INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Bon-Espoir

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Bon-Espoir
Période d'activité :
XVIIe siècle - 2017
Commune :
Dijon
Département :
Côte d'Or
Statue de Notre-Dame

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Dijon
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Dijon (1731 - 2017)
Ancien: Langres (1101-1201 - 1731)
Paroisse :
Actuelle: Notre-Dame-de-Dijon (1178 - 2017)
Ancienne: Saint-Jacques-de-Trimolois (XIIe siècle - 1178)

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
245 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Compléments :

Les remparts de la ville, construits par le duc de Bourgogne après l'incendie de 1137, englobaient notamment l'église Notre-Dame. Près du palais ducal.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-l'Apport (XIVe siècle - XVe siècle)
  • Notre-Dame-de-l'Espoir (XVe siècle - XVIIe siècle)
  • Notre-Dame-de-Bon-Espoir (XVIIe siècle - 2017)
Compléments :
Notre-Dame de l'Apport :
Depuis le milieu du XIIe siècle, le marché s'est installé près de l'église Notre-Dame, qui est alors devenue le centre économique de Dijon. Par conséquent le mot « apport » désigne sans doute ce marché et non le pèlerinage. Celui-ci est probable à partir de la fin du XIVe siècle. D'après un récit en vogue au siècle suivant, Régnier Pot aurait été fait prisonnier par les Turcs au cours de la bataille de Nicopolis (1396). Confronté à un lion dans un cirque, il l'aurait terrassé après avoir invoqué Notre Dame de l'Apport.
Le nom est employé également dans l'épitaphe de Jean de Puligny, seigneur de la Motte de Tilly, conseiller et chambellan des ducs Jean sans Peur et Philippe le Bon ; épitaphe connue par une copie du 27 juin 1423.
En 1462, la chapelle est également appelée Notre Dame de l'Apport. Mais le nom de Notre Dame de l'Espoir s'affirme alors.

Notre-Dame de l'Espoir :
Dans les actes de 1455 et 1459, la chapelle est appelée Notre-Dame de l'Espoir. C'est sous ce nom qu'est fondée la confrérie de la Vierge en 1515, après la levée du siège de la ville par les Suisses (1513). L'autel Notre-Dame de l'Espoir (sur lequel était exposée la statue) est mentionné encore dans le premier tiers du XVIIe siècle.

Notre-Dame de Bon-Espoir :
Nom attesté à partir de 1603, employé durant quelques décennies en même temps que le vocable Notre-Dame de l'Espoir. Il le remplace définitivement à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle.
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Saints patrons :
  • Notre Dame (XIIe siècle - 2017)
Compléments :
L'église Notre-Dame devient paroissiale en 1178 ; elle est alors à la collation de Saint-Étienne de Dijon, abbaye de chanoines réguliers. Elle n'est auparavant qu'une chapelle appelée Sancta Maria de Foro, mentionnée pour la première fois dans la confirmation des biens accordée en 1156 par Adrien IV à l'abbaye. Siège du marché de la ville comme l'indique son vocable, elle dépend alors de la chapelle Saint-Jacques de Trimolois (mentionnée quant à elle dès 801).

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
84 cm
Emplacement :
Bras sud du transept
Datation de l'objet :
XIe siècle
Compléments :
Un dessin réalisé par dom Calmelet en 1754 représente la statue dans son état ancien, antérieur aux mutilations de la période révolutionnaire. Il s'agit d'une Vierge assise du type « Sedes Sapientiae », en bois ; comparable aux Vierges auvergnates, elle date vraisemblablement du XIe siècle. Ce n'est pas une Vierge noire, sa teinte foncée n'étant apparue que dans le courant du XVIe ou au XVIIe siècle. La couleur naturelle de la statue, attestée au début du XVIe, a été retrouvée lors de sa restauration en 1945.
(Sur les changements de dénomination de cette « image » de Notre Dame, cf. supra).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Miracles :
D'après un récit en vogue au XVe siècle, Régnier Pot aurait été fait prisonnier par les Turcs au cours de la bataille de Nicopolis (1396). Condamné à combattre un lion dans un cirque, il l'aurait terrassé après avoir invoqué Notre Dame de l'Apport. En septembre 1513 les Suisses, alliés du pape Jules II, sont aux portes de Dijon. Ils lèvent finalement le siège, libération que les Dijonnais attribuent à l'intercession de la Vierge et à plusieurs saints dont les corps reposent dans la ville. En 1832 et 1854, la ville de Dijon est préservée des épidémies de choléra, ce que les habitants attribuent à l'intercession de la Vierge. Dijon est préservée lors de la guerre de 1870 ; les habitants y reconnaissent l'intervention de la Vierge. Au début du mois de septembre 1944, les troupes allemandes occupent encore Dijon ; elles n'abandonnent la ville que dans la nuit du 10 au 11 septembre. Les troupes françaises y entrent le 11, jour auquel était célébrée la procession votive depuis le XVIe siècle (cf. supra). En raison de cette coïncidence, la libération de Dijon est interprétée comme un miracle dû à l'intercession de la Vierge.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Epidémie
  • Grâce particulière
  • Paix
  • Pluie
  • Sécheresse
  • Voeu
  • Libération des prisonniers
  • Biens de la terre
Jour(s) de fête :
  • Nativité Vierge Marie
  • Assomption
Type de fréquentation :
Régulier
Compléments sur les fréquentations :
La fréquentation apparaît très importante au début du XVe siècle, mais l'objet de la dévotion n'est pas mentionné explicitement. Dans le dernier tiers du XIVe et au début du XVe siècle, les ducs Valois font régulièrement des offrandes en cire et en argent à l'église Notre-Dame. Du XVe au XVIIe siècle, les processions extraordinaires (en période d'épidémie ou de guerre) se rendent très régulièrement à Notre-Dame de Dijon. La fréquentation apparaît moins importante au 18e siècle, mais des dons et des ex-votos sont encore effectués dans les années 1780. Les nombreux ex-votos ornant les murs des bras du transept témoignent d'une nouvelle période d'apogée dans les années 1880-1920. Le sanctuaire est fréquenté aujourd'hui encore ; il figure dans le calendrier du diocèse de Dijon comme un des pèlerinages proposés aux fidèles.
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Prières
  • Dons
Pratiques en présence du clergé :
  • Bénédictions
  • Offices
  • Prières
  • Processions
  • Messe
  • Inhumation
  • Fondation de messes et d'offices
Ex voto :
  • Béquille (?)
    À l'époque de Gaudrillet (1733), le sanctuaire était encombré de jambes, de bras, de pieds en cire, en argent ou en bois et de très nombreuses béquilles.
  • Anatomique (?)
    À l'époque de Gaudrillet (1733), le sanctuaire était encombré de jambes, de bras et de pieds et cire, en argent ou en en bois, et de très nombreuses béquilles.
  • Tableau (XVe siècle)
    Tableau offert à la Vierge par Philippe Pot, grand sénéchal de Bourgogne et député aux États généraux de 1484, en remerciement de lui avoir préservé « l‘honneur, la vie et la santé ». On y voyait le donateur représenté à genoux devant la statue miraculeuse, prononçant sa devise TANT [EL]L[E] VAUT ; sur le côté était écrite une ballade composée en l'honneur de la Vierge. Ce tableau a été enlevé de l'église au début du 18e siècle et transporté de château en château. En 1875, il était conservé au château d'Agey.
  • Autre (1870)
    Autel d'orfèvrerie émaillée (sur lequel la statue est aujourd'hui exposée), offert en reconnaissance de la préservation de Dijon lors de la guerre de 1870. Il est flanqué de deux peintures réalisées en 1874 par Marc Gaïda. Celle de gauche représente la procession des Dijonnais lors du siège de la ville par les Suisses en 1513, et à droite le voeu des Dijonnais à Sainte Anne lors de la peste en 1531.
  • Texte gravé (1880-1926)
    Nombreuses plaques ornant les murs des bras du transept, offertes en remerciement à la Vierge et datées des années 1880 aux années 1920.
Confrérie(s) :
  • Notre-Dame de l'Espoir (1515)
    Confrérie de Notre-Dame de l'Espoir érigée le 2 septembre 1515 par l'évêque de Langres Michel Boudet, à la demande de chapelains de Notre-Dame et de bourgeois, bourgeoises et notables de Dijon, après la délivrance de la ville en 1513. Il est stipulé dans les statuts qu'une procession votive avec chapes, reliques et luminaire sera organisée chaque année, le dimanche après la Nativité de la Vierge, en commémoration de cette libération. Chaque samedi, une grand-messe devra en outre se dérouler à l'autel Notre-Dame de l'Espoir en l'église Notre-Dame. L'évêque accorde 40 jours d'indulgence à ceux qui visiteront l'église à certaines fêtes et participeront à certains offices de la confrérie, et à ceux qui entreront dans celle-ci. Il accorde également 40 jours d'indulgence à ceux qui assisteront à la procession votive annuelle.
Indulgence(s) :
  • Partielle 405 j. (1291)
    Registres de Nicolas IV, II, p. 698, n°4949 (reg. 46, c. 170, f. 32v), 3 mai 1291, 1 an et 40 jours d'indulgence pour l'église de l'hôpital Notre-Dame de Dijon et aux quatre fêtes de la Vierge et durant les huit jours
  • Partielle 30 j. (1334)
    Indulgence connue seulement par une copie du début du XVIIe siècle : le 8 mai 1334, l'église est consacrée par Hugues, évêque de Tabarie, vicaire de l'évêque de Langres Jean de Chalon, qui octroie trente jours d'indulgence perpétuelle à tous les fidèles qui se rendront dévotement à cette église à la solennité de cette dédicace ou dans l'octave.
  • Partielle 100 j. (1432)
    3 juillet 1432. Bref du cardinal de Sainte-Croix, qui accorde cent jours d'indulgence à ceux qui visiteront dévotement l'église paroissiale Notre-Dame aux fêtes de la Vierge et du Seigneur et à la fête des saints apôtres Pierre et Paul, et feront des aumônes à sa fabrique.
  • Partielle 40 j. (1445)
    22 juin 1445 : indulgence de l'évêque de Langres Philippe de Vienne qui, pour que la Vierge soit mieux vénérée et son église mieux fréquentée, octroie quarante jours d'indulgence à ceux qui visiteront la paroissiale aux fêtes de l'Assomption, de la Conception et de la Nativité de la Vierge, et dans les octaves de ces jours (trente jours pour les octaves).
  • Partielle 100 j. (1446)
    11 février 1445 (n. s. 1446) : indulgence de Pierre, évêque de Bresse et nonce du pape Eugène IV qui donne cent jours d'indulgence à ceux qui visiteront l'église à plusieurs fêtes dont celles de la Vierge, et aideront à en achever la construction ; quarante jours d'indulgence pour ceux qui fréquenteront l'église Notre-Dame durant les octaves de ces fêtes.
  • Partielle 500 j. (1460)
    4 septembre 1460, bulle du pape Pie II au sujet de la fondation perpétuelle de l'antienne Salve Regina faite dans l'église par le duc de Bourgogne Philippe le Bon (cf. infra) ; à cause de la multitude de peuple qui se rend alors à l'église Notre-Dame, il accorde cinq cents jours d'indulgence aux fidèles qui assisteront à ces antiennes à plusieurs fêtes.
  • Partielle 40 j. (1461)
    21 septembre 1461 : l'évêque de Langres Guy Bernard accorde quarante jours d'indulgence aux fidèles qui assisteront à l'antienne Salve Regina fondée par le duc de Bourgogne ; l'indulgence peut être gagnée aux fêtes de la Vierge et aux vigiles. La même indulgence est concédée par cinq autres évêques :, Barthélemy évêque de Nice (12 novembre 1461). Guillaume évêque de Paris (7 mai 1462), Jean évêque de Chalon-sur-Saône (2 juin 1462), Quentin archevêque de Besançon (5 juin 1462) et Antoine Mazorier évêque de Sidon (6 juin 1462).
  • Partielle 40 j. (1505)
    Le 1er août 1505, Jean II d'Amboise évêque de Langres confirme et amplifie les indulgences précédentes : quarante jours à ceux qui assisteront au Salve Regina la veille et les jours de fête de la Vierge, mais aussi à n'importe quel jour de l'année.
  • Partielle 40 j. (1515)
    Dans l'acte de fondation de la confrérie Notre-Dame-de-l'Espoir (2 septembre 1515), l'évêque de Langres Michel Boudet accorde quarante jours d'indulgence à ceux qui visiteront l'église à certaines fêtes, participeront à certains offices de la confrérie ou à la procession commémorant la libération de la ville en septembre 1513, et à ceux qui entreront dans cette confrérie.
Compléments sur le culte :
Dans son testament (4 décembre 1387) Jean le Barbon, chandelier, fonde un luminaire pendant un an devant la statue de Notre Dame dans l'église Notre-Dame de Dijon ; il manifeste également sa dévotion à la Vierge en lèguant huit francs pour faire dans les quatre ans après son décès seize voyages à Notre-Dame d'Auxerre (voir fiche correspondante). En 1626, le peintre Philippe Quentin fit le dessin de douze grandes tapisseries représentant les mystères de la sainte Vierge, qui devaient décorer la nef aux fêtes les plus solennelles. En 1673, après une procession, le curé donne la bénédiction avec la statue de la Vierge, dans l'église des Jésuites. En 1899 est publié un manuel de la confrérie de Notre-Dame de Bon-Espoir ; est également mise en place une verrière représentant la levée du siège par les Suisses en 1513. De nos jours, dans le calendrier des pèlerinages, Notre-Dame de Bon Espoir figure parmi les pèlerinages proposés aux fidèles du diocèse de Dijon (en 1997 les quatre autres sont Notre-Dame de Dômois, Notre-Dame d'Étang, saint Bernard à Fontaine-lès-Dijon et sainte Reine à Alise).

L'ÉDIFICE

Description :
Église construite vers 1220 sur l'emplacement de l'ancienne chapelle Notre-Dame-du-Marché (Sancta-Maria-de-Foro), succursale de l'église Saint-Jacques de Trimolois. Consécration effectuée le 8 mai 1334. Porche occidental très profond (trois vaisseaux, deux travées) ; nef flanquée de deux collatéraux ; pas de déambulatoire autour de l'abside, flanquée seulement de deux absidioles dont celle de droite abrite aujourd'hui la statue de la Vierge. Dimensions de l'église : 65 m de long, 17, 50 m sous voûte, nef mesurant 8, 44 m de large.
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
  • Autre
    Hôpital mentionné en 1254/1255 ; il aurait été institué à une époque indéterminée pour les pauvres et les voyageurs de passage. Comme l'église Notre-Dame, il dépendait de Saint-Étienne de Dijon sur le plan spirituel. Il était doté de sa chapelle particulière ; un recteur et quatre chanoines de Saint-Étienne y assistaient les pauvres, les voyageurs (ou pèlerins) et les malades.
Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
  • Chapelle (1701-1731)
    La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Espoir était environnée d'une galerie sur laquelle étaient placés les cierges.
  • Autel (1870)
    La statue est aujourd'hui exposée sur un autel d'orfèvrerie émaillée offert en reconnaissance de la préservation de Dijon lors de la guerre de 1870. Il est flanqué de deux peintures réalisées en 1874 par Marc Gaïda. Celle de gauche représente la procession des Dijonnais lors du siège de la ville par les Suisses en 1513, et à droite le voeu des Dijonnais à Sainte Anne lors de la peste en 1531.

HISTOIRE DU SANCTUAIRE

Origines :
Date de première mention : 1387
Initiative de la fondation :
    Environnement institutionnel, politique et religieux :
    Depuis la seconde moitié du XIIe siècle, Notre-Dame est le coeur des activités marchandes de la ville ; c'est là également qu'étaient conservées les archives de Dijon au Moyen Âge. La reconstruction de l'église à partir de 1220 environ a été intégralement financée par la commune et les paroissiens.
    Phases d'évolution :
    Bien que recouvrant les caractéristiques du XIe siècle, la statue de la Vierge n'est mentionnée pour la première fois qu'en 1387 (testament de Jean le Barbon, chandelier). Des voeux et des actes exceptionnels de piété sont attestés à la fin du XIVe et jusqu'au début du XVIe siècle, principalement de la part de l'entourage du duc. Après la levée du siège de la ville par les Suisses en 1513, attribuée à l'intercession de la Vierge, le culte prend une dimension urbaine plus importante, avec instauration d'une confrérie en 1515. Le pèlerinage atteint un rayonnement régional au début du XVIIe siècle, avant de connaître au XVIIIe siècle un certain repli (limité à la ville et à ses environs immédiats, semble-t-il).
    Evénements marquants :
    • Acte exceptionnel de dévotion (1443)
      Marsannay. Au dernier jour, les fils de la noblesse locale et d'autres chevaliers se rassemblèrent à Notre-Dame ou fut célébrée une grand-messe ; agenouillés, ils offrirent leurs écus à la Vierge (pas de mention de voeu).
    • Acte exceptionnel de dévotion (1459)
      Le 30 janvier 1459, le duc de Bourgogne Philippe le Bon fonde devant la statue de la Vierge, en la chapelle Notre-Dame-de-l'Apport, un Salve Regina avec verset et oraison devant être chanté à haute voix, après complies. Les chapelains recevaient pour ce faire deux fois par an une rente sur la saunerie de Salins. Les cloches devront être sonnées pour attirer le plus de peuple possible.
    • Acte exceptionnel de dévotion (1468)
      Les dons que « plusieurs notables personnes » ont faits par dévotion pour la Vierge sont utilisés pour la réalisation d'une grande statue de la Vierge en or, argent et pierres précieuses. Cette oeuvre est effectuée par Olivier Hut et Charles Humbelot entre le 14 novembre 1462 et le 25 novembre 1468 ; la statue avec son pied et sa couronne a coûté plus de 650 francs, dont 201 francs, 7 gros et demi proviennent des dons.
    • Voeu collectif (1513)
      En septembre 1513 les Suisses, alliés du pape Jules II, sont aux portes de Dijon. Ils lèvent finalement le siège, libération que les Dijonnais attribuent à l'intercession de la Vierge et à plusieurs saints dont les corps reposent dans la ville. À partir de cette date, une procession votive annuelle (avec chapes, reliques et luminaire) est organisée en commémoration de la levée du siège, chaque dimanche après la Nativité de la Vierge. Elle a lieu sous l'égide de la confrérie Notre-Dame-de-l'Espoir, érigée le 2 septembre 1515.
    • Voeu collectif (1603)
      En 1603 les habitants de Flavigny viennent en procession à Notre-Dame-de-Bon-Espoir à cause de la sécheresse ; ceux de Saint-Seine les imitent la même année.
    • Neuvaine (1693)
      Processions avec l'image miraculeuse de la Vierge en 1693, du 29 mai au 9 juin. Le 6 juin, des enfants se déguisent et imitent une messe. Le 7 juin, 800 pauvres se rendent à Notre-Dame pour obtenir son secours ; le 8 juin, jour de la neuvaine, actions de grâces. L'ancienne tapisserie où est représentée la procession faite lors du siège de Dijon en 1513 est tendue au portail de l'église Notre-Dame. Le 9 juin, les rues sont tapissées spontanément par le peuple. Dans l'église des Jésuites, le curé donne enfin la bénédiction avec cette image.
    Rayonnement(s) :
    • Diocésain (XXe siècle -> 2017)
      Notre-Dame-de-Bon-Espoir figure parmi les pèlerinages proposés aux fidèles du diocèse de Dijon (en 1997 les quatre autres sont Notre-Dame de Domois, Notre-Dame d'Étang [cf. fiche correspondante], saint Bernard à Fontaine-lès-Dijon et sainte Reine à Alise).
    • Local (XVIIIe siècle -> XIXe siècle)
      Voeux de plusieurs habitants de Dijon et des environs (ex-votos).
    • Régional (XIVe siècle -> XVIIe siècle)
      Des voeux et des actes exceptionnels de piété sont attestés à la fin du XIVe et jusqu'au début du XVIe siècle, principalement de la part de l'entourage du duc et de la noblesse de Bourgogne. En 1603 les habitants de Flavigny (diocèse d'Autun) viennent en procession à Notre-Dame-de-Bon-Espoir à cause de la sécheresse ; ceux de Saint-Seine (diocèse de Langres) les imitent la même année.

    RÉFÉRENCES

    Source(s) :
    • Archives (1462-1535)
      Archives départementales de la Côte d'Or, G suppl. 24/1, registre (factice, à partir de plusieurs comptes) : Notre-Dame, comptes de la fabrique de 1462 à 1535 (foliotation multiple).
    • Archives (1550-1646)
      Archives départementales de la Côte d'Or, G suppl. 24/691 registre de la fabrique de Notre-Dame (statuts, délibérations) ; appelé le registre noir (31 mars 1550-19 avril 1646), 197 feuillets papier.
    • Archives (1604-1639)
      Archives départementales de la Côte d'Or, G suppl. 24/692 : deuxième registre des délibérations de la fabrique (20 janvier 1604 au 2 janvier 1639), 38 et 64 feuillets papier.
    • Archives (1432-1515)
      Archives départementales de la Côte d'Or, G suppl. 24/121. Indulgences (1432-1515).
    • Archives (1423-1515)
      Archives départementales de la Côte d'Or, G suppl. 24/79 : fondations 1423-1515.
    • Archives (1783)
      Archives communales de Dijon, D 25 (liasse), comprenant un règlement relatif à la rémunération du sacristain chargé de l'entretien de la chapelle et de la statue de Notre-Dame-de-Bon-Espoir (1783).
    Bibliographie :
    • RAUWEL, Alain, La Dévotion mariale des Dijonnais aux XIVe et XVe siècles, Dijon, Mémoire de maîtrise, 1993.
    • HAMON, (abbé), Notre-Dame de France, ou Histoire du culte de la sainte Vierge en France depuis l'origine du christianisme jusqu'à nos jours, tome 6, Paris, 7 volumes, Plon, 1866.
    Etude(s) universitaire(s) :

    PHOTOGRAPHIES LIÉES

    Objet de dévotion :
    • Statue de Notre-Dame - AURÉLIA BULLY - 2013
    • Représentation de la statue de Notre-Dame, portée en procession lors du siège de Dijon par les Suisses en 1513, tapisserie, Musée des Beaux-Arts de Dijon - AURÉLIA BULLY - 2014
    Edifice :
    Autre :

    À PROPOS DE L'ENQUÊTE

    Enquêteur :
    • DURNECKER Laurent
    Rédacteur :
    • DURNECKER Laurent
    Date de l'enquête :
    2007
    Date de rédaction de la fiche :
    2007
    Etat de l'enquête :
    En cours
    Pour citer cette ficheDURNECKER Laurent, « Notre-Dame-de-Bon-Espoir », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
    url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/220/notre-dame-de-bon-espoir, version du 14/03/2014, consulté le 20/08/2017