INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-d'Embrun

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-d'Embrun
Période d'activité :
XIIIe siècle - 2017
Commune :
Embrun
Département :
Hautes Alpes

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Embrun
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Gap-Embrun (1790 - 2017)
Ancien: Embrun (1301 - 1790)
Paroisse :
Actuelle: Embrun (1301 - 2017)
Ancienne: Embrun (1301 - ?)

Site

Type de site :
Plateau
Altitude :
871 m
Compléments :

Plateforme sur Le Roc dominant la Durance de 80 m. Se trouve au coeur de la ville archiépiscopale, poste-clef sur la route du col du Mont Genèvre reliant l'Italie à la Provence et à l'Espagne (route des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle).


Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Abbaye
Axe de circulation
Cours d'eau
Remparts
Compléments :

Présence du palais archiépiscopal et des maisons des chanoines.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-d'Embrun (XIIIe siècle - 2017)
Type de lieu de culte :
Cathédrale
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame
Saints patrons :
  • Notre Dame (1301 - 2017)
Compléments :
Dans une bulle du pape Victor II (1054-1057) à l'archevêque d'Embrun Viminien, l'église cathédrale est déjà désignée sous le vocable de Notre-Dame.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame des Trois Rois
Nature de l'objet :
Peinture murale
Matériau de l'objet :
Inconnu
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Tympan du porche nord de l'édifice.
Datation de l'objet :
XIVe siècle
Compléments :
La peinture murale polychrome, disparue lors des guerres de religion, représentait la Vierge et l'enfant, entourés des trois rois, de Joseph et d'un ange.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Les origines du pèlerinage sont inconnues. Une forte dévotion mariale dans le diocèse est néanmoins constatée dès la période antérieure.
Miracles :
Les récits de miracles concernent la période 1339-1340 puis la fin du XVe siècle à partir de 1482 et la période moderne. Ces témoignages sont connus de deuxième ou troisième main. Le long intervalle entre les deux premiers ensembles de récits de miracle est dû à des lacunes dans la documentation et aux troubles que connut la région dans la seconde moitié du XIVe siècle. Les vingt-sept miracles de la première période concernent des guérisons d'estropiés ou d'agonisants, des résurrections : en 1339 un certain Caire, d'Embrun, et sa femme, ayant perdu l'un de leurs enfants, prièrent la Vierge de Réal de leur rendre leur enfant et promirent, en reconnaissance, de lui offrir le linceul dans lequel il avait été inhumé ; un paralytique de Vars fut guéri le 11 mars 1339, le 30 juin 1363, Marie, femme de Pierre Bonnet, de Pisançon, vint déposer le linceul de son fils ressuscité qu'elle avait voué à Notre Dame de Réal. L'audience de Notre-Dame était alors principalement limitée aux régions de la haute et de la moyenne Durance. La seconde série de récits introduit une nouveauté avec l'apparition d'une spécialité consistant en la guérison des épileptiques : guérison de Martin Rame en 1481 ou encore de Michel Aymar en 1483. Les guerres d'Italie assurèrent une plus large fortune au pèlerinage d'Embrun en même temps qu'une autre nouvelle spécialisation : plusieurs miracles en effet relatent l'intercession de Notre-Dame dans le cas de blessures lors des combats. Thomas du Puérin, blessé par une flèche à Pavie, fut sauvé par sa prière à la Vierge. Un habitant de Savines, en 1465, blessé lors de la bataille de Montlhéry, bénéficia d'un double miracle. Avec la période de la Réforme, la nature des miracles changea : au XVIIe siècle, les miracles concernaient en effet des enfants perdus, miraculeusement retrouvés ou encore des condamnés à mort qui échappaient à la potence.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Pèlerinage judiciaire
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Epidémie
  • Répit
  • Thérapie
  • Libération des prisonniers
Jour(s) de fête :
  • Nativité Vierge Marie
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Grand concours de peuple au moment de la fête du 8 septembre, mais présence de pèlerins tout au long de l'année.
Pratiques individuelles :
  • Circumambulation
  • Cire
  • Prières
  • Dons
  • Se rendre pieds nus au sanctuaire.
  • Jeûne
Pratiques en présence du clergé :
  • Confessions
  • Prières
  • Processions
  • Messe
  • Fondation de messes et d'offices
  • Office liturgique
Ex voto :
  • Autre (XIVe siècle)
    Grande variété : offrande d'un suaire par ceux qui ont échappé à la mort (10 cas au XIVe) ; nombreux cierges ; offrande du poids en blé de l'enfant malade ; nombreuses images en cire du miraculé ; un collier de fer ; le heaume que portait le miraculé de la bataille de Montlhéry ; les fers immobilisant une épileptique en crise (XIVe et XVe siècles) ; Deux images de l'enfant du maréchal Trivulsio, l'une en bois et l'autre en argent, revêtues de ses vêtements ; jambe d'argent du comte Mison ; Tableau représentant le seigneur de Vit, transpercé par la flèche qui ne l'a pas tué (XVIe siècle).
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
    • Plénière (1514)
      1514, indulgence du pape Léon X, plénière pour 60 ans à ceux qui, à la Nativité et l'Annonciation de la Vierge, visiteraient la cathédrale et lui feraient des aumônes, pour partie pour la réparation du Réal ou du vestibule et pour partie pour la reconstruction de Saint-Pierre et Saint-Paul de Rome.
    Compléments sur le culte :
    Rôle essentiel du clergé dans l'encadrement du pèlerinage, les malades étant pris en charge par ceux qui les accompagnent depuis leur arrivée de nuit jusqu'aux Matines et tout au long de l'office. Pour les fidèles : célébrations des messes, choix du pèlerinage en silence, circumambulation à genoux, en portant l'enfant malade, pèlerinage nus-pieds (plusieurs cas), pratique du jeûne.

    L'ÉDIFICE

    Description :
    Monument le plus important des Alpes françaises, construit à partir du choeur entre 1170 et 1225, il est qualifié de "neuf" dès 1211 ; Des travaux ultérieurs furent nécessaires pour l'achèvement de la façade et du clocher. Les chapelles du bas-côté sud datent du XIVe. A l'intérieur se trouvent les stalles des chanoines datant du XVe siècle ainsi que l'orgue offert ultérieurement par Louis XI.
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    • Autre (XIVe siècle)
      Le porche nord, au tympan duquel figurait la peinture représentant Notre-Dame des Trois Rois, était communément appelé le Grand Réal ou le Réal. Il se compose d'un portail à voussures en plein cintre, dont l'appareil est monochrome, et d'un baldaquin à l'arcade brisée et aux assises alternant schiste noir et calcaire blanc. Travaux vers 1585 pour restauration après les guerres de religion et pour clore latéralement le porche, le transformant en chapelle.
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1320
      Initiative de la fondation :
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        Fondation par Saint Marcellin, vers 360, de l'évêché devenu métropole des Alpes Maritimes. Selon la tradition, Charlemagne serait à l'initiative de la fondation [cf. 1490 : "Le grand Charlemagne fit faire le fondement de ton temple"]. Essor exceptionnel du diocèse à l'âge grégorien, du fait des donations princières et impériales (Conrad II, Conrad III, Guillaume de Hollande, Rodolphe de Habsbourg) et des bulles de confirmation pontificales (3e quart du XIIe siècle-XIIIe siècle). La cathédrale fut construite vers 1170-1225. 1ere mention : vers 1320, don d'une chape précieuse par Édouard II d'Angleterre, signe d'une dévotion particulière, et en novembre 1332 (1333), don de quatre lampes d'argent par l'archevêque Bertrand de Daux. Engagement vigoureux de l'archevêque Jean Baile, réfugié à Guillestre pendant l'épidémie de peste de 1482, qui décide de faire établir un recueil des miracles de Notre-Dame d'Embrun. Engagement non moins vigoureux des chanoines, comme en témoigne à la même date l'interrogatoire par leurs confrères de deux chanoines revenant de Bourges et coupables à leurs yeux de ne pas avoir exposé à Louis XI l'obligation, pour les épileptiques, de fréquenter régulièrement le pèlerinage du 8 septembre, sous peine de rechute. Rôle des souverains : Louis XI, pèlerin en 1449 et auteur de l'importante donation de 1482 d'un montant de 3970 ducats de rente pour la célébration d'une messe quotidienne perpétuelle " à ce que nous soyons participant en bienfaits, prières et oraisons de l'église de Notre-Dame d'Embrun, de notre pays du Dauphiné, auquel lieu et église avons singulière amour et dévotion", acte suivi de la concession par le pape Sixte IV d'un canonicat en faveur du roi et ses successeurs (23 janvier 1483) ; passages des rois suivants sur la route d'Italie, Charles VIII, Louis XII, François Ier, Henri II, Louis XIII.
        Phases d'évolution :
        Deux phases critiques : les guerres de Religion et la Révolution, avec le sac des archives en 1793.
        Evénements marquants :
        • Pillage (1585)
          Début d'incendie, mise à sac de l'édifice, pillage du trésor, destruction de l'image de l'Adoration des Rois du porche.
        Rayonnement(s) :
        • Diocésain
          Les miracles enregistrés pour le XIVe siècle rendent compte d'un pèlerinage diocésain, voire local. En fonction de la documentation lacunaire conservée, nous avons cependant bien la certitude d'une renommée extérieure au royaume dès le XIVe siècle (cf. le don d'une chasuble précieuse par Edouard II d'Angleterre vers 1320), mais les récits de miracles connus de seconde main par la copie de Marcellin Fornier de 70 d'entre eux, qui s'ordonnent en deux phases, montre bien que durant celle du XIVe siècle (1339-1363), l'audience du pèlerinage ne dépassait pas le diocèse d'Embrun et la partie la plus voisine de celui de Gap.
        • International (1401 -> 1500)
          Les miracles du XVe siècle font état d'un élargissement de l'audience de Notre-Dame d'Embrun vers la Provence, le nord et l'Italie. En effet, les récits de miracles connus de seconde main par la copie de Marcellin Fornier, pour la période comprise entre 1482 et 1526, montre une zone nettement plus étendue qu'au XIVe siècle, allant de la Provence au diocèse de Genève et à la Bourgogne, jusqu'à l'Italie du nord.
        • Local
          Au début du XVIIe siècle, les quelques cas isolés connus montrent que pèlerinage ne rayonne plus que localement.

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        • Recueil de miracles (1339-1536)
          « Recueils des plus illustres miracles arrivés par l'intercession de Notre-Dame d'Embrun », dans M. Fornier, Histoire générale des Alpes-Maritimes et Cottiennes et particulière de leur métropolitaine Embrun, (publié par l'abbé Paul Guillaume), Paris, 1890-1892, t. II, p. 674-739.
        • Archives
          Arch. dép. des Hautes Alpes, B 2994, MS. Roman-Amat, fragment d'un cartulaire de Notre-Dame- d'Embrun.
        Bibliographie :
        • PARAVY, P., «Deux métropoles dauphinoises foyers de pèlerinage à la fin du Moyen Âge. Vienne et Embrun », in Cathédrale et pèlerinage aux époques médiévale et moderne, sous la direction de Catherine Vincent et de Jacques Pycke, Louvain-la-Neuve (Bibliothèque de la Revue d'histoire ecclésiastique), 2010, p. 261-277.
        • PARAVY, P., De la Chrétienté romaine à la Réforme en Dauphiné. Évêques, fidèles et déviants (vers 1340-vers 1530), 2 vol., (Collection de l'École Française de Rome, 183), Rome, 1993, p. 694-702.
        • Thirion, J., «Notre-Dame-d'Embrun », in Alpes romanes, s.l., Zodiaque, 1980.
        • Thirion, J., «Notre-Dame-d'Embrun », in Congrés archéologique de France. Dauphiné, 1972, Paris, 1974, p. 91-135.
        • Enaud, F., «Le trésor de la cathédrale », in Congrès archéologique de France. Dauphiné, 1972, Paris, 1974, p. 136-151.
        • Fornier, M., Histoire générale des Alpes maritimes et cottiènes et particulière de leur métropolitaine Ambrun. 3 vol., Paris, 1890.
        • Gaillard, M.-E. (abbé), Histoire de Notre-Dame d'Embrun ou la Vierge du Réal, Gap, Imp. Jouglard, 1862.
        • Fabre, A., Recherches historiques sur les pèlerinages des rois de France à Notre-Dame-d'Embrun, Paris, 1860.
        Etude(s) universitaire(s) :

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        Edifice :
        Autre :

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • Paravy Pierrette
        Rédacteur :
        • Paravy Pierrette
        Date de l'enquête :
        1983
        Date de rédaction de la fiche :
        2013
        Etat de l'enquête :
        En cours
        Pour citer cette ficheParavy Pierrette, « Notre-Dame-d'Embrun », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/342/notre-dame-dembrun, version du 16/09/2014, consulté le 11/12/2017