INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Sainte-Céronne

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Sainte-Céronne
Période d'activité :
1896 - 2018
Commune :
Sainte-Céronne-lès-Mortagne
Département :
Orne
Eglise de Sainte-Céronne-les-Mortagne

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Sainte-Céronne-lès-Mortagne
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Séez (1822 - 2018)
Ancien: Séez (? - 1822)
Paroisse :
Actuelle: Sainte-Céronne-lez-Mortagne (? - 2018)
Ancienne:

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
200 m
Compléments :
A proximité des collines du Perche.

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Abbaye
Compléments :
L'abbaye de Soligny-la-Trappe se trouve à 5,5 km au nord, la ville de Sées à 35 km au nord-ouest.
Le ruisseau de Romigny coule en contrebas du village.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Sainte-Céronne (1896 - 2018)
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Sainte-Céronne-lez-Mortagne
Saints patrons :
Compléments :
A la Révolution, la commune était dénommée Mont-Cacune.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Sainte Céronne
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Derrière le maître-autel.
Datation de l'objet :
?
Compléments :
Le buste-reliquaire de sainte Céronne figure à gauche du tabernacle; à droite est exposé à la vénération le buste-reliquaire de saint Adelin, évêque de Sées.
L'ensemble est incorporé à un retable en pierre blanche et dorée des XVIIe-XVIIIe siècle.
Un bras-reliquaire reposait au XIXe siècle sur l'autel Notre-Dame.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Céronne serait née à Corneilhan près de Béziers dans la Province Narbonnaise au début du Ve siècle. La légende dit que son père Olympius était gouverneur de la ville ; comme son épouse Sarrabia, il demeurait attaché au culte des idoles. Seuls leurs enfants, Céronne et Sophronius (ou Suffranius, voire Vulfrain) désiraient se convertir au christianisme. Tous deux décidèrent de s'exiler et partirent vers Bordeaux où l'évêque Amand les instruisit et leur donna le baptême. Ayant pris, l'un l'habit sacerdotal et l'autre le voile des vierges, ils se séparèrent alors, Sophronius partant pour Rome et Céronne pour le nord-ouest de la Gaule. Empruntant les voies romaines, elle parvint jusque dans le Perche. Entre le Mont-Cacune et le Mont Romigny, au bord de l'Hoësne, Céronne choisit de s'arrêter ; elle fonda une communauté avec l'accord de l'évêque Hile, bâtit une petite chapelle dédiée à saint Marcel qu'elle vénérait et fit construire un oratoire sur le Mont-Romigny, non loin de sa modeste demeure. Elle puisait l'eau nécessaire à sa subsistance à deux sources qui existent encore, l'une face au hameau Saint-Marcel nommée Fontaine de la Bonne-Sainte-Céronne et l'autre, en contrebas de la colline, nommée Fontaine de l'Orion. Elle mourut vers 490 et fut inhumée dans l'oratoire. Sa renommé de sainteté se répandit dans tous les environs, attirant de nombreux fidèles. Les habitants de cette région mirent ensuite son corps en sécurité dans l'oratoire du Mont-Romigny, moins immédiatement accessible. Au Xe siècle, Adelin (ou Adalhelme) évêque de Sées fut guidé par une révélation ; il aurait exhumé les restes de sainte Céronne, miraculeusement préservés des attaques normandes. Il éleva le corps dans une châsse et bâtit pour l'abriter l'église Sainte-Céronne au pied du mont. Cette légende n'est pas vérifiable, l'évêque Adelin est connu pour avoir rédigé la vie de sainte Opportuna. Céronne apparaît dans les calendriers liturgiques du diocèse de Sées au XVe siècle. C'est au XIXe siècle que l'assise littéraire du culte de la sainte locale fut élaborée, favorisée vraisemblablement par la proximité des religieux de la Grande-Trappe.
Miracles :
Elle aurait favorisé la guérison des fiévreux. Au XIXe siècle, on buvait l'eau de la Fontaine "de la bonne Sainte Céronne".
Type(s) de motivation :
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Jour(s) de fête :
  • Céronne
Type de fréquentation :
Annuel (= juste pour une fête)
Compléments sur les fréquentations :
Une relique de Céronne était portée en procession au XIXe siècle, aux fêtes de la sainte, le 15 novembre et le troisième dimanche de juillet, qui marquait le souvenir de sa translation.
Pratiques individuelles :
  • Boire
Pratiques en présence du clergé :
    Ex voto :
    • Texte gravé
      A l'autel Sainte-Céronne dans l'église de Sainte-Céronne-lèz-Mortagne, on peut voir des plaques gravées laissées par les pèlerins.
    Confrérie(s) :
      Indulgence(s) :
        Compléments sur le culte :
        La sainte locale semble avoir fait l'objet d'un culte "classique" (exposition des reliques, inscription au calendrier) jusqu'à la fin du XIXe siècle, où un caractère pérégrinatoire prit forme.

        L'ÉDIFICE

        Description :
        L'église actuelle fut reconstruite au début du XIIe siècle sur un édifice plus ancien (Xe s.), lui-même édifié sur l'ancien oratoire dans lequel fut inhumée Céronne. "L'édifice se compose d'une nef prolongée par un choeur terminé en abside ronde. La tour, étayée de contreforts romans, se termine par un toit en bâtière percé de fenêtres lucarnes ajoutées à la Renaissance. Le premier étage comporte une voûte en coupole" (Base Mérimée).
        Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
          Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

            HISTOIRE DU SANCTUAIRE

            Origines :
            Date de première mention : ?
            Initiative de la fondation :
            • Groupe de fidèles
            Environnement institutionnel, politique et religieux :
            Au XIXe siècle, notamment quand les reliques dispersées à la Révolution purent être restituées, l'organisation d'un petit centre de pèlerinage se développa.
            Phases d'évolution :
            En 1820, on rédigea une notice sur la sainte, en 1832, Mgr Saussol authentifia les reliques, en 1857 l'office semi-double fut approuvé par Rome, en 1863 une parcelle des reliques fut envoyée à Baltimore (USA) pour le séminaire Saint-Charles. En 1876, le curé fit graver une inscription à la mémoire de la sainte sur une dalle qui aurait marqué son tombeau. En 1898, une délégation de personnes originaires de Corneilhan, où Céronne était née, vint chercher un fragment de l'os de la sainte, au cours d'une cérémonie présidée par Dom Etienne Salasc, abbé de la Grande-Trappe. La même année, des pèlerins de Sainte-Céronne se rendirent à Corneilhan, ce qui marqua le début d'un jumelage cultuel entre les deux villages.
            Evénements marquants :
            • Découverte d'un corps saint (910)
              Adelin, évêque de Sées, aurait découvert le corps de la sainte dans les ruines de l'oratoire de Mont-Romigny.
            • Destruction (1337-1453)
              Au cours de la guerre de Cent Ans, les anglais auraient dispersé le corps de la sainte, ne monnayant avec les habitants qu'un os du bras.
            • Pillage (1794)
              Le dénommé Follet, de la ville de Mortagne, s'empara du buste-reliquaire qu'il détruisit et blasphéma dans l'église. Il oublia néanmoins le bras-reliquaire de la sainte.
            • Reconnaissance de reliques (1832)
              Mgr Alexis Saussol procéda à la reconnaissance des reliques.
            • Acte exceptionnel de dévotion (1990)
              1500e anniversaire de la mort de sainte Céronne fêté à Sainte-Céronne-lèz-Mortagne, en présence de l'évêque Y.-M. Dubigeon.
            Rayonnement(s) :
            • Local (1832 -> 2018)
              Les pèlerins sont des gens des environs de Sainte-Céronne-lez-Mortagne. Seul le jumelage chrétien avec les habitants de Corneilhan confère un rayonnement plus large, quoique limité.

            RÉFÉRENCES

            Source(s) :
              Bibliographie :
              • Dolbeau, François, La vie latine de Sainte Céronne ermite en Normandie : essai d'interprétation d'une légende, Bruxelles, Société des Bollandistes, 1986.
              • Tarbouriech, S. (chanoine), Sainte Céronne de Corneilhan (410-490), Béziers, Papeterie St-François d'Assise, 1934.
              • André , H. (abbé), La Bonne Sainte Céronne et son culte, biographie populaire, Soligny-la-Trappe, Impr. de la Grande Trappe, 1900.
              • Blin, J.-B.-N., Vies des saints du Diocèse de Séez, Laigle, Montauzé, 1873.
              • Fête de Sainte Céronne, le 15 novembre et le jour de sa translation, Mortagne, L.P. Glaçon, 1820.
              Etude(s) universitaire(s) :

              PHOTOGRAPHIES LIÉES

              Objet de dévotion :
              • Buste-reliquaure
              Edifice :
              • Eglise de Sainte-Céronne-les-Mortagne
              Autre :

              À PROPOS DE L'ENQUÊTE

              Enquêteur :
              • Dieudé Jean
              Rédacteur :
              • Dieudé Jean
              Date de l'enquête :
              2006
              Date de rédaction de la fiche :
              2006
              Etat de l'enquête :
              En cours
              Pour citer cette ficheDieudé Jean, « Sainte-Céronne », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
              url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/237/sainte-ceronne, version du 14/12/2012, consulté le 11/12/2018