier, 1960.
  • BENOîT, P. (dom), Histoire de l'abbaye et de la terre de Saint-Claude, 2 vol., Montreuil-sur-Mer, 1890-1892.
  • BOGUET, H., Les actions de la vie et de la mort de saint Claude avec ses miracles, Lyon, 1609.
Etude(s) universitaire(s) :
  • BULLY, Aurélia, Entre réformes et mutations : la vie spirituelle et matérielle de l'abbaye de Saint-Oyend-de-Joux (Saint-Claude) de la fin du XIVe siècle au début du XVIe siècle, Thèse de doctorat, ss. dir de Nicole Bériou et Pierre Gresser, Franche-Comté, 2006, 2 volumes.

PHOTOGRAPHIES LIÉES

Objet de dévotion :
Edifice :
  • Vue de la cathédrale de Saint-Claude, ancienne abbatiale des Trois-Apôtres, et emplacement de l'ancienne église Saint-Oyend, démolie en 1754 - ROBERT LE PENNEC - 2006
Autre :
  • Statuette pendentif taillée dans l'os représentant un abbé mitré, saint Claude, découvert dans la fouille de l'ancien Palais abbatial de Saint-Claude - ROBERT LE PENNEC

À PROPOS DE L'ENQUÊTE

Enquêteur :
  • BULLY Aurelia
Rédacteur :
  • BULLY Aurelia
Date de l'enquête :
2006
Date de rédaction de la fiche :
2009
Etat de l'enquête :
En cours
Pour citer cette ficheBULLY Aurelia, « Saint-Claude et Saint-Oyend », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/346/saint-claude-et-saint-oyend, version du 23/06/2017, consulté le 18/08/2017