INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-d'Étang

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-d'Étang
Période d'activité :
XIVe siècle - 2017
Commune :
Velars-sur-Ouche
Département :
Côte d'Or
Statue monumentale sommant la tour-lanterne

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Velars-sur-Ouche
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Dijon (1731 - 2017)
Ancien: Langres (XIVe siècle - 1731)
Paroisse :
Actuelle: Velars-sur-Ouche (XIVe siècle - 2017)
Ancienne:

Site

Type de site :
Montagne
Altitude :
550 m
Compléments :

À l'est, la montagne est flanquée du Mont Afrique, dont l'altitude atteint 600 m. Les villages de Velars-sur-Ouche et Plombières, qui constituaient depuis le XVIe siècle des étapes dans les processions à Notre-Dame-d'Étang, sont implantés respectivement à 300 m et 270 m d'altitude, le long de l'Ouche. La chapelle est édifiée au sommet de la montagne.


Paysage

Type de couvert végétal :
Forêt
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Compléments :

Le site est implanté au sud du canal de Bourgogne et de l'Ouche, simple rivière longée à cet endroit par la route menant de Paris à Lyon ; il est placé exactement sur le tracé du chemin de Grande Randonnée GR 7.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-d'Étang (XIVe siècle - 2017)
Compléments :
La première mention d'un pèlerinage à Notre-Dame d'Étang concerne le duc de Bourgogne qui s'y est rendu en 1372. Le type de lieu de culte n'est toutefois pas spécifié.
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame d'Étang
Saints patrons :
  • Notre Dame (1529 - 2017)
Compléments :
L'origine du pèlerinage est obscure. Outre celle de 1372, les premières mentions historiques de Notre Dame d'Étang, qualifiée d'église en 1391 et de chapelle à partir de 1463, ne fournissent aucune précision sur son emplacement primitif. On ne sait pas s'il s'agit de la chapelle consacrée sous le même vocable en 1529, édifice dont l'emplacement est connu (cf. infra).

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame-d'Étang
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
La statue était posée sur l'autel de la chapelle et a été placée à la fin du XVIIIe siècle dans l'église paroissiale de Velars-sur-Ouche, où elle est aujourd'hui conservée.
Datation de l'objet :
1240
Compléments :
Selon une hypothèse de Jean Marilier, la statuette est d'origine aragonaise et s'apparente peut-être à Notre-Dame de Sijena. Toujours d'après cet auteur, elle a probablement été apportée en Bourgogne par l'abbé de Saint-Bénigne, Raymond (1233-1241), qui était originaire d'Aragon. Conservée dans la chapelle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, la statue est ensuite placée dans l'église de Velars. Dans le premier tiers du XIXe siècle, les paroissiens de ce village luttent contre la paroisse voisine de Fleurey qui veut s'approprier (en vain) la statue miraculeuse.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
En 1435 ou 1436, un boeuf paît toujours au même endroit, où l'herbe repousse le lendemain plus verte que la veille ; en creusant, on découvre alors la statue de la Vierge. Dans un premier temps, après la découverte, la statue est conservée dans la maison du boucher à qui appartient le boeuf ; des miracles y ont alors lieu, par exemple un enfant de douze ans et un fou, possédés, sont guéris lorsqu'on leur impose sur la tête la statue de la Vierge. Beaucoup de personnes se rendent à cette maison. Puis l'image est transportée à Saint-Bénigne de Dijon où elle continue ses miracles ; mais elle disparaît, pour réapparaître sur le lieu de la découverte : une chapelle est alors construite à l'endroit où la Vierge l'a décidé. Le lieu d'implantation de la chapelle est choisi en hauteur car l'abbé estime que les faveurs de la Vierge seraient ainsi vraiment méritées des courageux ; cependant, les fidèles se contentent de l'implorer depuis le pied de la montagne. Pour susciter de nouveau l'afflux des fidèles, l'abbé et les moines s'emploient à construire une nouvelle chapelle sur les ruines de la première, qui aurait été située plus bas. L'année de fondation que donne le légendaire, avancée par Lejoux en 1726 et reprise par de nombreux auteurs par la suite, ne correspond ni aux premières mentions historiques (le pèlerinage est attesté déjà en 1372), ni à la datation qu'implique la statue (XIIIe siècle). En revanche, le récit de la découverte aurait été représenté sur une fresque ornant les murs de la chapelle avant 1689, date à laquelle elles auraient été restaurées. De plus, le récit de la construction d'une chapelle en hauteur semble correspondre aux mentions historiques, et en particulier à la consécration de 1529, bien attestée. Selon la même tradition transmise par Lejoux, cette chapelle n'aurait pas été construite au même emplacement que celle du Moyen Âge.
Miracles :
Miracles rapportés dans la légende de fondation : un enfant de 12 ans est guéri ; un fou, possédé, l'est également lorsqu'on lui impose sur la tête la statue de la Vierge Miracles du XVIe siècle, après 1529 : plusieurs profanations sont punies de châtiment divin ; quelqu'un qui a essayé de voler la statue de la Vierge, châtié, demande pardon et guérit. Un autre voleur, pour avoir tenté de commettre le même larcin, est exécuté et sa tête exposée sur un poteau au chemin qui conduit au vieil ermitage, bien qu'il ait fait amende honorable ; une femme vole la statue, qui revient d'elle-même sur l'autel de Notre-Dame d'Étang. En 1589 : le contrôleur Meaux, de Dijon, guérit de la goutte et attribue cette guérison à la Vierge. Peu de temps après, et avant 1617, un prisonnier des Barbares, alors qu'il était au service des chevaliers de Malte, est délivré par l'intercession de la Vierge après avoir fait un voeu. En 1596, une femme apporte à la chapelle un flambeau qui reste allumé malgré le vent qui souffle fort, après une prière adressée à la Vierge. En 1611 : miracle de conversion. 1617 : guérison miraculeuse d'une demoiselle atteinte d'un continuel « dévoiement d'estomac », après avoir prié. 1620 : autre guérison miraculeuse. En 1636, la préservation de la ville devant les troupes de Gallas est attribuée à la Vierge de Notre-Dame-d'Étang. En 1637, des personnes auraient été guéries de la peste, guérison qu'ils auraient attribuée à la Vierge (ils n'ont témoigné toutefois qu'en 1639). 1640 : une femme enceinte est guérie de la petite vérole et d'une forte fièvre après un voeu. Plusieurs autres guérisons dites miraculeuses sont mentionnées, sans détail, en 1640 et 1641. En 1648, un enfant mort-né est ressuscité et reste en vie après ; en 1661 un homme est attaqué par des brigands, et il est sauvé par l'intercession de la Vierge ; autre miracle en 1651, reconnu 14 ans plus tard (!). En 1667, un homme est guéri de saignements. Une percluse des deux jambes est guérie en 1670 ; autres guérisons en 1674; 1673, 1678, et 1680.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Epidémie
  • Grâce particulière
  • Paix
  • Pluie
  • Répit
  • Sécheresse
  • Thérapie
  • Voeu
  • Conversion
Jour(s) de fête :
  • Pâques
  • Bénigne
  • Nativité Vierge Marie
  • Pentecôte
  • Assomption
  • Immaculée Conception
  • Marc
  • François de Sales
  • Chantal
Type de fréquentation :
Irrégulier
Compléments sur les fréquentations :
Fréquentation inconnue avant la fin du XVIe siècle. Six mille personnes à la procession effectuée le 6 mai 1596 pour rapporter la statue à la chapelle ; fréquentation très importante (sans nombre précis) en 1638.
L'affluence a fortement diminué après 1660, et a cessé lorsque la statue a été transférée dans l'église de Velars. À partir de 1817 et jusqu'en 1834, fréquentation (peu importante) de la chapelle, de nouveau ; de 1834 à 1848, les processions ne s'y rendent plus (le terrain sur laquelle elle se trouve a été racheté par un paroissien de Fleurey). Vers 1866, jusqu'à deux mille personnes viennent le 2 juillet (seule fête qui est alors fréquentée ; le chiffre est variable selon le temps). Affluence moyenne de trois à quatre mille pèlerins le 2 juillet dans les années 1870. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le sanctuaire est également fréquenté à une moindre échelle les lundis de Pâques et de la Pentecôte, à l'Immaculée Conception, ainsi qu'aux fêtes de saint Bénigne, de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal ; il est également fréquenté en permanence de mars à octobre.
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Embrasser
  • Prières
  • Dons
Pratiques en présence du clergé :
  • Communions
  • Confessions
  • Prières
  • Processions
  • Imposition de relique
  • Messe
  • Fondation de messes et d'offices
Ex voto :
  • Tableau (1589)
    En 1589, le contrôleur Meaux, de Dijon, guérit de la goutte et attribue cette guérison à la Vierge. Il offre à Notre-Dame-d'Étang un tableau votif.
  • Tableau (1617)
    Un prisonnier des barbares, alors qu'il était au service des chevaliers de Malte, est délivré par l'intercession de la Vierge après avoir fait un voeu. Il offre un tableau votif à la chapelle.
  • Tableau (1648)
    En 1648, un enfant mort-né est ressuscité et reste en vie ensuite. Sa mère laisse un tableau votif à Notre-Dame-d'Étang (n'a témoigné qu'en 1652).
Confrérie(s) :
  • Notre-Dame-d'Étang (1604)
    Confrérie agréée par l'évêque de Langres, Mgr Zamet. Dissoute à la fin du XVIIIe siècle, elle est rétablie en 1851 par l'abbé Roger.
Indulgence(s) :
  • Partielle 40 j. (1640)
    Indulgence accordée par Urbain VIII à ceux qui feront le pèlerinage à Notre-Dame-d'Étang.
Compléments sur le culte :
En 1636, 1645, 1658 et 1660 : les Minimes de Notre-Dame-d'Étang amènent l'image de la Vierge à Dijon. Ils sont reçus par les Chartreux et l'image est exposée trois jours à Saint-Bénigne, où les paroisses viennent en procession. Le 6 septembre 1629, les Dijonnais se rendent en procession à la chapelle pour la conservation de la personne du roi. Le 6 mai 1638, ils effectuent un pèlerinage votif à Notre-Dame-d'Étang après une épidémie. En 1650, Louis XIV y passe. Au XVIIIe siècle, on vient vénérer la Vierge non plus collectivement, mais individuellement.

L'ÉDIFICE

Description :
L'ancienne chapelle a été restaurée ou plutôt reconstruite en 1689, puis incorporée dans le nouvel édifice construit entre 1877 et 1896, dont elle constitue le choeur ; la nouvelle chapelle reste de dimensions modestes ; au centre, quatre autels occupent presque tout l'espace ; l'édifice est doté de trois portes monumentales.
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
  • Fontaines
    En 1638, la fontaine Sainte-Anne, autrefois appelée fontaine de la Sotte, est située au bas de la montée, du côté de Flavignerot.
  • Croix (XVIe siècle)
    Croix mentionnée en 1580 près de la chapelle étant au-dessus de la montagne. Elle marquait, d'après la tradition, le lieu de la découverte de la statue. En bois, elle aurait été mutilée par les générations de pèlerins qui en auraient emporté des fragments. Elle a été remplacée en 1823 par une croix en fer, à l'initiative de l'abbé Tomberet.
Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

    HISTOIRE DU SANCTUAIRE

    Origines :
    Date de première mention : 1372
    Initiative de la fondation :
      Environnement institutionnel, politique et religieux :
      Site sous la dépendance de Saint-Bénigne de Dijon depuis le XIIe siècle. En 1463, l'abbaye institue un ermite à Notre-Dame-d'Étang.
      Phases d'évolution :
      En 1633, l'ermitage et la chapelle sont cédés par l'abbé Nicolas de Castille aux Minimes de Dijon, qui s'y installent puis font construire de nouveaux bâtiments. Ils en sont chassés en 1790. Achetée dans le premier tiers du XIXe siècle par un paroissien de Fleurey, la chapelle de la montagne est rachetée par la paroisse de Velars en 1873.
      Evénements marquants :
      • Construction (1529)
        25 mars 1526 : la chapelle est construite, on y transporte l'image en procession. L'édifice est consacré le 17 août 1529.
      • Construction (1877-1896)
        L'abbé Javelle, curé de Velars, fait construire une nouvelle chapelle dans laquelle l'ancienne est intégrée (celle-ci devient alors le chevet de la nouvelle chapelle). Au-dessus du nouvel édifice est érigée une statue monumentale de la Vierge, qui domine aujourd'hui encore la vallée de l'Ouche. Depuis 2000, l'accès de la chapelle est interdit au public (un fragment de la statue monumentale de la Vierge s'est effondré).
      • Inauguration (2015)
        En mars 2015, la statue monumentale de la Vierge (8 mètres de hauteur, 10 t.), restaurée, a été à nouveau déposée au sommet de la tour-lanterne de la chapelle octogonale.
      Rayonnement(s) :
      • Local (1372 -> 1600)
        En 1589, à cause des guerres, la statue est emmenée en sécurité à Saint-Bénigne de Dijon ; elle est ramenée à la chapelle le 6 mai 1596, lors d'une grande procession qui regroupe six mille fidèles de Dijon et de plusieurs villages situés à une quinzaine de kilomètres à la ronde du sanctuaire.
      • National (1600 -> 1660)
        En 1604, François de Sales et Jeanne de Chantal s'y rendent. En 1650, Louis XIV fait de même. Le rayonnement plus important du sanctuaire durant cette phase correspond à la fréquence, particulièrement importante dans les années 1630-1640.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      • Archives (1463-1700)
        Archives départementales de la Côte-d'Or, 1 H 102 (1463-1658) ; 1 H 83, obituaire de Saint-Bénigne de Dijon (1588-XVIIIe siècle), fol. 67v, procession de 1596 ; 1 H 1416 (1529), fol. 143v, consécration de la chapelle restaurée.
      • Archives (1463-1700)
        Archives communales de Dijon, B 189 bis, f° 135, procession de 1620.
      Bibliographie :
      • Milbach, Sylvain, Prêtres historiens et pèlerinages du diocèse de Dijon (1860-1914), Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2000.
      • Dinet, Dominique, Religion et société : les réguliers dans les diocèses d'Auxerre, Langres et Dijon (fin XVIe siècle - fin XVIIIe siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, 1999.
      • Dejoux, A., Histoire de la découverte de l'image miraculeuse de Notre-Dame d'Étang et du culte qu'on lui a rendu jusqu'à présent, Dijon, Augé, 1726.
      Etude(s) universitaire(s) :

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      Edifice :
      • Statue monumentale sommant la tour-lanterne - Aurélia Bully - 2015
      Autre :

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • DURNECKER Laurent
      Rédacteur :
      • DURNECKER Laurent
      Date de l'enquête :
      2006
      Date de rédaction de la fiche :
      2006
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheDURNECKER Laurent, « Notre-Dame-d'Étang », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/174/notre-dame-detang, version du 02/10/2015, consulté le 12/12/2017