INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Frère Joseph-de-Ventron

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Frère Joseph-de-Ventron
Période d'activité :
1784 - 2017
Commune :
Ventron
Département :
Vosges

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Ventron
Hameau/Lieu-dit :
Aux Buttes
Diocèse :
Actuel: Saint-Dié (1823 - 2017)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle: Ventron (1784 - 2017)
Ancienne:

Site

Type de site :
Montagne
Altitude :
1050 m
Compléments :
Le site est une vaste clairière dans la forêt de sapins.

Paysage

Type de couvert végétal :
Forêt
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Frère Joseph-de-Ventron (1784 - 2017)
Type de lieu de culte :
Ermitage
Nom du lieu de culte :
Chapelle de l'ermitage
Saints patrons :
Compléments :
Le pèlerinage se déroule en plusieurs lieux : la chapelle de l'ermitage, l'emplacement de la hutte primitive de frère Joseph et l'église paroissiale où ses ossements ont été élevés.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Frère Joseph Formet
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Dans la sacristie de l'église paroissiale.
Datation de l'objet :
1784
Compléments :
Son corps reposa de 1784 à 1854 dans le cimetière paroissial de Ventron. Il fut exhumé le 11 juillet 1854 en présence de milliers de pèlerins et élevé une première fois dans une châsse en chêne à l'intérieur de l'église. En 1892, une seconde translation eut lieu, à l'occasion de laquelle les ossements ont été répartis dans des tubes de cristal.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Pierre Jospeh Formet, paysan comtois naquit à Lomont le 7 février 1724. A quatorze ans, il perdit sa mère et fut mis en condition chez un fermier. A dix-sept ans, il entra dans la milice sur tirage au sort. C'est à Landau qu'il entra en campagne pour la Bavière ; après six ans de service, il reçut son congé en 1746. Il partit, et passant le col des croix qui sépare la Haute-Saône des Vosges, il vint échouer à Demrupt, puis à Forgoutte, à 1050 m d'altitude, où un arbre abattu par la foudre lui servit de hutte. Sa renommée de sainteté courait à travers les montagnes : sur l'autre versant de Forgoutte, à Ventron, une petite hutte et un oratoire en bois furent édifiés en 1751, et ce n'est que six ans plus tard que l'ermitage actuel, chapelle et cellule, fut construit. Établi dans son ermitage, il n'était cependant pas isolé du monde et avait des amis auxquels il rendait service. Pour l'éprouver et l'observer, l'évêque de Toul l'invita un jour à sa table à Saulxures ; le lendemain, il écrivit à l'abbé Valence, curé de Ventron « Vous avez là un ermite vraiment sage parce qu'il est vraiment humble ». Il se nourrissait fort peu et souvent seulement de racines. A sa mort, il ne pesait que 70 livres. En avril 1784, les habitants ne voyant pas l'ermite, s'inquiétèrent, ils le trouvèrent mourant. Ses obsèques eurent lieu un dimanche. Les Nobles Dames du chapitre de Remiremont firent des démarches pour obtenir son corps et le droit de l'inhumer en l'église Saint-Pierre de Remiremont ; leur demande fut rejetée. L'acte mortuaire du registre paroissial porte les précisions suivantes : « mort du respectable et sage frère Joseph solitaire. L'an 1784, le trente du mois d'avril, est décédé dans cette paroisse, muni des sacrements de pénitence, viatique et extrême-onction, le respectable et sage frère Joseph, baptisé sous le nom de Pierre Joseph Formet, natif de Lomont en Franche-Comté, comme il nous a déclaré, âgé d'environ 61 ans, dont il a passé 33 ans dans un endroit de cette paroisse appelé « Aux Buttes », où il était autrefois un étang du même nom, édifiant par ses paroles et ses exemples, non seulement tous les paroissiens de ce lieu, mais encore tous ceux qui avaient l'avantage de le connaître, sans être jamais démenti pendant le long espace de sa vie austère ». « Le second mai de la même année, son corps a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse, à l'angle gauche en sortant de l'église, avec les cérémonies ordinaires, notamment en présence du sieur Laurent Joseph Hingray, prêtre vicaire de Cornimont, du maître syndic et greffier de la seigneurie de cette paroisse, Michel Valdenaire, Nicolas Valdenaire, Jean Nicolas Valroff, témoins soussignés ». Il était vénéré et respecté comme un être d'une spiritualité exceptionnelle. Même sous la Terreur, sa tombe fut épargnée : celui qui était chargé de la détruire déclara « Celle-là je n'y toucherai jamais ».
Miracles :
De son vivant, frère Joseph opéra la résurrection du fils de Jean-Claude Curien (de Ventron), qui vint au monde sans vie. Après son décès, une religieuse fut guérie (miracle certifié par le docteur Angot de Laval). En 1925, Philippe fils d'un avocat de Remiremont guérit d'une méningite. En 1953, Marcel Christmann devenu aveugle à la suite d'une conjonctivite purulente, recouvrit la vue.
Type(s) de motivation :
  • Piété
Recours :
  • Répit
  • Thérapie
Jour(s) de fête :
    Type de fréquentation :
    Annuel (= juste pour une fête)
    Compléments sur les fréquentations :
    La fête a lieu tous les ans, le dernier dimanche de juillet.
    Pratiques individuelles :
      Pratiques en présence du clergé :
        Ex voto :
        • Anatomique
          Bras et jambes en bois.
        • Texte gravé
          Plaques de marbre gravées.
        Confrérie(s) :
          Indulgence(s) :
            Compléments sur le culte :
            Le corps fut exhumé en 1854 et à nouveau en 1892. La cause de Frère Joseph fut introduite à Rome en 1894 et le décret de vénérabilité prononcé par le pape Léon XIII le 22 avril 1903.

            L'ÉDIFICE

            Description :
            La chapelle érigée en 1757 est constituée de deux bâtiments accolés, classés Monuments Historiques. La chapelle à nef unique, prolongée par une travée de choeur en forme d'abside semi-circulaire, est éclairée par deux petites fenêtres latérales et fermée par une grille. Un élégant clocher ouvert sur quatre faces est surmonté d'une flèche octogonale terminée par une croix.
            Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
            • Ermitage
              Le logement de l'ermite construit contre le mur sud de la chapelle comprend une entrée, une cuisine et une chambre ; il communiquait directement avec le choeur de la chapelle par une porte maintenant murée.
            • Croix
              La Croix de l'Ermite est érigée à l'endroit de la cabane où le Frère Jospeh vécut trois ans, au lieu-dit Tête de l'Ermite.
            • Croix (?)
              Un Chemin de Croix a été placé le long du sentier que Frère Joseph empruntait chaque jour pour se rendre à l'église de Ventron.
            Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

              HISTOIRE DU SANCTUAIRE

              Origines :
              Date de première mention : 1854
              Initiative de la fondation :
              • Curé
              Environnement institutionnel, politique et religieux :
              A l'occasion de l'exhumation des restes de frère Joseph en 1854, plus de 10 000 pèlerins se sont déplacés. Les habitants du village le vénéraient depuis sa mort en 1784.
              Phases d'évolution :
              En 1892, les restes de frère Joseph sont placés dans des fioles de verre, scellées par l'évêque de Saint-Dié, Mgr Alphonse Gabriel Foucault.
              Evénements marquants :
              • Translation (1854)
                Ses ossements sont déplacés du cimetière paroissial dans l'église. Ils sont placés à l'intérieur d'une petit cercueil vitré, lui-même placé dans une châsse en chêne.
              • Translation (1892)
                Les ossements sont extraits de la châsse de verre et placés dans des fioles de verre.
              Rayonnement(s) :
              • Local (1854 -> 2017)
                Le pèlerinage, difficile d'accès, est connu à l'échelle du diocèse uniquement.

              RÉFÉRENCES

              Source(s) :
              • Site internet (2007)
                http://jfdem.free.fr/frerejoseph.htm, [en ligne] consulté le 01 juin 2007.
              Bibliographie :
              • DIDIER LAURENT, Alphonse, Frère Joseph Pierre Joseph Formet et la préfecture des Vosges, Saint-Dié, Humbert, 1897.
              • PETITJEAN (ABBé), Vie de Pierre-Joseph Formet, dit L'ermite de Ventron, Epinal, V. Collot, 1884.
              • LEROY (CURé DE VENTRON), Vie de Pierre-Joseph Formet, dit frère Joseph, solitaire de Ventron, Mirecourt, Humbert, 1854.
              • MOUGEOLLE (ABBé), Vie du vénérable frère Pierre-Joseph Formet, mort en 1784, en odeur de sainteté, dans la paroisse de Ventron (Vosges), Raon-l'Etape, Imprimerie J. C. Docteur, 1842.
              • TOYEJCA, Elamouriise, Rencontre avec frère Joseph, Remiremont, Imprimerie Causeret-Monnet, s.d.
              Etude(s) universitaire(s) :

              PHOTOGRAPHIES LIÉES

              Objet de dévotion :
              Edifice :
              Autre :

              À PROPOS DE L'ENQUÊTE

              Enquêteur :
              • JACOTEY Marie-Louise
              Rédacteur :
              • Dieudé Jean
              Date de l'enquête :
              2006
              Date de rédaction de la fiche :
              2006
              Etat de l'enquête :
              En cours
              Pour citer cette ficheDieudé Jean, « Frère Joseph-de-Ventron », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
              url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/236/frere-joseph-de-ventron, version du 17/12/2012, consulté le 23/07/2017