INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Antoine-en-Viennois

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Antoine-en-Viennois
Période d'activité :
1083 - 2017
Commune :
Saint-Antoine-l'Abbaye
Département :
Isère

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Saint-Antoine-l'Abbaye
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Grenoble-Vienne (1790 - 2017)
Ancien: Vienne (1080-1090 - 1790)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Antoine-l'Abbaye (? - 2017)
Ancienne: La Motte-aux-Bois puis Saint-Antoine-en-Viennois (1083 - ?)

Site

Type de site :
Colline
Altitude :
449 m
Compléments :
Avant-pays dauphinois, sur le plateau de Chambaran (région des "Terres Froides"), zone de molasse.

Paysage

Type de couvert végétal :
Bois
Type de l'habitat :
Bourg
Type de proximités :
Axe de circulation
Compléments :
Point de passage au débouché des Alpes, lié à une dérivation en fonction de l'attrait du pèlerinage, sur la route conduisant de la vallée de l'Isère à celle du Rhône (direction du Puy, de Saint-Jacques de Compostelle) et de celle-ci à la route de Chartreuse en direction de l'Italie (vers Rome) par Les Échelles et la Savoie.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Antoine-en-Viennois (1083 - 2017)
Compléments :
Des reliques supposées de saint Antoine parvinrent en Dauphiné vers 1070, ramenées de Constantinople par un seigneur local qui avait effectué un pèlerinage en Terre Sainte. Les reliques furent déposées dans le village de la Motte-aux-Bois, à mi-chemin entre Grenoble et Valence, qui prit alors le nom de Saint-Antoine. L'ordre des hospitaliers de Saint-Antoine-en-Viennois naquit vers 1095, à l'époque où apparut en Europe l'ignis sacer ou "maladie de l'ergot de seigle". Les pèlerins commencèrent à affluer à Saint-Antoine, où les moines du prieuré, dépendant de l'abbaye de Montmajour, étaient en charge de la garde des reliques et de la pastorale du lieu. Mais c'est particulièrement la qualité des soins prodigués aux pèlerins et malades et la construction, puis l'extension d'un hôpital, qui firent de l'endroit un lieu réputé de pèlerinage.
Type de lieu de culte :
Abbatiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Antoine
Saints patrons :
  • Antoine (1090 - 1776)
Compléments :
D'abord prieuré de l'abbaye bénédictine de Montmajour, devenu abbaye de chanoines réguliers de Saint-Augustin et chef d'ordre en 1297 par décision de Boniface VIII. Suppression et incorporation à l'ordre de Malte en 1776. Église paroissiale depuis la Révolution.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Antoine
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
?
Emplacement :
Grand autel et chapelle du Saint Bras pour le fragment prélevé en 1237. Anfractuosité du mur de l'église pour la châsse de saint Antoine en 1200. Reliquaire d'or, dans la chapelle du saint Bras, pour la relique du saint Bras, fin XVe s.
Datation de l'objet :
355
Compléments :
Après 1297 et la séparation entre Bénédictins et Antonins demeurés maîtres des lieux, les premiers dirent avoir emporté avec eux à Montmajour les reliques du saint, tandis que les Antonins, forts de la reconnaissance des reliques de 1307, affirmèrent les avoir conservées sur place. Quelques années avant le début du conflit qui opposa les deux ordres, l'abbé de Montmajour avait offert aux religieux de Saint-Antoine une châsse d'argent pour contenir les reliques. Celle-ci fut détruite en 1562. En 1648, le président de la chambre des comptes, Jean du Vuache, commanda à l'orfèvre Jean Eynardon le soin de confectionner une nouvelle châsse pour saint Antoine, qu'il offrit à l'abbaye.
Les reliques d'Antoine passaient pour être revêtues d'un vêtement, don de saint Paul pour certains, ou propre vêtement d'Antoine pour d'autres. Le témoignage d'Hugues de Lincoln en 1200 évoque « les restes enveloppés dans la tunique de saint Paul ermite (Hugues de Lincoln, Magna Vita Sancti Hugonis, éd. D. L. Dovie, H. Farmer, Oxford, 1985, p. 159).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Tradition reçue de la translation des reliques de saint Antoine depuis Constantinople vers 1070, par Jocelyn de La Motte, accomplissant le voeu paternel de pèlerinage en Orient, et sur injonction de saint Antoine après que celui-ci l'eut guéri miraculeusement de ses blessures au combat. Vers 1080-1090, miracle fondateur de la Fraternité hospitalière : Gaston et son fils Girin sont guéris de leur maladie par saint Antoine qui leur ordonne de planter ici-même l'arbre de la charité destiné à abriter tous les misérables qui se réfugieront sous ses branches. À la fin du XIe s., le fils d'un noble, atteint du mal des ardents, fut guéri sur l'intercession de saint Antoine. Le père fonda alors une confrérie et un hôpital destiné à accueillir les malades atteints de l'ignis sacer, dit aussi "feu de saint Antoine".
Miracles :
Les reliques de saint Antoine déposées à Saint-Antoine-en-Viennois acquirent la réputation d'être un intercesseur puissant dans les cas de maladie de l'ergot de seigle ou mal des ardents, spécialité par excellence de saint Antoine. Mais le saint n'était pas cantonné au miracle thérapeutique. En 1457, Jacques de Seyssel, un savoyard qui avait tenté de dérober l'or du Saint Bras, resta pétrifié, jusqu'à son arrestation, qui fut suivie de pendaison. En 1459, Jeanne Michel fut exorcisée et délivrée du démon, qui se manifesta sous la forme d'une grosse mouche sortant de la bouche de la possédée.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Pèlerinage judiciaire
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Biens de la terre
Jour(s) de fête :
  • Ascension
  • Antoine abbé
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Thérapie : soin du « mal des ardents » ou « feu de saint Antoine » (gangrène due à l'absorption d'ergot de seigle), par l'utilisation du Saint Vinage obtenu par l'infusion des reliques dans du vin (environ 100 malades en 1475, aucun numerus clausus n'étant d'ailleurs admis), mais aussi de « toutes les maladies », la lèpre en particulier, et des effets des accidents. Les malades sont tenus de découvrir leurs mutilations « afin d'encourager les fidèles à plus de dévotion, de compassion et de déférence à l'égard du saint » (Statuts de 1477-1478).
Aumônes : outre l'hébergement à vie des mutilés – les « estioménés » -, l'entretien des lépreux du voisinage et un repas par an pour la multitude de leurs pareils affluant à cette occasion, don de pain chaque jour à une foule de pauvres, aux passants nécessiteux, un repas complet par jour (600 sétiers de grain nécessaires selon l'évaluation d'Aymar Falco en 1534) ; à l'entrée de l'hiver, distribution de vêtements pour les pauvres ; pour Noël, don de pain, de vin et de viande à 80 familles de 8 personnes ; au début du Carême, 60 florins pour des pauvres malades ou infirmes ; le Jeudi Saint, accueil de 12 pauvres en privé et distribution à l'extérieur de 6 quartaux de gain ; pour Pentecôte, don de pain ; et « Dieu seul connaît l'ensemble des autres aumônes » privées distribuées.
Recours variés : contre la famine, pour demander la pluie, exorcisme….
Conversions de gens entrés sans dévotion et qui aussitôt connurent la conversion selon Aymar Falco.
Les voeux à saint Antoine étaient multiples : en 1348, le marchand Picard mourut en demandant qu'on accomplisse pour lui des pèlerinages à Notre-Dame du Puy, Saint-Antoine-en-Viennois et Saint-Claude. En 1522, les consuls de Valence décidèrent, en pleine épidémie, d'accomplir un pèlerinage collectif à Saint-Antoine. En 1504, période de grande famine, on sortit le Saint Bras pour le porter en procession hors de l'église afin d'obtenir la pluie. Les personnalités qui se sont rendues en pèlerinage à Saint-Antoine sont nombreuses : on compte parmi celles-ci le roi de Sicile et Comte de Provence, Jacques d'Aragon, le Duc de Bourgogne, le roi Sigismond, Charles IV, Martin V de retour du concile de Constance, Philippe de Chantemillan, femme laïque de Vienne réputée sainte, l'empereur Maximilien au XVIe siècle, les ducs de Milan, de Jean Galéas Visconti jusqu'à Francesco Sforza, Louis XI fit deux donations importantes au sanctuaire en 1475 et 1482, la seconde au profit d'une chapelle Notre-Dame des Grâces.
En 1477, le pèlerinage était classé en tête des richesses pouvant être exploitées par le Dauphin.
Pratiques individuelles :
  • Embrasser
  • Prières
  • Toucher
  • Passer sous la relique
  • Vinage
  • Dons
Pratiques en présence du clergé :
  • Processions
  • Imposition de reliquaire
  • Imposition de relique
  • Vinage
  • Tournée de quêtes
  • Fondation de messes et d'offices
Ex voto :
  • Anatomique
    Divers ex-votos, anatomiques, de cire ou de métal, non conservés (on en connaît par exemple pour le XVe siècle, 1630, etc). « Images, bras, potence – le Tau -, petit porc en argent, or, étain et autre métal » [Statuts de 1477-1478] ; Jambe en argent doré par Jean Galéas Visconti (fin XVe s.), suspendue devant le grand autel. Au milieu du XVe siècle, Francesco Sforza donna une statue d'argent et des statues de pierre de ses enfants. Ludovic le More offrit un ex-voto de l'un des siens miraculeusement guéris, ainsi qu'une croix précieuse. 1630, texte gravé, Ex-voto de la ville de Romans, consistant en une plaque de cuivre circulaire gravée indiquant que les habitants fondèrent une messe à diacre et sous-diacre annuelle et à perpétuité pour remercier saint Antoine d'avoir préservé la ville de la peste.
Confrérie(s) :
  • Saint-Antoine (1396)
    La confrérie de Saint-Antoine a été fondée en 1396.
  • Saint Esprit
    Cette confrérie, dont la date de fondation est inconnue, est mentionnée par les Statuts de 1477-1478. Ses membres devaient distribuer des aumônes à tous les pauvres qui se présenteraient durant les trois jours de Pentecôte.
Indulgence(s) :
  • Partielle
    Innocent VI (1352-1362) accorde un 20 février une indulgence d'un an et quarante jours pour la fabrique de l'église « attentes quod facultates ejusdem monasterii ob guerras illis partibus vigentes valde diminute erant ». Un 11 janvier, il accorde une indulgence de même durée pour l'hôpital du monastère.
  • Partielle
    Grégoire IX (1370-1378) accorde des indulgences à ceux qui visitent le monastère et donnent leurs biens pour la fabrique.
  • Partielle (1298)
    En 1298, Boniface VIII accorde une indulgence d'un an et 40 jours pour les visiteurs de l'abbaye pendant l'octave de la fête du saint (indulgence étendue à tous les bienfaiteurs de l'hôpital), entérinant ainsi les choix et décisions de ses prédécesseurs.
  • Partielle (1372)
    Urbain V (1362-1370) accorde "plures indulgentias vistantibus ipsum monasterium et aliquid de bonis suis ad fabricam....conferentibus largitus est".
  • Partielle 6035 j. (XVe siècle)
    Sixte IV (1471-1484) accorde une indulgence « à tous les bienfaiteurs, visiteurs et aux confrères des confréries de saint Antoine ». Les recteurs des paroisses et les Antonins ayant reçu les confessions des pénitents deux fois par an peuvent les relever de l'excommunication, de l'interdit et autres sentences, censures et peines, à l'exclusion des cas réservés au pape, avec possibilité de commuer les voeux de pèlerinage à Jérusalem ou à Saint-Jacques de Compostelle.
  • Partielle (1692)
    Innocent XII (1691-1700) accorde l'indulgence des 7 autels, pour une période de 7 ans.
Compléments sur le culte :
Reptation des célébrants sous la châsse précieuse dominant le grand autel et procession solennelle de l'Ascension, où la châsse de cyprès est conduite jusqu'à l'église voisine de Notre-Dame. Ostension du Saint Bras pour les grandes fêtes et aussi chaque jour, lors des messes, avec déplacement, si nécessaire du fait de l'affluence, depuis la chapelle du Saint Bras, dans une autre, plus vaste. Baiser du Saint Bras conservé dans le reliquaire précieux offert par Jean Galéas Visconti à la fin du XIVe siècle et présenté par le brassier, l'un des officiers majeurs du chapitre. Messes (11000 de fondation en 1534), accompagnées du dépôt au pied de l'autel d'offrandes par les fidèles, des plus humbles aux plus puissants (monnaie, joyaux, ornements précieux….). Dans les statuts de la réforme promulgués en 1478, on parle des fidèles qui se pressaient au pied du grand autel pour y déposer leurs offrandes pendant la messe et qui envahissaient la chapelle du Saint- Bras au point qu'il fallait souvent se déplacer dans la chapelle voisine pour célébrer plus calmement. Les statuts de l'hôpital stipulent que les malades devaient laisser leurs mutilations découvertes. Le maître du pilon, un malade désigné par l'abbé, recevait les aumônes avec ses aides. Deux autres malades étaient chargés de leur distribution. En échange de cette aide, le maître du pilon ou un autre malade était chargé de prier pour les pèlerins. Les pèlerins de Saint-Antoine pouvaient se procurer les sceaux d'or, d'argent, d'étain ou autre, portant les images, tête, bras, tau ou porc dont la vente était réservée au prieur claustral. La liste des indulgences supra n'est pas exhaustive, celles-ci ayant été très nombreuses (Urbain IV Clément IV, Grégoire X, Innocent V, Nicolas IV, Boniface VIII, Benoît XI, Clément V, Innocent VI, Urbain V, Grégoire XI, Sixte IV, Innocent VIII, Grégoire XIII, Innocent XI, Innocent XII).

L'ÉDIFICE

Description :
Vaste ensemble monumental composé de l'église (médiévale) et des bâtiments abbatiaux (XVIIe siècle) conservés. L'église, de vastes proportions (72 x 34 m , 22 m de hauteur sous voûte sur 3 niveaux), a connu 2 périodes majeures de construction : le XIIIe siècle a vu l'élévation du choeur, puis à partir des années 1320, le chantier repris avec la construction de la nef et les travaux se poursuivirent jusqu'à la fin du XVe siècle. L'édifice qui la précéda fut construit à la fin du XIe siècle ; un acte aujourd'hui reconnu comme un faux, mentionne sa consécration par Calixte II en 1119. Restaurations après les guerres de Religion et érection des nouveaux bâtiments monastiques.
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
  • Hospices
    Maison de l'Aumône (vers 1090) ; Grand Hôpital ou Hôpital des Démembrés (avant 1331) ; Nouvel Hôpital (vers 1336) ; Hôpital de Fréchet (1342) ; Hôpital de Béziers, Saint-Jacques, pour les pèlerins pauvres (vers 1380) ; Hôpital des Pauvres Femmes (1402) ; une léproserie.
Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
  • Chapelle
    Chapelle des Trois Martyrs.
  • Chapelle (1301-1399)
    La chapelle du Saint-Bras, fondée à la fin du XIVe siècle par Jean Galéas Visconti, reçut le bras de saint Antoine, prélevé du reliquaire en 1237.

HISTOIRE DU SANCTUAIRE

Origines :
Date de première mention : 1080-1090
Initiative de la fondation :
  • Seigneur laïc
Environnement institutionnel, politique et religieux :
Transfert des reliques à la fin du XIe siècle par Jocelyn de La Motte, lors de son retour d'Orient. Établissement d'un prieuré bénédictin dépendant de l'abbaye de Montmajour et création d'une fraternité hospitalière par un groupe de laïcs. L'église de la Motte-aux-Bois, future Saint-Antoine, fut confiée aux Bénédictins de Montmajour au plus tard en 1083. L'église du lieu, dédiée à la Vierge, était la possession d'un laïc, Jocelyn, puis de son successeur, Guigues Didier. La fraternité laïque des origines aurait remis les reliques à la garde des Bénédictins. Après des décennies de conflits, le pape Boniface VIII trancha en 1297 en faveur des Antonins et unit le prieuré, qu'il enleva à la juridiction des Bénédictins, à l'hôpital et l'érigea en abbaye exempte de trente chanoines obéissant à la règle de saint Augustin, ceux-ci devant indemniser annuellement les moines de Montmajour. Le conflit n'en fut pas terminé pour autant, et après la suppression pure et simple de la charge abbatiale de Montmajour, pour faire de ce monastère un préceptorat de l'ordre des Antonin, les moines de Montmajour affirmèrent avoir emporté avec eux les fameuses reliques de saint Antoine, au moment même où le pèlerinage atteignait son apogée. En 1491 eut donc lieu l'ouverture de la châsse contenant les reliques de saint Antoine à Saint-Antoine-en-Viennois et le pape Innocent VIII reconnut leur authenticité.
Phases d'évolution :
Très long conflit médiéval entre Montmajour et la Fraternité hospitalière aux structures rapidement cléricalisées (temps des Grands Maîtres), jusqu' au règlement arrêté par Boniface VIII en 1297, mettant fin à la présence des moines de Montmajour et érigeant Saint-Antoine en abbaye exempte de l'ordre de saint Augustin. Puis état de crise permanente entre les deux maisons, liée au problème de la pension compensatrice à verser à Montmajour, réglé définitivement en 1502 seulement. La suppression des Augustins fut décrétée en 1776 et les bâtiments furent transférés à l'ordre de Malte.
Evénements marquants :
  • Reconnaissance de reliques (XIIe siècle)
    Une première reconnaissance des reliques eut lieu entre 1131 et 1136.
  • Reconnaissance de reliques (1237)
    En 1237 eut lieu le prélèvement du Saint Bras, qui offrit bientôt dans sa chapelle une nouvelle source de sacralité.
  • Reconnaissance de reliques (1307)
    Une nouvelle reconnaissance des reliques eut lieu sous Aymon de Montagne, dernier Franc Maître et premier abbé du monastère indépendant.
  • Reconnaissance de reliques (1491)
    Il y eut cette année là, au moment du règlement du conflit avec Montmajour, deux reconnaissances, l'une pour l'Ascension, l'autre en octobre.
  • Guerres (1562)
    Au moment des guerres de Religion, entre 1562 et 1590, l'abbaye fut pillée, les hôpitaux détruits, la châsse fut volée et détruite.
  • Reconstruction (XVIIe siècle)
    Au XVIIe siècle, restauration des lieux et construction de l'ensemble des bâtiments abbatiaux, subsistant après la Révolution, lorsque Saint-Antoine devint une simple église paroissiale.
Rayonnement(s) :
  • International (1201 -> 1550)
    Entre le début du XIIIe siècle et le milieu du XVIe siècle, le pèlerinage devint international. Le renouveau de la période moderne est d'abord local, pendant les guerres de Religion, puis régional au XVIIe siècle, mais ne dépasse pas l'espace français. Pèlerins illustres (avant les guerres de Religion) : Papes Calixte II, Urbain V (1365), Martin V (1415) ; Rois de France : Charles V, Charles VII, Louis XI, François Ier ; Empereurs : Charles IV (1365), Sigismond (1415), puis Maximilien qui donna ses armes à l'abbaye ; Roi de Sicile et comte de Provence ; Roi d'Aragon (Jacques d'Aragon) ; ducs de Milan (Jean Galéas Visconti, François Sforza) ; Comte de Savoie (Amédée VI en 1362) ; Duc de Bourgogne (Philippe le Hardi en 1365)…. Venue de pèlerins « exotiques » : « frères arrivés d'Éthiopie ». On dispose, pour la fin du Moyen Âge et le XVIe siècle, de quelques indications de fréquentation. En 1375, la carte catalane indiquait Saint-Antoine. Vers 1380, l'itinéraire brugeois au profit des pèlerins se rendant à Rocamadour, Saint-Jacques ou encore Jérusalem, indiquait deux chemins dont celui, indirect, passant par Saint-Antoine. L'étape est également mentionnée à la fin du XVe siècle dans l'itinéraire de l'Allemand Pierre de Fribourg. En 1450, la communauté de Saint-Antoine se plaignait de la modestie de l'affluence des pèlerins, en raison des guerres qui touchaient l'Italie et la France. ". Néanmoins, la situation semble s'être redressée rapidement puisque dans les années 1477-1480, les statuts réformateurs indiquent que l'affluence des pèlerins était souvent trop importante pour que les célébrations puissent avoir lieu dans la chapelle du Saint-Bras. Une chronique de l'Antonin Aymar Falco de 1534 fait état à plusieurs reprises des foules qui se pressaient au sanctuaire. En 1476-1477, un « grand concours de peuple » assistait à la prédication du franciscain Jean Bourgeois. En 1504, « une multitude incroyable » y affluait. En 1514, il rapporte que ce sont dix mille Italiens qui venaient à Saint-Antoine, puis un nombre incroyable quelques années plus tard, parmi lesquels des gens d'Allemagne et de Hongrie (Aymar Falco, Antoninae historiae compendium ex variis iisdem gravissimis ecclesiasticis scriptoribus…, Lyon, 1534).
  • Local
    Le pèlerinage n'avait, à l'origine, qu'une ampleur locale.
  • Régional (1101 -> 1200)
    Au XIIe siècle, le pèlerinage avait un rayonnement régional.

RÉFÉRENCES

Source(s) :
  • Archives (1477-1478)
    Arch. dép. de l'Isère, 10 H 4 : statuts réformateurs de 1477-1478.
  • Source publiée (1534)
    Aymar Falco, Antonianae Historiae Compendium, Lyon, (Théobald Payen), 1534, 116 f.
  • Témoignages
    Récit de pèlerin : Hans von Waltheym éd. Noël Coulet, dans Provence historique, 41, 166, 1991. Eustache Piémont, Mémoires, éd J. Brun-Durand, Valence, 1885, (Slatkine reprints), Genève, 1973.
  • Cartes anciennes
    Carte Catalane de 1375 (éd. J. Lelewel, Atlas composé de 35 planches, Bruxelles, 1843, pl. 23). F. Berlinghieri, Geografia, Florence, 1482 (BNF, Paris, Ge DD 1990), dans M. A. de Lewis-Trafford, L'évolution de la cartographie, Chambéry, 1950, p. 23-24).
  • Images
    Tentures murales de lin représentant la vie de saint Antoine, oeuvre de l'Antonin Jean Macellard, exposées dans l'édifice aux jours de fêtes, disparues, mais reproduites dans deux manuscrits conservés à la Bibliothèque Laurentienne de Florence [Med. Pal. 143] et à la Bibliothèque de Malte (années 1420-1430).
  • Archives
    Arch. dép. du Rhône, 49 H 1-1332, fonds de Saint-Antoine-en-Viennois (en particulier 49 H 446-464, confrérie du Saint-Esprit; 49 H 422-464, Hôpital des infirmes; 49 H 864, Reliques, offices, messes votives, fondations, etc.)
  • Archives (XVIIe siècle)
    Bibliothèque du Grand Séminaire de Grenoble, Inventaire des titres et des…fondations faites en l'église de cette abbaye…, s.n., fin XVIIe siècle.
  • Archives (1744)
    Arch. dép. de l'Isère, ms. in folio : Inventaire raisonné des titres et papiers concernant l'abbaye de Saint-Antoine rédigé en 1744 par le RP. Louis-Nicolas Hussenot.
Bibliographie :
  • PARAVY, P., «La mémoire de Saint-Antoine à la veille de la Réforme. Le témoignage d'Aymar Falco (1534) », in Écrire son histoire. Les communautés régulières face à leur passé, Actes du 5e colloque International du CERCOR, Saint-Étienne, 6-8 novembre 2002, CERCOR, Travaux et Recherches, Saint-Étienne, 2005, p. 583-609.
  • MISCHLEWSKI, A., Un ordre hospitalier au Moyen Âge. Les chanoines réguliers de Saint-Antoine en Viennois, (traduction de la première édition allemande de Cologne-Vienne, 1976), Grenoble, 1995.
  • PARAVY, P., De la Chrétienté romaine à la Réforme en Dauphiné. Évêques, fidèles et déviants (vers 1340-vers 1530), 2 vol., Collection de l'École Française de Rome, 183, Rome, 1993, p. 681-693.
  • PARAVY, P., «Le Pèlerinage à Saint-Antoine », in Provence historique, XLI, oct.-nov., 1991.
  • QUARRÉ, P., «L'église abbatiale de Saint-Antoine en Viennois », in Congrès archéologique de France, 130e session (1972, Dauphiné), Paris, 1974, p. 411-427.
  • BLIGNY, B., L'Eglise et les ordres religieux dans le Royaume de Bourgogne aux XIe et XIIe siècles, Grenoble, 1960.
  • DIJON DOM H., L'église abbatiale de Saint-Antoine en Viennois. Histoire et archéologie, Grenoble, 1902.
Etude(s) universitaire(s) :

PHOTOGRAPHIES LIÉES

Objet de dévotion :
Edifice :
Autre :

À PROPOS DE L'ENQUÊTE

Enquêteur :
  • Paravy Pierrette
Rédacteur :
  • Paravy Pierrette
Date de l'enquête :
2002
Date de rédaction de la fiche :
2013
Etat de l'enquête :
En cours
Pour citer cette ficheParavy Pierrette, « Saint-Antoine-en-Viennois », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/344/saint-antoine-en-viennois, version du 16/09/2014, consulté le 20/08/2017