INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Mathurin

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Mathurin
Période d'activité :
1005 - XVIIe siècle
Commune :
Larchant
Département :
Seine et Marne

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Larchant
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Meaux (1801 - 2017)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle: Saint-Mathurin-de-Larchant (? - 2017)
Ancienne: Saint-Mathurin (XIIIe siècle - ?)

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
112 m
Compléments :
Site de défrichement à la lisière de la forêt de Fontainebleau.

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Compléments :
Larchant est situé à proximité de Nemours, le long de la vallée du Loing, sur la voie qui relie Paris au Bourbonnais ; zone de marais asséché au Moyen Âge.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Mathurin (1005 - XVIIe siècle)
Compléments :
La date de début est, en fait, celle de la première mention de l'alleu de "Largus Campus" (Larchant) dans la donation qui en est faite, avec son église Saint-Mathurin, par l'évêque de Paris aux chanoines de sa cathédrale.
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Mathurin
Saints patrons :
  • Mathurin (XIIIe siècle - 2017)
Compléments :
L'église ne devient paroissiale qu'au XIIIe siècle.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Mathurin
Nature de l'objet :
Corps saint (= en entier)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Reliques placées dans une châsse dans l'église.
Datation de l'objet :
IIIe siècle
Compléments :
Les sources des XVe et XVIe siècles citent explicitement des reliques du bras, du doigt et des cheveux de saint Mathurin ainsi qu'un suaire du saint.
1456 : conflit entre les chanoines de Paris et les paroissiens pour la disposition des reliques en vue d'ostensions et de quêtes.
1634 : authentification des ossements par l'archevêque de Sens.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Connu par un récit du Xe siècle (AASS, Nov. I, 1887, 245-259) et enrichi jusqu'au 16e siècle de six autres versions. Mathurin serait né au milieu du IIIe siècle dans une famille noble et païenne du Gâtinais ; on en a fait ensuite un berger. Formé par l'évêque d'Arles Polycarpe, il convertit ses parents, devint prêtre et fut appelé à Rome pour guérir la fille de l'empereur Maximien, Théodora, possédée par un démon. Il n'avait accepté de partir qu'à condition que son corps soit ramené à Larchant après sa mort : après avoir été enterré avec honneur à Rome, son corps sortit de son tombeau pour rappeler cet engagement.
Miracles :
De son vivant, Mathurin a exorcisé la fille de l'empereur, apaisé une tempête en allant visiter en bateau saint Honorat sur les Îles de Lérins (au mépris de la chronologie) et guéri des malades à son arrivée à Rome. Aucun recueil de miracles post mortem n'a été conservé pour le sanctuaire de Larchant. Les sources imprimées modernes font état de la guérison, authentifiée par les chanoines de Paris, en 1530, d'une jeune fille possédée et d'autres guérisons de possédés (en 1630, 1631 et 1634), dont un exorcisme opéré dans l'église en 1601.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Epizootie
  • Sécheresse
  • Thérapie
  • Folie
  • Biens de la terre
Jour(s) de fête :
  • Mathurin
  • Ascension
  • Rameaux
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Sanctuaire visité le 10 mai (translation de saint Mathurin), le mardi après la Saint-Barnabé (11 juin) et le dimanche après la Saint-Denis (9 octobre).
En 1483, le 9 octobre est institué jour de la fête des Jongleurs, sans que l'on ait plus de précision sur le déroulement de la journée.
Le terme de mathelineux , forgé sur le nom de Mathurin, en vint à désigner de manière injurieuse une personne atteinte de maladie mentale.
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Prières
  • Vêtements
  • Incubation
  • Dons
Pratiques en présence du clergé :
  • Imposition des mains
  • Processions
  • Tournée de quêtes
  • Fondation de messes et d'offices
Ex voto :
    Confrérie(s) :
      Indulgence(s) :
      • Partielle (1635)
        Indulgence connue sans plus de précision, octroyée par le pape Urbain VIII pour les pèlerins venus prier Larchant.
      Compléments sur le culte :
      Les offrandes faites en 1550-1551 se sont montées à 744 livres, 8 sous, 5 deniers tournois ; en 1552-1553, elles n'étaient plus que de 447 livres et 9 deniers tournois. On a conservé un règlement sur la vente des cierges à Larchant, dicté par le Chapitre de Paris en 1453. Les fidèles venus pour obtenir des guérisons faisaient des neuvaines (séjour de neuf jours sur place). Le mardi après la Saint-Barnabé, en juin, a lieu le "Tour de la châsse", procession qui dure un jour entier et durant laquelle la châsse fait une station dans douze paroisses proches de Larchant (Chevraivilliers, Verteau, Guercheville, Garentreville, Burcy, Fromont, Rumont, Amponville, Jacqueville, La Chapelle-la-Reine, Bessonville, Busseau) ; une messe est dite dans l'une d'elles.

      L'ÉDIFICE

      Description :
      L'église actuelle, de belle taille, est de style gothique (57 m de longueur) ; sa construction a débuté à la fin du XIIe siècle et s'est poursuivie au XIIIe et jusqu'au XVIe siècle. Elle se compose d'une nef de trois travées doubles, sans collatéraux et dotée de deux étages de fenêtres. La nef est flanquée au nord d'un clocher-porche et d'un vaste transept ; elle se poursuit par une travée droite et un chevet en hémicycle (abside à cinq pans). Des parentés sont à noter avec la cathédrale Notre-Dame de Paris, notamment pour le portail ouest du Jugement Dernier.
      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      • Hospices (XIIe siècle)
        Fondé à la collation de l'archevêque de Sens, l'Hôtel-Dieu passe à celle du chapitre en 1452 et est annexé à la cure en 1482. D'après une visite de 1560, il ne compte que six lits et une chapelle dédiée à Marie Madeleine. Depuis le début du XIIIe siècle, à l'initiative d'un doyen du chapitre de Paris, on y effectue tous les jours de Carême l'office du mandatum (lavement des pieds) pour treize pauvres auxquels on distribuait ensuite des vivres. La fondation est développée par l'évêque Eudes de Sully qui augmente le nombre des pauvres à 50, pour le Jeudi saint seulement. Les pauvres et malades y sont accueillis par un couple de gardiens aidé, en 1477, d'une chambrière. En 1560, il ne s'y trouve plus qu'une pauvre femme.
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
      • Autel (XIIIe siècle)
        La châsse est placée dans l'abside.

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1005
      Initiative de la fondation :
      • Chapitre
      Environnement institutionnel, politique et religieux :
      Phases d'évolution :
      Le succès du pèlerinage de Saint-Mathurin de Larchant débute aux XIIe et XIIIe siècles ; il atteint son apogée à la fin du XVe siècle et dans la première moitié du XVIe siècle. En dépit d'efforts pour le réactiver après les Guerres de Religion, il est en déclin en 1675 : le village, qui comptait 1300 habitants au XVIe siècle, n'en a plus que 500 au XVIIe siècle.
      Evénements marquants :
      • Pillage (1567-1568)
        Sac par les protestants dans le cadre des Guerres de Religion.
      • Destruction (1675)
        Effondrement des deux tours de la façade de l'église.
      Rayonnement(s) :
      • Local (1005 -> XIIe siècle)
        Attestations du culte dans le diocèse de Sens et à Paris.
      • National (XIIIe siècle -> 1560-1570)
        De nombreux pèlerins venaient de Paris, du diocèse de Sens et de l'Ouest de la France, peut-être en relation avec l'implantation, dans ces régions, de l'ordre des Trinitaires installés dans la chapelle parisienne Saint-Mathurin (ce qui leur valut le surnom de Mathurins). En 1366, Charles V accorde un marché hebdomadaire le mercredi, signe de la grande fréquentation des lieux. Plusieurs souverains se sont rendus à Larchant : Charles IV en 1325 ; Louis XI en 1467, Charles VIII en 1486 ; Anne de Bretagne en 1504 ; François Ier en 1519 et 1541 ; Henri II en 1551 et Henri III en 1587. En 1416 et 1417, Isabeau de Bavière y envoie un pèlerin pour Charles VI.
      • Local (1560-1570 -> XVIIe siècle)
        Pour relancer le pèlerinage, Louis XIII accorde trois foires annuelles, pour la Saint-Blaise (3 février), la Saint-Jacques (25 juillet) et la Saint-Mathurin (9 novembre).

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      • Acta sanctorum (1887)
        Nov. I, : c. 245-259 (Vie et récits de miracles).
      • Livrets de dévotion (1585-1590)
        Monteuil, Claude de, « La vie, légende, miracles et messe de saint Mathurin de Larchant ».
      • Livrets de dévotion (1489)
        Trepperel, Jean (ou Le Prêtre), « La vie et légende de saint Mathurin de Larchant ».
      • Archives
        Archives nationales, LL 232 ; S 304, S 305A, S 305B, S 306, S 646, S 647.
      Bibliographie :
      • Bruna, Denis, Enseignes de pèlerinage et enseignes profanes, Paris, Réunion des Musées nationaux, 1996.
      • Dulin-Aladjidi, Priscille, Le Pèlerinage de Saint-Mathurin de Larchant : aspects spirituels et matériels, Université de Paris X-Nanterre, Mémoire de maîtrise dirigé par C. Beaune, 1995.
      Etude(s) universitaire(s) :

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      Edifice :
      Autre :

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • Dulin-Aladjidi Priscille
      Rédacteur :
      • Vincent Catherine
      Date de l'enquête :
      1995
      Date de rédaction de la fiche :
      2005
      Etat de l'enquête :
      Complète
      Pour citer cette ficheVincent Catherine, « Saint-Mathurin », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/159/saint-mathurin, version du 10/01/2013, consulté le 20/10/2017